Circé au carré

mai 17, 2010 § 1 commentaire

Je fais la collection d’une collection qui s’appelle Texte au Carré des éditions Cadex.

Depuis le premier, Le perron de Dominique Fabre, en passant par Un cri de Pierre Autin-Grenier, Un alibi de rêve de François Salvaing, et aussi Billet pour le Pays Doré d’Éric Faye, Le Voyageur sans voyage de Pierre Cendors et enfin Le petit traité d’éducation lubrique de Lydie Salvayre, j’ai, méticuleusement, composé cette collection de précieux petits livres, précieux autant par leur aspect que par les textes, courts, choisis avec minutie, qu’ils contiennent. Je ne pouvais pas rater celui de Christian Garcin, Circé ou une Agonie d’insecte qui vient de sortir.
Pour faire simple, un homme est interpellé par une femme qu’il ne (re)connaît pas, mais qui dit l’avoir rencontré, lui, il y un certain nombre d’années. Elle l’invite chez elle, dans son appartement envahi de plantes de toutes sortes. L’invité s’inquiète :

Toutes les plantes n’étaient peut-être au bout du compte que d’anciens amants désobéissants.

Je regardai ce salon littéralement submergé de plantes menaçantes, ou d’anciens amants insatisfaisants et à jamais figés dans leur détresse muette…

Cette idée m’a amusée, de tous ces types plantés dans le terreau, immobiles et muets à jamais.
À jamais ? Il est vrai que je ne supporte pas les plantes d’intérieur. Quand on m’en offre, je m’applique à les faire crever en oubliant volontairement de les arroser. Si elles sont la réincarnation d’anciens amants comme l’écrit Christian Garcin, chez moi, elles jaunissent rapidement, se dessèchent et disparaissent à jamais.

Je vous conseille d’insister auprès de votre libraire pour vous procurer ce très beau texte… au carré. Insistez, car les circuits de la distribution ne sont pas toujours très coopératifs avec les raretés.
Circé ou Une agonie d’insecte,
Christian Garcin, préface de Christophe Fourvel,
illustrations de Philippe Favier, nouvelle,
collection « Texte au carré », 14×14 cm, 52 p., 2010,
ISBN : 978-2-913388-74-1
10 €

Avant les monstres.

janvier 24, 2010 § 2 Commentaires

Son roman J’aimerais revoir Callaghan est d’actualité puisqu’il est est sorti en début d’année, lors de l’autre seconde rentrée littéraire comme on dit, mais, même si je suis en train de le lire, comme j’aime nager à contre courant, j’aimerais maintenant parler de la précédente publication de Dominique Fabre, Avant les Monstres, parue chez Cadex. D’abord, je voudrais dire que l’objet-livre est très beau, comme tout les livres édités par Cadex. Les illustrations sont de Leòn Diaz-Ronda, des photos floues comme des rêves, comme des souvenirs. De même, chez Dominique Fabre, que ce soit dans ses romans ou dans ce premier recueil de poésies, on est aussi dans le souvenir d’un temps révolu, plus ou moins flou, passé. Il ne s’agit pas de nostalgie à proprement parler, car avant ce n’était pas mieux que maintenant, mais il écrit comme s’il ne voulait pas abandonner sur le bas côté les souvenirs, pierres pour bâtir l’édifice précaire de son existence. On peut lire les première pages sur le site de l’éditeur.
Extrait :

Si c’était mieux qu’ici

La vie
si c’était mieux qu’ici
on dirait qu’elle avance
en traînant les pieds
ou qu’elle vous tombe dessus
à bras raccourcis la

vie
grise et molle
saturée de silence
pleine de couloirs
sans

enchantements
sans se rompre
toute courbée
toute menue

si c’était mieux qu’ici
on dirait qu’elle balance
par-dessus
et ses yeux tout glacés
et ses paupières lourdes
et ses bras d’amour
tout vides

par ici hop venez
et son corps abîmé
et tous ses souvenirs
et sa fente aux poils gris

si c’était mieux qu’ici
vous n’irez nulle part dans
la vie

une route au bout des yeux
un animal meurt à vos pieds

autre extrait :

De quand je suis né
je me rappelle
le globe de la lampe
au bout de fil
les étincelles de son regard
et le nom tiré d’un chapeau
qu’on m’a donné

Dans la maternité
c’est l coeur qui compte
la sage-femme lui dit de pousser
mais pousser quoi ?
les murs les idées dans sa tête
toujours les mêmes et
difficiles à oublier
jusqu’au premier sanglot juste
un peu
tard

Dans la poésie de Dominique Fabre, derrière la simplicité des âmes qui hantent ses lignes, la simplicité des mots qu’il puise dans le quotidien, il y a quelque quelque chose qui touche à …l’universelle condition humaine… comme l’écrit Martine Laval dans Télérama.

Avant les monstres, Dominique Fabre, illustrations de León Díaz-Ronda, poésie, collection « Marine », 14×21,5 cm, 128 p., 2009, ISBN : 978-2-913388-71-0
15 €

Je n’ai pas fait que rêvasser !

mai 11, 2008 § 2 Commentaires

Non, je n’ai pas fait que rêvasser durant ces quelques jours ! J’avais emporté des provisions de lectures. J’ai lu

Mon Quartier de Dominique Fabre

que j’ai eu le plaisir de rencontrer à Nyons, lors de Lire en Mai. Puis quelques livres achetés chez le bouquiniste qui vient sur le marché hebdomadaire :

Promenades avec Robert Walser de Carl Seelig, Il se fait tard, de plus en plus tard d’Antonio Tabucchi, L’ermite de Rick Bass

Puis, j’ai lu un peu la presse, très peu… J’ai noté quand même cet article paru dans Libération vendredi dernier, article un peu iconoclaste sur le Dalaï Lama qu’il ne fait pas de mal de lire en ce moment. J’en ai marre que l’actualité tibétaine polarise sur elle toute l’attention parce que Monsieur Lama (Dalaï) est très médiatique. On y parle de ses liens avec la CIA, entre autres choses. La cause tibétaine tend à jeter dans l’ombre les atteintes aux droits de l’Homme dans le reste de la Chine. Et ça m’énerve !

Où suis-je ?

Entrées taguées Dominique Fabre sur Cousu main.