sainte Thècle : l’enquête (4)

novembre 1, 2009 § Poster un commentaire

Je suis allée consulter le site du Centre d’Études et de recherches littéraires et scientifiques de la Lozère car Sainte Thècle mérite qu’on se penche sur elle scientifiquement.

La découverte fortuite par Monsieur Gilbert Chambrun et Madame le Docteur Clouet d’une structure hétérogène au revers sud d’un petit plateau calcaire, dit de la Chaumette, dans la commune des Saint-Bonnet-de Chirac des restes d’un petit habitat, un ermitage vraisemblablement.

Zut, je ne l’ai pas vu.

Le petit édicule taillé dans le conglomérat rocheux et bâti en ce lieu évoque les grottes des ermites issues de la tradition des chrétientés d’Orient.

Intéressant tout ça. Pourquoi ne serait-ce pas la maison de Thècle ? On peut rêver. Ce n’est pas plus absurde que toutes ces histoires de lions, phoques et autres animaux féroces qu’elle a su amadouer.

CIMG1938

Il se trouve en effet, qu’à une trentaine de mètres en contre-bas existe une chapelle, récente certes, mais à plusieurs reprises reconstruite, au-devant de laquelle coule une source pérenne, réputée miraculeuse, sous le vocable de Sainte Thècle.

Rien d’exceptionnel dans l’architecture de la chapelle.CIMG1934

On y trouve une histoire de la sainte, assez semblable à celle que je viens de raconter.CIMG1932 Il n’est pas dit qu’elle est morte dans ce lieu. C’est dommage.
Par contre on y parle de la source dont l’eau CIMG1932_2 Quelle chance ! On a toujours besoin d’eau miraculeuse. Une cataracte, une myopie, une morsure de crotale (voir Raymond Roussel) et hop, un peu d’eau de sainte Thècle et le tour est joué.CIMG1931_2J’ai donc pris une bouteille et l’ai remplie à la source. Au passage, j’en ai bu quelques gorgées, j’avais très soif. Ma vue n’a pas changé mais ma soif s’est apaisée. Premier miracle ?
Ce n’est qu’après que j’ai vu ce panneau : CIMG1939Eau non potable ! Voici donc encore une preuve qu’il ne faut pas se fier à ce qui est raconté dans les religions. Ceci dit, je n’ai pas eu de malaises particuliers après avoir bu cette eau, ma vue ne s’est pas améliorée non plus.
L’enquête n’a pas beaucoup avancé, je vous l’accorde. J’ai repris la route avec les photos prises à Saint Bonnet de Chirac et la bouteille d’eau miraculeuse.
Qu’on se le dise…. CIMG1933

sainte Thècle : l’enquête (3)

octobre 30, 2009 § 2 Commentaires

Le discours tenu par ceux qui veulent nous vendre leurs religions ne seraient que des balivernes ?
Du moins, en lisant Un homme de Philip Roth, c’est ce qu’on peut être tenté de croire :

La religion était une imposture qu’il avait démasquée très tôt dans sa vie : elles lui déplaisaient toutes; il jugeait leur folklore superstitieux, absurde, infantile ; il avait horreur de l’immaturité crasse qui les caractérisait, avec leur vocabulaire infantilisant, leur suffisance morale, et leurs ouailles, ces croyants avides. Ce n’est pas lui qui serait dupes des balivernes sur la mort et sur Dieu, ou de ces fantasmes de paradis d’un autre âge. Il n’y avait que le corps, né pour vivre et mourir selon les termes décidés par les corps nés et morts avant nous. Philip Roth (Un homme)

