El Liberador

septembre 21, 2010 § Poster un commentaire

Les personnes qui ne pourront être présentes aux deux ans de la Petite Librairie, peut-être iront-elles à Mont-Dauphin ce week-end ? Elles pourront alors assister au Festival Conte escarpe et plus particulièrement voir le spectacle proposé par la Compagnie Nickel Chrome de Martigues.

Si je fais de la pub, c’est parce qu’ils sont géniaux.

LA VÉRITABLE ÉPOPÉE DE FELIZ SALVADOR DE LA PAMPA DIT EL LIBERADOR.

Le prologue :

Pour des raisons inconnues, certains héros restent inconnus. Féliz Salvador de la Pampa, dit « El Liberador », fait partie de cette catégorie.
Afin de réparer cet injuste oubli et de lui rendre enfin l’hommage qu’il mérite, je vais vous raconter la véritable et fabuleuse épopée de Féliz Salvador de la pampa, dit « El Liberador ».

Petite pièce en douze actes, ou plutôt tableaux, dans laquelle il est raconté l’histoire de Feliz : Dès sa plus tendre enfance, il libère des escargots de la cage où sa grand-mère les a enfermés, et aussi un bonsaï aux racines compressées pour devenir un superbe pommier, une chèvre d’un Monsieur Seguin un peu trop protecteur, des thons pris dans les filets d’un pêcheur sans vergogne … Ainsi, de fil en aiguille, sans cependant avoir l’étoffe d’un héros, il libére son pays, La Pampa, de l’oppression d’un terrible dictateur.

J’ai écrit le texte du spectacle, et grâce à leurs inventions (Nickel Chrome) qu’ils renouvellent, améliorent, peaufinent de représentation en représentation, je reste toujours surprise, émerveillée par leurs trouvailles et par Féliz Salvador de la Pampa, ce héros inconnu qui gagnerait à être connu !

D’autres dates sont prévues. Plus près de chez vous ? Peut-être.

Sur un mur…

juillet 8, 2010 § 6 Commentaires

Les murs parlent.
J’avais essayé de retranscrire le plus fidèlement possible dans un carnet ces mots trouvés sur un mur, les avais, tant bien que mal, photographiés, aussi. Grâce à Google, j’ai facilement trouvé que ce sont des extraits d’un poème d’un certain Josè Martì dont on trouve l’intégralité se trouve ici

Para Aragón, en España
Tengo yo en mi corazón
Un lugar todo Aragón,
Franco, fiero, fiel, sin saña.

Puis on a sauté un passage et on continue ainsi :

Allá, en la vega florida,
La de la heroica defensa,
Por mantener lo que piensa
Juega la gente la vida.

à nouveau un petit saut dans le poème et :

Quiero a la tierra amarilla
Que baña el Ebro lodoso:
Quiero el Pilar azuloso
De Lanuza y de Padilla.

Estimo a quien de un revés
Echa por tierra a un tirano:
Lo estimo, si es un cubano;
Lo estimo, si aragonés.

Mais voilà la suite, n’est pas celle du poème précédent :

No me pongan en lo oscuro
a morir como un traidor
yo soy bueno, y como bueno
moriré de cara al sol.”

traduction : Ne me placez pas dans le noir à mourir comme un traître
Je suis bon et comme les bons, je mourrai face au soleil

C’est un extrait du poème 23 des Versos Sencillos toujours du même José Martí.

Sur un mur, la poésie de José Martí a été écrite au feutre, par une certaine Pilar (elle a signé et daté cette inscription). Elle a d’ailleurs  écrit le mot pilar (pilier) en gros caractères, comme on peut le voir sur la photo ci-dessus.

