“Bref traité de dégrisement” lu dans une classe.
novembre 12th, 2011 § Laisser un commentaire
Bref traité de dégrisement de Marc Rousselet et Hernri Tramoy a été lu par une classe de CE2. Un petit retour en arrière sur une ancienne publication Cousu Main.
Merci à l’instituteur Olivier Bastide.
Dans la revue Dissonances…
octobre 27th, 2011 § Laisser un commentaire
Dans la revue Dissonances (n°21), Alban Orsini a écrit un très bel article sur Moi, je suis quand même passé d’Eric Pessan.
Il est question d’un étrange objet, qui se lit de bas en haut à la façon dont on remonterait le courant d’un océan escamotable, le tranchant du fil de l’eau en horizon écumeux ( fil de Twitter, 140 caractères, contrainte), une métaphore filée sur la mer, la salinité, d’une attente dont on ne saurait trop rien et qui demeure énigmatique jusqu’au bout. Il est question là d’une poétisation de la forme, du fond de la langue, de minimalisme, de bribes et de simplicité et de touches aux (eaux ?) profonds. Il est question enfin de fragments qui s’amoncellent, s’empilent, se déplient comme l’ouvrage, de 153 jours qui se racontent aussi bien en tout qu’en parties, en bouts qu’en mélancolies, chaque comme esquille débutant par un “Eric Pessan“ jamais vraiment écrit (le sujet étrangement présent, par là même s’évacuant).
Si cela vous intrigue, tentez le voyage de ce “Moi, je suis quand même passé” et larguez les amarres de la technologie pour le Cousu Main.
Dans le même numéro de la revue, on trouve un texte de Thomas Vinau, autre auteur Cousu Main :Le quart d’heure syndical.
Si vous m’aviez ouvert le coeur…
septembre 1st, 2011 § 5 Commentaires
Petit rappel : « Tiers Livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de Vases Communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. »
Ce mois-ci, Cousu Main reçoit Christopher Selac, auteur, qui anime un blog qui s’intitule De l’autre côté du livre. Réciproquement, il accueille un de mes textes aujourd’hui, ici.
Notre point de départ fut une phrase relevée dans une nouvelle de Sherman Alexie :
À cet instant, si vous m’aviez ouvert le coeur, vous auriez vu dedans les fins squelettes blanchis d’un millier de saumons.
Si vous m’aviez ouvert le coeur…
A l’époque, nous habitions dans le centre du village, près de l’église, une de ces vieilles bâtisses étriquées, toute en hauteur, au pied d’une rue étroite et pourtant principale. Au creux de cette vallée de la France dite profonde, où les Parisiens égarés s’étonnaient encore que les routes soient goudronnées ici aussi, vivait notre voisine d’en face, une mère de famille nombreuse d’âge indéfinissable, rebouteuse de son état, et dont le don s’était transmis de génération en génération, aussi loin que la mémoire du village remontât. Mais contrairement à ses ancêtres, en plus de guérir et de protéger, il était dit qu’elle pouvait lire l’avenir dans les entrailles des volailles, et nombreux étaient ceux qui venaient, gallinacé en main, frapper à la porte d’en face, en espérant l’entendre leur conter fortune.
Toutes ses prédictions, une à une, se révélaient exactes, elle ne se trompait pas, même dans ses visions les plus funestes. Aussi, sa réputation grandissant, elle fut rapidement obligée de limiter ses consultations. L’exercice était exigeant, elle fixa donc les séances au dimanche matin, pas plus de trois clients à chaque fois, et la liste d’attente s’allongea, s’allongea et s’allongea encore, au point qu’il y fallut bientôt réserver des mois à l’avance. Elle commençait toujours une fois la messe dite, et à midi, elle terminait son office. Nous, curieux, regardions par la fenêtre, derrière les rideaux, pour voir si nous connaissions celles et ceux qui, par naïveté et par crédulité, venaient dépenser leurs maigres paies dans cet art si particulier.
