La Petite Librairie des Champs prend la couleur rose

janvier 28, 2009 § 3 Commentaires

securedownload-1Exceptionnellement, LA PETITE LIBRAIRIE DES CHAMPS ouvrira ses portes le SAMEDI 14 Février à partir de 17 heures pour vous faire découvrir un autre aspect de la Littérature amoureuse, de Gustave FLAUBERT à Sophie CALLE, avec:

– la performance d’un artiste plasticien, Jean-Claude Gagnieux,
– la lecture de textes libertins,
– une exposition d’oeuvres photographiques et picturales,
– un repas surprise pour un samedi rose (sur inscription obligatoire par mail avant le 6 Février et avec participation de 10 euros),

La librairie sera également ouverte le Dimanche 15 Février de 15h à 18 h.

Pendant ces deux jours, comme à son habitude, la PETITE LIBRAIRIE proposera la vente d’ouvrages.

Les chats chez Sophie Calle et chez moi.

janvier 12, 2009 § Poster un commentaire

Je parcours le livre de Sophie Calle « M’as-tu vue ». 416a9wc16ml_sl500_aa240_1 J’avais vu l’exposition/rétrospective partielle dont il est question dans ce livre au Centre Pompidou en 2003. Me replonger dans sa quête et ses enquêtes reste toujours un plaisir à la fois dérangeant et passionnant tant la mise en scène de sa vie appelle à la mise en scène des nôtres-ou du moins de la mienne, si j’osais…

En 1998, invitée à exposer dans la maison qu’occupait Sigmund Freud à Londres avant sa mort, j’ai choisi d’introduire dans son intérieur des objets qui occupent une place sentimentale dans ma vie et dont je me suis servie pour mes récits autobiographiques.

n1058245586_30285837_2405 En voici un exemple :

Les chats :

J’ai eu trois chats. Félix mourut enfermé par inadvertance dans le frigidaire. Zoé me fut enlevée, à la naissance d’un petit frère que j’ai haï pour cela. Nina fut étranglée par un homme jaloux qui, plusieurs fois auparavant, m’avait imposé l’alternative suivante : dormir avec le chat ou dormir avec lui. J’avais choisi le chat.

Que dire ? Que la photo n’est pas de Sophie Calle, d’abord et qu’aucun animal n’a subi de tortures pour les besoins de la photo (comme on dit dans les génériques des films !).
Que j’ai eu un petit frère et même une petite soeur. Je n’avais pas de chat à cette époque, mais qu’est-ce que ça change ?
Actuellement, je n’ai pas choisi de dormir avec le chat de la maison, mais c’est lui qui a choisi de dormir avec moi. Bien que je ne le supporte pas, je ne me sens pas de me battre avec lui en pleine nuit. Trop dangereux.

Vila-Matas, Sophie Calle, Karla Olvera et moi…

octobre 9, 2008 § 5 Commentaires

Il m’arrive souvent de parler de chemins qui nous emmènent vers des territoires littéraires et artistiques. Sur ces chemins, on croisent d’autres vagabonds de notre espèces. C’est le cas de Karla Olvera , cette auteure-traductrice mexicaine, venue passer deux ans en France du côté de Tarascon. Puis, elle est repartie chez elle et le courrier (postal un peu mais très lent..) et surtout électronique a permis que nous continuions nos conversations entamées de ce côté-ci de l’Atlantique.
Hier, je suis allée à la poste chercher un recommandé qui m’attendait depuis une semaine. C’était un envoi qui venait du Mexique ! C’était le dernier numéro de le revue Replicante, revue dans laquelle Karla avait écrit une chronique :

La extravagante e interminable persecuciòn azarosa-objetiva que me han propinado Enrique Vila-Matas y Sophie Calle.

Karla déroule de janvier 2006 à avril 2008 une chronique où elle raconte comment dans sa vie s’immiscent Sophie Calle et Vila-Matas. Elle parle de hasard objectif à la manière Breton plutôt que de chemins comme je le disais plus haut.