J’ai donc mené mon enquête, comme j’ai eu l’occasion de le prouver dans les deux articles précédents.12752_1191915072156_1056755400_30550958_4858412_n Nos saints du calendrier ne seraient pas plus réels que Blanche-Neige ou Spider-man ? Et l’histoire de sainte Thècle ne serait pas tout à fait celle qu’on veut bien nous raconter ? N’écoutant que mon courage et mon envie de dénoncer les mensonges, je suis allée sur les traces de sainte Thècle, enfin de Thècle pour parler plus simplement.
Pour commencer, c’est Wikipédia qui m’a mise sur la piste, ou plutôt sur la route.CIMG1941 copy Pas folle la guêpe ou plutôt la sainte. Même si elle fut totalement amoureuse de son Paul, une fois celui-ci mort, elle préféra fuir Rome et les persécutions pour se retirer, tranquille, peinarde, dans les Cévennes et mourir à Saint Bonnet de Chirac. Elle aurait donc emprunté la route du Gévaudan. Grosso modo, en partant de Rome, comme il est dit officiellement, et à mon avis, elle aurait pris la voie Appia, puis la voie Aurélia, la voie Domitia, et puis aurait tourné à droite en prenant peut-être le voie Agippa ou une autre route (peut-être celle utilisée par César pour rejoindre Gergovie ? Parle-t-il de la route empruntée dans la Guerre des Gaules? Je ne m’en souviens plus, c’est trop lointain.)
D’ailleurs, de nos jours, la route pour rejoindre Saint Bonnet de Chirac n’est pas si simple que ça. En effet, j’ai interrogé plusieurs personnes à moins de cinq kilomètres du lieu, leur demandant de m’indiquer la direction, mais personne n’a pu me répondre. C’est au bar de Chirac, qu’enfin on m’a montré un chemin qui y mène directement. « La vérité est dans les bars. » voudrais-je ajouter, mais ce serait hors de propos.
Ceci dit, cette fameuse Thècle se retrouve en Gévaudan. En lisant Wikipédia, on apprend qu’elle serait morte à Saint Bonnet de Chirac (1er Président français) mais, aussi qu’elle est vénérée à Chamalières (2ème président français… vous me suivez ?) où ses reliques furent conduites au VIIe siècle ( Pas de trace de Thècle à Neuilly ou à la Défense mais on ne s’en plaindra pas). Donc je n’écoutant que ma curiosité, je me suis rendue à Saint-Bonnet de Chirac.CIMG1929

à suivre…

sainte Thècle : l’enquête (2)

octobre 27, 2009 § 2 Commentaires

Alors, cette brave fille, puisque, je le rappelle, c’est une sainte et non un saint comme il est écrit sur le calendrier de la Poste, qu’a-t-elle fait pour mériter l’auréole ?

Sainte Thècle était originaire de la ville d’Iconium (Asie-Mineure). Elle était la fille d’une riche païenne nommée Théoclie. Agée de dix-huit ans, elle était fiancée à un jeune homme nommé Thamyris, qui l’aimait d’un amour ardent. C’est à cette époque que, descendant d’Antioche, Saint Paul fut accueilli à Iconium dans la maison d’Onésiphore, un voisin de Thècle, et y enseignait nuit et jour la parole de Dieu.
A tous ceux qui l’écoutaient dans une grande joie, il disait: «Heureux ceux dont le coeur est pur, parce qu’ils verront Dieu. Heureux ceux qui gardent la chasteté de leur chair, parce qu’ils seront le temple de Dieu. Heureux ceux qui ont renoncé à ce monde, car ils seront agréables à Dieu. Heureux ceux qui craignent les paroles de Dieu, parce qu’ils seront consolés. Heureux ceux qui embrassent la sagesse de Jésus-Christ, etc, etc.».

Ce pauvre garçon était tombé sur la tête, avait le verbe facile et racontait n’importe quoi.

Au comble de la joie et comme fascinée par ces paroles célestes, Thècle fut amenée à la foi en écoutant Paul cachée derrière une fenêtre qu’elle ne quitta pas pendant trois jours.

Elle s’est laissée bluffer par le bonimenteur, la naïve !

Or Théoclie et Thamyris étaient dans une grande émotion en voyant ainsi Thècle oublier ce qui est terrestre pour s’attacher aux paroles de cet étranger qui enseignait à se détourner du mariage. Toute la ville était également en émoi, c’est pourquoi on se saisit de Paul et on l’amena devant le gouverneur. Celui-ci ordonna de l’enchaîner et de le conduire en prison. Après avoir donné ses bracelets au gardien, Thècle vint de nuit retrouver Paul dans sa prison, afin d’apprendre les grandeurs de Dieu, assise à ses pieds et baisant ses chaînes.