En lisant Les détectives sauvages où de nombreux poètes sud américains sont cités, pour l’instant je n’ai pas trouvé trace de José Martí. Donc, classiquement je suis allée voir du côté de Wikipédia. Je ne vais pas raconter sa vie ici. Mais quand même, elle n’est pas banale. Je peux résumer ainsi : c’était un poète et un héros cubain. Un héros, un vrai, celui qui meurt pour la cause qu’il défend. En effet, il est tué à la bataille de Dos Rios, bataille de la guerre d’indépendance de Cuba, contre le colonisateur espagnol, à l’âge de 42 ans.
Déporté dès l’âge de 16 ans en Espagne, suite aux évènements de 1868 dit « sédition de Céspedes »,, toute sa vie il va conjuguer une activité littéraire et une activité révolutionnaire.
Il est peu connu en Europe. Pourtant il est une chanson que l’on connaît tous c’est Guantanamera (ce qui signifie fille de Guantanamo) dont les paroles sont d’un certain José Fernández Díaz. En fait, les paroles ressemblent étrangement à un poème de Josè Martì extrait du recueil Versos sencillos. Il s’est fait plagier.

Et Josè Martì en France ? Une place dans le 16ème arrondissement porte son nom. Mais c’est Montpellier qui se distingue :

Le 28 janvier 2009, à l’occasion du 156e anniversaire de sa naissance, un buste de José Marti a été inauguré, boulevard Louis Blanc à Montpellier, première ville en France à posséder l’effigie du poète et homme politique cubain. Ce buste, œuvre du sculpteur cubain Alberto Lescay Merencio, est un don de l’ambassade de Cuba à la ville de Montpellier.

Pour la photo dudit buste, j’irai la chercher moi-même lors d’un prochain passage à Montpellier. De là à aller à Cuba, atterrir à l’aéroport José Marti, y visiter sa maison natale, je ne suis pas encore prête à le faire connaissant mon goût peu prononcé pour les voyages. Mais bon, on se contentera de Montpellier et c’est déjà pas si mal, en étant partie simplement d’une inscription trouvée sur un mur.

Dans les pas de Varda (2- Le lion Volatil)

juin 21, 2010 § 2 Commentaires

Donc la balade entreprise du côté de chez Varda s’est poursuivie sur la place  Denfert-Rochereau.Et ce lieu nous amène au film (court métrage) qu’elle a tourné autour de cette place, Le Lion Volatil (2003) avec Julie Depardieu.

Ce qui est amusant dans cette exploration c’est la présence de la caravane de la voyante.Hélas, l’officine était fermée.

C’est en rêvant qu’on se prépare à la voyance

dit Madame Clara à son apprentie Clarice. Je n’ai pas osé prendre un rendez-vous comme il l’était conseillé sur la caravane. Alors, je me contente de dormir et d’essayer de rêver.

Vous avez remarqué comme on retrouve la cartomancie chez Agnès Varda ?

à suivre peut-être…

Souvenez-vous du début de Cléo de 5 à 7, début en couleur pour un film en noir et blanc. On lui tire les tarots.
Agnès Varda dit à propos des premières images de ce film :

Les tarots, c’est une fiction en couleur. On passe au noir et blanc, la réalité des 90 minutes qui suivent.

Les rêves en couleur, la fiction en couleur, la réalité en noir et blanc ? C’est
à méditer.

Sisyphe version nippone. Je préfère…

mai 18, 2010 § 4 Commentaires

Lu dans le Passage de la nuit de Haruki Murakami :