Bientôt, la liste fut si longue qu’il fallut faire quelque concession face au mécontentement général – la femme du maire elle-même était intervenue, déçue de devoir attendre après l’été pour connaître sa destinée. La pratique aidant, ses dons se développant, notre voisine proposa alors aux impatients de lire l’avenir dans le cœur des pommes de terre. Et très vite, le défilé des clients recommença, s’amplifia tout le dimanche matin. J’observais toujours ce manège, depuis la fenêtre, tapi derrière les rideaux, et il m’amusait énormément. Oh oui, il m’amusait.
Jusqu’au jour où les tourments de l’adolescence vinrent à s’emparer de mon esprit, et me firent tomber éperdument amoureux d’une des filles de notre voisine, émoi que je gardais secret. Mais la réciprocité de mes sentiments me taraudait au point de devenir insupportable, assez pour que je me décide à aller dans les écarts jusqu’à la première ferme, repartir avec un poulet sous le bras, et le dimanche matin frapper à la porte de notre voisine, timide et honteux, pour mieux savoir ce qui m’attendait.
Devant moi, tremblant, éberlué, elle l’ouvrit du thorax au croupion, extirpa de ses mains sanguinolentes tout ce qui voulait bien se détacher du giron de la bête, avant d’attraper un grand couteau de cuisine, et de lui fendre le palpitant en deux. Elle se pencha sur lui pour un long examen silencieux, pendant lequel vous auriez crû qu’elle se penchait sur moi. Je m’attendais à ce qu’elle me dise « Je vois … », mais elle restait plongée par l’esprit dans le muscle exsangue, me jetant parfois un furtif coup d’œil, rempli d’une foule d’interrogation.Pétrifié, vulnérable, je l’étais, et si vous m’aviez ouvert le cœur à moi aussi, vous auriez vu les meutes de loups squelettiques qui me poursuivaient, la rivière débordante de poissons sans chair au milieu de laquelle je me débattais, prêt à mourir à la première des prophéties m’enjoignant d’abandonner tout espoir de séduire l’être aimé.
Au lieu de cela, à la fin d’une séance interminable et de marmonnements dont je ne compris rien, elle se tourna vers moi simplement pour me dire : « Tu devrais rester déjeuner à midi avec nous ». Et aussi loin que remonte ma mémoire, jamais des poulets accompagnés de frites ne me parurent aussi délicieux.
La liste des autres échanges est sur le site des Vases Communicants.
Thomas Vinau à la radio.
août 12th, 2011 § Laisser un commentaire
Ce soir, Thomas Vinau, auteur du Noir dedans chez Cousu Main sera sur France Inter pour parler de son roman paru chez Alma éditeur
L’éditrice Catherine Argand et le journaliste Jean-Maurice de Montrémy lancent Alma Editeur, une nouvelle maison d’édition qui publiera de la fiction et de la non-fiction. Cinq titres paraissent à la rentrée, dont un premier roman, le 18 août : Nos cheveux blanchiront avec nos yeux, de Thomas Vinau.
vendredi 12 août 2011 de 20h à 20h25
Interdiction absolue…
juillet 23rd, 2011 § 1 Commentaire
Ça a mis plus de temps que prévu mais enfin, Interdiction absolue de toucher les filles même tombées à terre est sorti de l’imprimerie.
Interdiction absolue de toucher les filles même tombées à terre.
Claude Favre et Eric Pessan
Photo de couvertures et maquette Geneviève Gleize
48 pages
11×17
ISBN : 978-2-918958-03-1
12€
Vous pouvez adresser vos commandes à
Cousu Main, 11 rue des Trois faucons 84000 Avignon
Chèque à l’ordre de Cousu Main
Participation aux frais d’expédition : 1,50 €
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Aphrodite
juin 30th, 2011 § 3 Commentaires
Petit rappel : “Tiers Livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de Vases Communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.”
Ce mois si, Cousu Main accueille Martine Rieffel, de Lire au jardin… ou ailleurs. Le thème que nous avons choisi nous a été inspiré par une série de dessins d’Armelle Caron dont titre est : mais pourquoi aphrodite sourit-elle? car sous ses pas, poussent les fleurs.