Je ne ferai pas de commentaire, vous saurez lire de vous même entre les lignes puisque le récit de cette passion débordante autant que sulfureuse est à peine crypté.

Lorsqu’on découvrit Thècle ainsi enchaînée par l’amour divin auprès de Paul, on les fit comparaître tous deux devant le gouverneur. Comme elle ne répondait pas aux questions du gouverneur, sa mère elle-même s’écria: «Brûle cette ennemie du mariage au milieu de l’amphithéâtre, afin que toutes les femmes instruites par cet exemple soient épouvantées!» Le gouverneur, contre son gré et sous la pression de la foule, fit flageller Paul,
le chassa hors de la ville, et condamna Thècle à être brûlée vive. Alors qu’on l’emmenait nue au lieu du supplice et que dans une grande fébrilité les jeunes gens et jeunes filles rassemblaient les bois pour le bûcher, Thècle vit le Seigneur sous les traits de Paul, qui l’emplit d’une force divine en la regardant. S’armant du signe de la Croix, elle monta. sur le bûcher. Mais, bien que la flamme brillât haute, le feu ne la toucha pas et, ému par son amour, Dieu envoya une forte pluie qui éteignit le feu et inonda l’amphithéâtre.

Tintin : Le temple du Soleil herge71!

Conduite par Dieu, Thècle retrouva Paul, qui se cachait dans un tombeau à proximité de la ville avec Onésiphore et les siens. Ils partirent ensemble pour Antioche. A peine étaient-ils entrés dans la ville qu’un notable nommé Alexandre, frappé par la beauté de Thècle s’éprit furieusement de la jeune fille et se précipita pour l’étreindre en pleine place publique. Elle se défendit, déchira sa chlamyde, arracha la couronne de sa tête et le rendit ridicule. Pour se venger, celui-ci la livra au gouverneur qui la condamna aux bêtes. On l’attacha à une lionne farouche, mais celle-ci lécha les pieds de Thècle, comme pour rendre hommage à sa virginité. Le lendemain, on lâcha contre elle de nombreuses bêtes fauves, mais elles ne purent la toucher, car la jeune fille était protégée par une lionne. Voyant une grande fosse pleine d’eau, préparée pour un nouveau supplice, Thècle s’écria: «C’est maintenant le moment de recevoir le bain de la régénération!» Elle s’y jeta en disant: «Au nom de Jésus-Christ, je me baptise à mon dernier jour». Toute la foule sursauta d’émotion, pensant que les phoques allaient dévorer tant de beauté.

Les phoques ?

Au moment où elle plongeait dans l’eau, la flamme d’un éclair frappa les bêtes qui surnagèrent mortes, et un nuage de feu voila la nudité de l’épouse du Christ. On la livra alors à d’autres bêtes plus redoutables, mais les femmes de la ville, scandalisées par l’injustice de la condamnation de leur congénère, poussèrent de grands cris et les unes jetèrent des aromates, d’autres du nard, d’autres de la casse, d’autres de l’amone, en sorte que le théâtre fut rempli de parfums et les animaux, comme accablés de sommeil, ne touchèrent même pas la Sainte. On attacha ensuite Thècle entre les pattes de deux taureaux, auxquels on appliqua des fers brûlants afin de les rendre plus furieux. Ils bondirent, mais la flamme, s’étendant en cercle, brûla les cordes et laissa la Sainte comme si elle n’avait pas été liée. Constatant qu’aucune de leurs machinations ne pouvait quoique ce soit contre la servante de Dieu, le gouverneur et Alexandre lui rendirent la liberté.
stethecle
Après s’être reposée quelques jours chez Triphaine, une riche femme de la ville qui l’avait prise comme fille adoptive dès le début de ses tribulations, Thècle, n’aspirant qu’à retrouver Paul, partit pour Myre. De là, elle retourna avec lui à Iconium Iconiuimpour y proclamer les merveilles de Dieu. Elle y trouva Thamyris mort et sa mère obstinée à rester sourde au message du salut. C’est pourquoi elle partit pour Séleucie, où elle demeura près de soixante-douze ans, à pratiquer l’ascèse dans une grotte située aux environs de la ville, dans la montagne de Calamon. Elle endura de violents combats contre les démons et se fit connaître de tous par les nombreux miracles qu’elle accomplissait. Jaloux de ses succès, les médecins païens de la ville envoyèrent des jeunes gens débauchés pour la perdre. Mais, par la providence de Dieu, elle entra vivante dans le rocher et s’enfonça sous la terre. (On raconte qu’elle serait allée à Rome pour retrouver Paul; mais qu’elle l’aurait trouvé mort. Elle serait restée là quelque temps, et se serait endormie d’un beau sommeil. Elle serait ensevelie à deux ou trois stades environ du tombeau de son maître).