Trois frères partent pêcher ; ils essuient une tempête, ils dérivent longtemps puis échouent sur la plage d’une île déserte. Très belle, l’île, avec palmiers et tout ; plein de fruits, et, au milieu une très haute montagne ; le soir même, Dieu leur apparaît en rêve et leur dit :  » Sur la plage, un peu plus loin vous trouverez trois gros rochers tout ronds. Le lieu où vous vous arrêterez, ce sera là où vous devrez vivre. Plus vous monterez haut, plus votre vision du monde sera large. Vous êtes libres d’aller jusqu’où vous voulez… Comme Dieu le leur avait dit, les trois frères trouvent les rochers et commencent à les déplacer. Ils sont gros et lourds. Donc très difficiles à faire bouger. D’autant plus qu’il leur faut monter la côte avec. Le plus jeune abandonne le premier.  » Je suis bien ici, déclare-t-il à ses frères. Je ne suis pas loin de la plage, je peux pêcher. C’est suffisant pour vivre. Ça n’est pas si grave si je ne vois pas grand-chose du monde. » Les deux autres continuent. À mi-pente, le deuxième s’arrête. « Bon, dit-il à l’aîné, moi je suis bien ici. Il y a des fruits en abondance. C’est suffisant pour vivre. Ça n’est pas grave si je ne vois pas grand-chose du monde. » L’aîné poursuit l’ascension. Le chemin devient de plus en plus étroit, escarpé. Mais il n’abandonne pas. Il est persévérant et il veut voir la plus grande part du monde possible. Il faut imaginer Sisyphe heureux Gibert Garcin
Il continue donc à pousser son rocher, de toutes ses forces, et parvient au sommet, après plusieurs mois, presque sans avoir mangé ni bu. Là, arrivé à ce point extrême, plus haut que tout homme a pu faire, il s’arrête et observe le monde. Voilà où il allait vivre; Pas d’herbe. Pas d’oiseaux. De l’eau, oui, mais seulement sous forme de glace ou de givre. Guère que de la mousse à ronger. Mais il ne le regrette pas. Car il a pu voir le monde en entier. Et c’est ainsi qu’encore aujourd’hui, au sommet de cette île, quelque part du côté d’Hawaii, il y a un gros rocher rond. Fin de l’histoire. »
Je suis sûre que du côté de Montréal, il y a aussi un gros rocher rond…

Dédicace à Mia Wallace.

Circé au carré

mai 17, 2010 § 1 commentaire

Je fais la collection d’une collection qui s’appelle Texte au Carré des éditions Cadex.

Depuis le premier, Le perron de Dominique Fabre, en passant par Un cri de Pierre Autin-Grenier, Un alibi de rêve de François Salvaing, et aussi Billet pour le Pays Doré d’Éric Faye, Le Voyageur sans voyage de Pierre Cendors et enfin Le petit traité d’éducation lubrique de Lydie Salvayre, j’ai, méticuleusement, composé cette collection de précieux petits livres, précieux autant par leur aspect que par les textes, courts, choisis avec minutie, qu’ils contiennent. Je ne pouvais pas rater celui de Christian Garcin, Circé ou une Agonie d’insecte qui vient de sortir.
Pour faire simple, un homme est interpellé par une femme qu’il ne (re)connaît pas, mais qui dit l’avoir rencontré, lui, il y un certain nombre d’années. Elle l’invite chez elle, dans son appartement envahi de plantes de toutes sortes. L’invité s’inquiète :

Toutes les plantes n’étaient peut-être au bout du compte que d’anciens amants désobéissants.

Je regardai ce salon littéralement submergé de plantes menaçantes, ou d’anciens amants insatisfaisants et à jamais figés dans leur détresse muette…

Cette idée m’a amusée, de tous ces types plantés dans le terreau, immobiles et muets à jamais.
À jamais ? Il est vrai que je ne supporte pas les plantes d’intérieur. Quand on m’en offre, je m’applique à les faire crever en oubliant volontairement de les arroser. Si elles sont la réincarnation d’anciens amants comme l’écrit Christian Garcin, chez moi, elles jaunissent rapidement, se dessèchent et disparaissent à jamais.

Je vous conseille d’insister auprès de votre libraire pour vous procurer ce très beau texte… au carré. Insistez, car les circuits de la distribution ne sont pas toujours très coopératifs avec les raretés.
Circé ou Une agonie d’insecte,
Christian Garcin, préface de Christophe Fourvel,
illustrations de Philippe Favier, nouvelle,
collection « Texte au carré », 14×14 cm, 52 p., 2010,
ISBN : 978-2-913388-74-1
10 €

Cousu Main à Lire en Mai

mai 4, 2010 § 3 Commentaires

Comme tous les ans,

Cousu Main participe à la manifestation nyonsaise

Lire en Mai.