Pourquoi parle-t-elle de moi dans cette chronique ? Une première fois, lors de la lecture de « Explorateurs de l’abîme » dudit Vila-Matas, je lui avait demandé des explications quant à certains termes dont la traduction me paraissait bizarre. Elle m’avait répondu qu’elle avait rencontré à Arles lors d’un colloque de traducteurs, André Cabastou, le traducteur de Vila-Matas. Elle avait assuré qu’il était parfaitement fidèle au texte original. Cependant je lui avais fait remarqué qu’il était question de « légion du genou » au lieu de « lésion du genou », faute qu’il fallait plutôt imputer à l’éditeur même.

Puis, ensuite, elle faisait allusion dans un second paragraphe à l’expérience que j’avais faite à Paris ( 1, 2,3) me mettant dans la peau de Vila-Matas et partant à la rencontre de Sophie Calle. Rencontre jamais concrétisée.

exposition_825_1.jpg Puis, j’avais visité l’exposition « Prenez soin de vous » , j’avais eu cette chance. Elle, elle s’était fait envoyé au Mexique le catalogue :

Recibì un paquete bastante grande y relativamente pesado. 

écrit-elle dans sa chronique datée du 10 mars 2008.

Dans la suite des hasards objectifs qu’elle énumère (Mais en est-ce vraiment un ? ) elle ne parle pas de la rencontre, la vraie, qu’elle a enfin faite avec Enrique Vila-Matas. Lire ici

Karla Olvera a concrétisé le fantasme d’une rencontre, alors que moi, je n’y étais pas arrivée avec Sophie Calle. Dans les deux cas, il n’est pas interdit d’en faire le récit.

 

Des propos tout à fait décousus du Pays Doré.

avril 7, 2008 § 2 Commentaires

Je suis au Pays Doré et délaisse internet au profit de la nature qui commence à donner des signes de printemps.
Dans l’herbier virtuel de ce blog, j’ai choisi de montrer quelques espèces plus rares que les jonquilles qui explosent aux quatre coins des pâturages.
Voici l’érythrone dent-de-chien

et voilà la fritillaire pintade pas encore éclose…

Je voudrais aussi revenir sur l’exposition « Prenez soin de vous » de Sophie Calle à la BNF. Il y a, à ce propos, un article intéressant dans Libération daté de ce jour. Je voudrais citer quelques passages pour répondre aux commentaires que le poste précédent a suscités. Par rapport au bruit ambiant, Frédérique Roussel écrit ceci :

« Pour qui a autrefois fréquenté ce lieu, l’entrée est rude. Dans cet antre de recherche et bois verni, le silence était impératif, à peine soutenu par la constante rumeur des va-et-vient. Les coupoles et l’hémicycle surplombent un étrange babillage venu de toutes les tables. Ces dames interprètent en boucle sur des écrans les mots de la rupture. »

La journaliste termine son article en disant :

« On peut aimer « prenez soin de vous » comme toutes les autres explorations intimes de l’artiste. Ou critiquer son narcissisme. Son travail caresse une fibre universelle en racontant sa propre histoire. »

J’approuve totalement son appréciation qui qualifie d’universelle l’œuvre de Sophie Calle, cette oeuvre si personnelle qui peut parler à chacun de nous et, sans ironie, cette exposition m’a donné à penser qu’il doit être diablement intéressant d’avoir un chagrin d’amour, de se faire plaquer, pour tenter de créer une telle œuvre.

 

Où j’ai vu Sophie Calle ou presque…

mars 31, 2008 § 13 Commentaires

À défaut de rencontrer Sophie Calle au Flore (je ne suis pas Enrique Vila-Matas, vous l’avez remarqué) je suis allée voir son exposition à la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, Prenez soin de vous.

exposition_825_1.jpg C’est l’exposition qui était à Venise lors de la dernière Biennale, l’été 2007. Pour résumer, une fois de plus, Sophie se fait plaquer et comme pour Douleur Exquise dont je parlais récemment, elle décide de soigner son chagrin d’amour en le transformant en oeuvre d’art. Elle n’a pas de chance, Sophie, car elle tombe toujours sur des lâches. Dans Douleur Exquise, le compagnon du moment s’était inventé un accident pour excuser le fait qu’il n’avait pas honnoré un rendez-vous. Le dernier, lui, choisit de rompre en lui envoyant un e-mail. Il commence ainsi :

Cela fait un moment que je veux vous écrire et répondre à votre dernier mail. En même temps, il me semblait préférable de vous parler et de dire ce que j’ai à vous dire de vive voix.
Mais du moins cela sera-t-il écrit.