En réalité, ce n’est pas là qu’elle est ensevelie. J’ai mené l’enquête.

à suivre …

sainte Thècle : l’enquête (1)

octobre 26, 2009 § Poster un commentaire

L’histoire de sainte Thècle ? Comment tout cela a commencé ?
Autant le dire tout de suite, c’est un hasard de blog, dirons-nous qui m’a mise sur la piste de sainte Thècle.
Le 25 septembre, comme je le fais presque quotidiennement depuis de nombreuses années (et oui ! et je ne m’en lasse pas.) j’ai lu le blog de JCB. je ne m’en lasse pas.
Donc ce jour-là, je lis, très tôt, le matin-au réveil-, le récit d’une visite dans une maison de retraite que JCB faite avec une tante.
Et je bloque, comme de façon réflexe, en lisant 137-hop4 « Jeudi 24 septembre 2009, Saint-Tèchle ». je m’empresse d’écrire un mail à JCB, pour lui dire que le saint en question est une sainte. Le calendrier de La Poste, vous savez, celui avec les chiens et chats que votre facteur vous apporte tous les ans dès la fin novembre, ne connaît, le 24 novembre que saint Thècle. Dire que certains se fient aux prévisions météorologiques qui y sont insérées ! Confondre une sainte et un saint ouvre toutes les possibilités quant aux erreurs dans le reste du calendrier. Un conseil : refusez-le quand votre facteur vous le propose. Contentez-vous de lui donner des étrennes. Vite ! Avant la privatisation.
Bon, revenons à notre sainte. Donc, j’écris un mail, pour dire que le saint est une sainte, que c’est scandaleux de tout mélanger etc. Enfin, un mail comme je peux en écrire le matin au réveil, encore embrumée par mes obsessions. Je l’envoie et reviens sur la suite de l’article que je n’avais pas encore lu, puisque j’avais démarré au quart de tour.
L’auteur du blog en question avait déjà écrit sur sainte Thècle et l’avait oublié… « Il y a quatre ans et demi. » Donc, JCB perdrait la mémoire ?
Mais, pire, c’est que la lectrice qui est tôt sur internet dont il parle, c’est moi ! Oui, il y a quatre ans et demi, j’avais déjà envoyé un mail pour signifier mon indignation quant à l’erreur de sexe à propos de la gentille sainte Thècle.
Moi aussi, j’ai des problèmes avec la mémoire !
Le fait est que, ce jour là, il y a quatre ans et demi, le sujet du jour était plutôt Saint Guénolé que Sainte Thècle.
Pourquoi étais-je si « branchée » sainte Thècle ? Tout simplement parce qu’il m’était arrivée d’aller à Maaloula, en Syrie. Dans ce lieu, on parle l’araméen, la langue que parlait Jésus. Et puis, on nous dit que sainte Thècle est enterrée dans ce village.
Enfin, c’est ce qu’on dit… Car, moi, j’ai mené l’enquête.
à suivre…

Où suis-je ?

Catégorie La vie des saints (et la mort aussi) sur Cousu main.