Entre autres invités, Pierre Autin-Grenier sera présent avec Anthelme Bonnard, le « héros » de C’est tous les jours comme ça

Bilan ?

janvier 22, 2010 § 5 Commentaires

JC Bourdais, sur son blog, a repris l’écriture après un mois de silence avec un article intitulé Je ne veux pas que 2010 soit comme 2009 . Nous serions peut-être nombreux à dire la même chose. D’autres pourraient, au contraire, espérer que 2010 soit au moins aussi bien que 2009. Pour savoir ce que l’on peut se souhaiter pour la nouvelle année à peine entamée, il paraît nécessaire de dresser le bilan de 2009 comme l’a fait JCB. En ce qui me concerne, j’ai hésité à me lancer dans l’aventure par peur de constater que j’ai passé 365 jours à procrastiner.

Pour me lancer dans l’exercice du bilan 2009, je vais d’abord m’aider de la grille de JCB.
Évidemment, je ne peux pas commencer comme il l’a fait, lui qui rêve d’aller dans un sous-marin ou monter dans une montgolfière et regrettant une fois de plus de ne pas avoir vécu l’aventure. Moi, ce n’est pas du tout mon truc, mais alors pas du tout. Il n’a pas gagné au loto ? Moi, je n’y joue jamais , donc ne peux pas gagner (car suivant le slogan 100% des gagnants ont tenté leur chance). D’autre part ce dont je ne peux que me féliciter, c’est que contrairement à lui, je ne suis allée à aucun enterrement.
Et puis ça diverge… Il n’a pas aimé Les Onze de Pierre Michon.
Moi, j’ai beaucoup aimé , même si je reconnais m’y être reprise à trois fois avant d’entrer vraiment dans le livre, comme si j’avais ripé sur les premières pages.

Certaines personnes, sur leurs blogs s’amusent à faire les listes des livres lus, films vus etc. pour dresser ce bilan. Pour moi, c’est un exercice impossible car je suis trop désordonnée, lis en vrac, aime ou n’aime pas, en vrac toujours. cimg15991De même pour les films. Il y a les auteurs, les réalisateurs, les mêmes qui m’apportent régulièrement le plaisir de découvrir leur dernier chef d’oeuvre. Rohmer ne le fera plus, les DVD sont là. Agnès Varda, quant à elle, m’a promenée dans ses expositions (1, 2).

Deux livres ont été édités par COUSU MAIN, l’occasion de deux rencontres à mettre dans la colonne des chances inouïes de l’année 2009.
1°) VERTÉBRALES d’Ophélie Jaësan.
2°) Le Lion des Abruzzes d’Angèle Paoli.
Des rencontres avec des mots, des femmes, des amitiés…

Les voyages de l’année 2009 ? Aurillac, Bécon-les-Bruyères, Saint Bonnet de Chirac… Que de l’exotique !

En 2009, je suis devenue prof. Je ne sais toujours pas ce que j’enseigne, mais j’enseigne. Étonnant, non ?

Et puis, il y a eu la vie qui est parfois un fleuve qui sort de son lit. En 2010, on annonce une décrue, paraît-il.

Première phrase ? imagination ? Qu’est-ce qui fait écrire ?

avril 3, 2009 § 3 Commentaires

Ce qui m’épate toujours, c’est qu’une première phrase comme « Longtemps je me suis couché de bonne heure » entraîne les milliers qui suivent. Comment cela fonctionne-t-il ? De quoi naissent les oeuvres?
pistemongole Dans La piste mongole de Christian Garcin, il y a un dialogue entre deux personnages qui tente de répondre à la question :

Moi aussi je crois que j’aimerais écrire.

Rien ne t’en empêche,(…). Il faut te lancer, voilà tout. Même si on croit ne pas avoir grand-chose à raconter, le plus souvent c’est le fait même d’écrire qui génère l’histoire. c’est comme un processus qui s’autoalimente.