Il termine par cette phrase assasssine :

Prenez soin de vous.

Alors, Sophie, la femme trahie, abandonnée décide de relever la tête et d’aller demander à 107 femmes d’interpréter le fameux e-mail, « interpréter » dans tous les sens du terme. Certaines de ses femmes, suivant leurs métiers, leurs penchants ont analysé l’e-mail, son contenu. C’est le cas, par exemple, d’une juristes, une voyante, une psychanalyste etc… D’autres, des actrices, des chanteuses ont joué ou chanté la prose de l’homme lâche. cimg0998.jpg
L’exposition est installée dans la salle Richelieu de l’ancienne Bibliothèque Nationale. C’était la première fois que j’entrai dans ce lieu. Sophie Calle avait demandé à Bruno Racine d’exposer ici, car son oeuvre n’était pas que visuelle, mais aussi littéraire. Dans cette salle, sont installés des écrans, des panneaux avec des textes, des photos .cimg0999.jpg Alors, on se déplace dans ce lieu comme si l’on feuilletait un livre. Sauf, qu’on ne feuillette pas un livre et qu’on aimerait bien pouvoir le faire. Je m’explique : consulter tranquillement le catalogue de l’expo chez soi serait plus profitable, surtout que celui-ci contient aussi quelques DVD des vidéos. En effet, la salle Richelieu étant vide de livres, l’accoustique est très mauvaise, les vidéos, les voix des visiteurs résonnent et créent une cacophonie assez pénible. On n’entend plus ce qui se passe sur les écrans, sauf pour certaines…cimg1001.jpg Arielle Dombale est suffisamment hystérique pour hurler un « Prenez soin de vous » audible. Par contre, Jeanne Moreau n’est pas audible dans ce vacarme et je trouve que c’est vraiment dommage.
Les documents sont accrochés très haut cimg1002.jpg sur les murs et cet emplacement nuit à une lecture attentive.
J’avais vu l’exposition Douleur Exquise, il y a quelques années à Beaubourg. L’installation était simple et claire. Elle permettait de suivre aisément l’évolution de son histoire. Pour Prenez soin de vous, il est difficile d’entrer dans l’oeuvre à cause du parcours chaotique et bruyant. Dommage.

Explorateurs de l’abîme de Enrique Vila-Matas (épisode 3)

mars 28, 2008 § 7 Commentaires

 J’ai décidé qu’à mon tour, j’allais ajouter le récit de mon rendez-vous avec Sophie Calle dans la nouvelle « Parce qu’elle ne l’a pas demandé« . Le mien, contrairement à celui de Vila-Matas (quoique…) est parfaitement authentique. J’ai dû faire une fausse manipulation car je souhaitais que l’heure et la date s’affichent sur les photos pour attester de l’exactitude de cette aventure et ça n’a pas marché….ph1.jpg Nous nous sommes donné rendez-vous au Flore le 27 mars. Je suis arrivé une demi-heure en avance dans le quartier de Saint-Germain où se trouve le Flore, un peu plus inquiète que je ne m’y attendais à la perspective de la rencontre. L’idéal aurait été d’abord d’aller boire deux whiskies au Bonaparte.cimg0972.jpg Je n’aime pas le whisky, alors, j’ai choisi de prendre un café.cimg0976.jpg  Je suis sortie du Bonaparte en marchant très lentement et, comme il était midi moins vingt, je me suis arrêtée devant la vitrine de la librairie La Hune, à dix mètres du Flore.cimg0980_2.jpg   J’ai posé mes yeux sur la vitrine de La Hune où plusieurs livres d’écrivains Israéliens étaient exposés. Des articles de presse les accompagnaient. Il y avait aussi un article qui accompagnait un livre  cimg0984.jpgd’une auteure irlandaise. Cet article avait été découpé dans Libération et s’intitulait Exquise Douleur. J’ai pris cette affichette pour un signe de la venue certaine de Sophie Calle au  rendez-vous, car c’était le titre inversé d’une de ses précédentes expositions qui relatait une rupture amoureuse et dont ma fille m’a offert le livre à Noël dernier, Douleur Exquise. La coïncidence était trop forte pour ne pas être un signe du destin. Sophie Calle ne devait pas être loin.   Il était midi. cimg0985.jpg  Je suis entrée dans le Flore, mais Sophie Calle n’était déjà pas là…Je l’ai cherchée dans tout l’établissement, jusqu’aux toilettes, mais ne l’ai pas trouvée. cimg0986.jpgJe me suis installée et j’ai commandé un café en me disant qu’elle avait peut-être un peu de retard. Une demi-heure après, j’ai quitté le Flore. Sophie Calle n’était pas venue.