10 haïkus pour le passage d’une déesse
Douceur de la brise
dans l’empreinte d’Aphrodite
frémit la campanule
Le pied de la déesse
caresse les myosotis
pluie de printemps
Rêve d’Aphrodite
à l’ombre d’un sourire
naissent les lupins
Sous les pas d’Aphrodite
pousse la pervenche
chatouille
Sentier de mousse
la primevère s’étonne
passe Aphrodite
—-
Brume du matin
l’herbe foulée
se redresse
Une flaque
passe la divinité
clapotis
Passage d’Aphrodite
la fourmi besogne
oh ! écrasée
Dans les empreintes d’Aphrodite
tangue la jonquille
ravissement
Frôlement
les digitales se cambrent
la déesse est passée
Sur le même thème mon texte est sur le blog lire au jardin ou ailleurs.
Avant-première à La Petite Librairie des Champs.
juin 16th, 2011 § 5 Commentaires
La Petite Librairie des Champs, associe Cousu Main à la fête qu’elle donne pour célébrer l’été, samedi 18 juin.
Au programme :
avec deux jours de décalage, le Bloomsday à Boulbon à partir de 18h.
Apportez vos textes d’Ulysse dans la langue de votre choix que nous lirons tout au long de la soirée.
à 19h30
Lecture par Claude Favre ( de passage dans la région) de Interdiction absolue de toucher les filles même tombées à terre, son texte , très prochainement édité par Cousu Main. (post précédent)
Une occasion rare de rencontrer cette auteure unique.
Ensuite pique nique partagé tiré du sac !
à 21h: concert avec le groupe ZICOSAURE composé de trois musiciens:
Eric, guitariste ; Régine, Basse, guitare et chant ; Paul, guitare, chant et saxo.
Au départ était le jazz…Puis, au fil des ans, un glissement s’est opéré…Le retour d’influences anciennes (bossa,..)
la création de textes sur des thèmes connus, puis des chansons composées et cousues main…
… et surprises plus tardives…
Rendez vous au moulin brûlé à partir de 18h.
Participation 7 €.
le Moulin Brûlé, route de Mézoargues, 13150 Boulbon.
Interdiction absolue de toucher les filles même tombées à terre
juin 14th, 2011 § 7 Commentaires
Au commencement étaient deux auteurs, Claude Favre et Eric Pessan.
Au commencement était un titre, un titre comme une injonction, celui que Claude Favre donne à un long poéme, le récit de la chute vertigineuse des filles.
Les filles c’est comme ça, comme ça
qu’elles à caresses, trop.
Les filles ça tombe, plutôt au
mauvais moment.
Tombent, un peu qu’elles tombent,
beaucoup, avec des idées, quelques
unes, derrière la tête, sans grâce.
Tombent, pour tomber, effrontément,
elles tombent.
Tombent.
Certaines se relèvent, des fois
Silence
Eric Pessan le reprend et déroule la chute d’une fille, d’une seule. Il y met des didascalies comme si cela devait être dit.
Ma langue.
C’est ma langue.
Je n’ai plus de langue (geste vague).
Parfois.
Je crois que ça se passe comme ça (geste arrêté).
Depuis que je suis tombée, je n’ai plus de langue.
Ces deux textes sont rassemblés tête-bêche, serrés l’un contre l’autre, dans ce livre, pour qu’on n’oublie pas leur fraternité.
Interdiction absolue de toucher les filles même tombées à terre.
Claude Favre et Eric Pessan
Photo de couvertures et maquette Geneviève Gleize
48 pages
11×17
ISBN : 978-2-918958-03-1
12€
Parution fin juin 2011
D’ores et déjà, vous pouvez adressez vos commandes à Cousu Main, 11 rue des Trois faucons 84000 Avignon
Chèque à l’ordre de Cousu Main
Participation aux frais d’expédition : 1,50 €
Cousu Main accueille Juliette Mezenc.
juin 3rd, 2011 § 4 Commentaires
Pour la première fois, je participe aux “vases communicants”
Ça consiste en quoi ?
Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. La liste des échanges en ce 3 juin est consultable ici.