Je crois que j’ai de l’imagination (…), c’est toujours ça. Mais ça ne suffit pas, n’est-ce pas ?

Non, ça ne suffit pas,(…). Le produit de l’imagination ne donne pas forcément de la littérature. Et du reste il existe de la bonne littérature très peu imaginative. Mais enfin ce n’est pas non plus antinomique. tout coexiste, je crois.

Ce qui me plaît dans ce dialogue c’est l’idée de l’écriture qui s’autoalimente. Autant dire que dès qu’on a la première phrase, une bonne première phrase du genre « Longtemps je me suis couché de bonne heure. », la suite vient. Plutôt rassurant pour ceux qui n’ont pas d’imagination, ou plutôt qui n’ont pas ficelé leur roman dans leur tête avant de le mettre sur le papier (ou plutôt sur l’écran de l’ordinateur).
L’imagination est à ne pas confondre avec l’inspiration. Antonio Tabucchi faisait dire à ses personnages :

J’aimais peindre mais je n’avais rien à peindre, enfin, je n’avais pas d’inspiration, l’inspiration est fondamentale pour peindre.

C’est certain, (…) sans inspiration la peinture n’est rien, et les autres arts non plus.

Si l’inspiration, c’était cette fameuse première phrase ? Même si celle-ci est déplacée, effacée par la suite, elle permet d’enclencher le processus d’autoalimentation dont parle Christian Garcin.

Juste un mot pour parler de ce foisonnant roman La Piste mongole et un petit clin d’oeil à notre sujet. Celui-ci est fait d’une multitudes de romans qui s’entremêlent. Combien de premières phrases ?
Bien sûr, il y en a une, réelle, définitive, imprimée :

Nous étions debout à l’entrée de la yourte, silencieux, à regarder la jeune femme environnée de fumée qui parlait vite, les yeux fermés, d’une voix monocorde, tandis que la vieille au long nez, assise face à elle et penchée en avant, l’écoutait avec attention, ne l’interrompant qu’à une ou deux reprises, et à tout cela je n’entendais évidemment rien.

J’aurais pu la proposer pour le jeu.

Aux frontières du réel avec David Toscana

mars 20, 2009 § Poster un commentaire

cimg1581_21

Le Mexique était à l’honneur au Salon du Livre et parmi les auteurs invités, il y avait David Toscana dont l’unique ouvrage traduit en français est El último lector chez Zulma et que j’ai eu le plaisir de rencontrer et d’interroger. Je ne vais pas résumer le roman ici, d’autres l’on fait mieux que moi, sinon dire qu’il est question d’une fillette assassinée découverte au fond d’un puits, d’un bibliothécaire qui cherche et trouve la réalité dans les livres et d’un pays esquissé en toile de fond avec ses sombres histoires d’enlèvements et de police corrompue.
david-toscanael-ultimo-lectorm19416 David Toscana confie être hanté depuis l’enfance (il est né en 1961), par le mythe de la petite fille enlevée car c’était une actualité qui existait déjà au Mexique, inconnue chez nous. Des affichettes dans les rues servaient d’avis de recherche. Comme les photos étaient rares le plus souvent, c’était la photo prise lors de la communion, en habit blanc donc, qui servait d’appel à témoins. Il pensait naïvement qu’il arriverait, un jour, à en retrouver une, comme ça, en la croisant dans une rue de sa ville. David Toscana, habité par ces disparitions depuis si longtemps, ne peut s’empêcher d’y faire allusion plus ou moins fortement dans chacun de ses livres.
Dans El último lector , la petite fille découverte au fond d’un puits n’est que le fil conducteur à une longue réflexion sur la frontière entre la fiction et la réalité. Lucio, le bibliothécaire, met en parallèle continuellement ce qu’il y a dans la vie, dans sa vie, et dans les livres qu’il a lus. C’est comme ça que la petite Anamari, puisque c’est ainsi que s’appelle la la fillette disparue – et certainement celle trouvée au fond du puits – devient Babette, l’héroïne d’un roman Un automne à Paris d’un certain Pierre Lafitte, disparue aussi et dont on saura jamais ce qu’il est advenu d’elle.
David Toscana est interrogé sur son rapport qu’il a avec la fiction, car, à un moment il fait dire à un de ses personnages :

… écrire n’est pas vivre et lire ne l’est pas non plus.