Explorateurs de l’abîme de Enrique Vila-Matas (épisode 2)

mars 26, 2008 § 1 commentaire

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Bon, je ne vais pas trahir la nouvelle « Parce qu’elle ne l’a pas demandé » et ne pas dire ici, pourquoi un autre rendez-vous avec Sophie Calle y est raconté.

    Extrait :

Je suis arrivé une demi-heure en avance dans le quartier de Saint-Germain où se trouve le Flore, un peu plus inquiet que je ne m’y attendais à la perspective de la rencontre. L’idéal aurait été d’abord d’aller boire deux whiskies au Bonaparte pour être tout à fait fidèle à l’histoire que j’avais écrite sur mon ordianteur et que je souhaitais reproduire. Mais, je savais parfaitement que c’était frôler le suicide car mes reins ne les accepteraient pas aisément.(….) J’ai fini par entrer au Bonaparte où j’ai commandé au comptoir une bouteille d’eau minérale plate. Je l’ai bue d’un trait et en ai commandé immédiatement une autre. Je l’ai, elle aussi, bue d’un trait. J’ai regardé autour de moi pour voir si mon anxiété avait retenu l’attention d’un client, mais j’ai vu, comme il était logique, que le monde était toujours pareil, il suivait son cours sans problème majeur et sans que personne se demande pourquoi je buvais ou arrêtais de boire des verres d’eau. (…) je suis sorti du Bonaparte en marchant très lentement et, comme il était midi moins vingt, je me suis arrêté devant la vitrine de la librairie La Hune, à dix mètres du Flore.(…)
J’ai posé mes yeux sur la vitrine de La Hune où plusieurs livres de l’écrivain que je détestais le plus au monde étaient exposés. Par chance, j’ai pu continuer à regarder la vitrine parce que ces livres partageaient l’espace avec une grande et magnifique reproduction de La Mariée mise à nu par ses célibataires, même…, l’énigmatique Grand Verre de Marcel Duchamp, peint à l’huile et divisé horizontalement en deux parties identiques par un fil à plomb. (…)
J’ai été un peu surpris quand quelqu’un s’est interposé entre la vitrine et moi et, dans un français à fort accent espagnole, m’a salué en me tendant la main et en me demandant très poliment ce que je faisais là.(…)
« Tu m’as suivi depuis le Bonaparte ? » lui ai-je demandé pour lui dire quelque chose parce qu’il restait paralysé devant moi tout en m’observant d’un air étonné (…).  » Tu ne te souviens donc pas de moi ?  » a-t-il répété. Je l’ai alors reconnu. Les lunettes noires m’avaient déconcerté. C’était un Espagnol qui, depuis des années – plus ou moins depuis que je fréquentais de nouveau ce quartier de Paris- évoluait dans les rues environnantes en saluant très poliment les gens qu’il rencontrait et en leur demandant s’ils se souvenaient de lui. Pour avoir la paix, il suffisait de lui dire que oui et il s’en allait. (…)
Je suis entré dans le Flore cinq minutes en avance, mais Sophie Calle était déjà là et elle était assise à une table bien placée. Je me suis approché en essayant de surmonter ma petite panique.
– C’est moi, ai-je dit avec une timidité presque irréelle.
Et, esquissant un geste respectueux, j’ai demandé l’autorisation de m’asseoir. Qu’elle m’a donné en souriant.

Dans ce récit, l’auteur manipule le lecteur. Cette manipulation me fait penser aux miroirs qui se reflètent les uns les autres, qui renvoient des images d’images et dont l’image d’origine, la réelle, est perdue dans ces reflets.

Où suis-je ?

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