Sur l’invitation de Juliette Mézenc, cette amie qui écrit, creuse un travail passionnant autour du brise-lames à Sète avec son écriture, en cherchant la mémoire qui habite cette construction qu’elle érige ainsi comme un monument du quotidien fait de béton mais aussi de la mémoire de tous les pêcheurs, promeneurs qui le côtoient.
Cousu Main la reçoit donc en ce premier vendredi du mois de juin.
Pour Seb.
Une main a ouvert l’urne.
Le vent s’y est engouffré,
la cendre.
Les yeux se sont ouverts,
un peu,
un peu plus, tout près de l’écarquillement,
un goéland surgi de derrière le mur avait
de justesse
évité le nuage gris,
bifurcation, ligne brisée, plan de vol modifié, l’aile dans la cendre a trempé,
le goéland in fine s’est élevé.
Il s’est ensuite dirigé dignement vers le large. On en vit plus d’un sourire en le suivant des yeux,
quelques grammes du corps réduit sur les plumes,
forcément.
Moi aussi je me suis surpris à sourire, j’ai même pensé que Primo Levi était là, tout près :
“C’est vers le carbone, élément de la vie, que se tournait mon premier rêve littéraire, un rêve insistant, à une heure et en un lieu où ma vie ne valait pas grand-chose :
oui, je voulais raconter
l’histoire d’un atome de carbone.”
Mon texte est accueilli donc par Juliette Mezenc sur son site Motmaquis.
Cousu Main dans PUBLICATION(S)
mai 26th, 2011 § 3 Commentaires
Dans le n°14 (Juin 2011) de la revue PUBLICATION (S) de l’Agence Régionale du Livre de Haute-Normandie, on trouve un très bel article écrit par Dominique Panchèvre sur les deux derniers ouvrages parus chez Cousu Main. 
En Avignon, les éditions Cousu Main déplient la poésie du monde.
Moi, je suis quand même passé (Éric Pessan) et Le noir dedans (Thomas Vinau), voici les deux derniers ouvrages parus en 2010 chez Cousu main, maison d’édition artisanale d’Avignon. Caroline Gérard est l’artisane qui s’y colle pour le choix des auteurs, la fabrication et la diffusion – trop confidentielle à mon goût.
Deux livres qui se déplient, qui disent des formes courtes, rêveuses, poétiques, indispensables ; deux objets essentiels dont chacun fait écho aux propos d’Hubert Lucot : « un livre qui batte au rythme de la syntaxe du monde : paliers, clins de conscience. »
Celui d’Éric Pessan, qui bat au rythme de 153 Tweets – à lire de bas en haut – écrits au creux des jours quand il faisait sombre ou que le sol se dérobait sous les pieds ou encore que le vide emplissait tout. Fragments qui s’empilent et s’appellent – tirés vers le haut –, à la fois autonomes, faisant poésie particulière par accouplement de deux ou trois, déroulant le corps du texte en remontant vers la lumière, jusqu’au dernier, porte ouverte de la cage mentale.
Dans le second, le lecteur est bercé par le rapsode « c’est parce que c’est noir dedans. »
Thomas Vinau nous entraîne dans un essai poétique afin que nous comprenions et acceptions la partie sombre qui nous habite ; essai transformé qui nous incite à vivre, pleinement. Un ouvrage qui bat, lui, au rythme savamment articulé du noir et du blanc, à la fois dans la forme et dans l’écriture ritournelle tout en s’appuyant sur l’exemple et la démonstration détournés. Un texte philosophique simple et puissant.
À noter les ouvrages de Sylvie Durbec, parus précédemment, qui forment avec ces deux-là un ensemble homogène de livres où les artistes et l’artisane cousent la main dans la main – avec une pensée pour Marie-Laure Dagoit et les éditions Derrière la salle de bain ; mais c’est une autre histoire, en-corps un autre écho aux propos d’Hubert Lucot.Éric Pessan, Moi, je suis quand même passé, 2010 ISBN 978-2-918958-01-7
Thomas Vinau, Le noir dedans, 2010 ISBN 978-2-918958-02-4