Il s’en défend. Pour lui, la fiction, alors qu’on est abreuvé d’images d’actualité, permet d’avoir un regard plus clair sur la réalité, elle alimente notre perception du monde. Le livre parle à l’intime du lecteur.
D’autres questions ont été abordées. Celle la littérature mexicaine, bien sûr, sous un angle légèrement différent par rapport à tout ce qu’on a pu lire dans les journaux à l’occasion du Salon du Livre : Le peu de lecteurs au Mexique, le prix du livre qui y est prohibitif, l’influence des US si proches.
Ce roman n’est pas un polar, car l’enquête est reléguée très rapidement au second plan. L’univers y est borgésien, mais aussi David Toscana décrit une société mexicaine contemporaine, par touches discrètes mais acérées à travers le mur fictionnel bâti par le bibliothécaire.

Petite librairie (2éme édition)

novembre 25, 2008 § Poster un commentaire

La deuxième édition de laPetite Librairie des champs aura lieu le 29 et le 30 novembre 
sur le thème « enfance et mémoire », en présence du poète Denis Hirson
hirson

 Dehors les pneus des voitures adhèrent comme du velcro au macadam mouillé. La lueur blafarde des écrans de télé clignote aux fenêtres. Les actualités encore, et Mandela s’approche avec derrière lui, la porte entrebâillée d’un pays tout entier.
 Je décroche le téléphone et j’appelle l’Afrique du Sud. Je dis hello et l’écho de ma voix me revient du fond de la mer. Hello, répond mon ami. Tu vas bien ? je serre si fort le combiné que ma main blêmit. Quand le vide est rompu, l’air s’engouffre dedans. De l’autre côté de la terre j’écoute le vent.

Et d’éditeurs jeunesse : Passage piétons, Bonhomme vert, Grandir, Rue du Monde, Lirabelle,

ainsi que les éditions Cadex, Temps qu’il fait, Dumerchez, Dessert de Lune, Atelier du Hanneton 

 PROGRAMME du samedi 29 novembre :
 A partir de 14 heures : ouverture de la Petite Librairie
 • de 14 à 16 heures 30 : atelier origami pliage japonais, animé par Chloé Allievi et Mathilde Bourgeois, inscription sur place, participation 1 euro non adhérent.
 • 17 heures : café littéraire animé par Sonia Ritter avec Denis Hirson, poète : l’Afrique du Sud, l’apartheid et les poètes à propos de l’anthologie publiée chez Actes Sud.

 • 18h30 : lecture des poèmes de Denis Hirson : Jardiner dans le noir, publié au Temps qu’il fait.

• Repas partagé (chacun apporte salé/sucré et boisson) avec ceux qui souhaitent échanger avec

Denis Hirson (sur inscription : lapetitelibrairie@gmail.com)

 PROGRAMME du dimanche 30 novembre
 A partir de 10h30 ouverture de la Petite Librairie :
 • De 10h30 à midi trente, atelier minilivres animé par Eliane Berger, ouvert enfants/adultes limité à 10 sur inscription obligatoire: cathandbru13@orange.fr 1 € non adhérent
 • 12h30 apéritif-rencontre avec Denis Hirson :« les Porte-manteaux »
 • 14h30 : lectures, rencontres, littérature jeunesse, auteurs et illustrateurs.

 Un vin chaud clôturera la deuxième ouverture de la Petite Librairie des Champs.
 (participation 50centimes)

Où suis-je ?

Catégorie Non classé sur Cousu main.