Aujourd’hui 29 janvier 2009

janvier 29, 2009 § 2 Commentaires

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La Petite Librairie des Champs prend la couleur rose

janvier 28, 2009 § 3 Commentaires

securedownload-1Exceptionnellement, LA PETITE LIBRAIRIE DES CHAMPS ouvrira ses portes le SAMEDI 14 Février à partir de 17 heures pour vous faire découvrir un autre aspect de la Littérature amoureuse, de Gustave FLAUBERT à Sophie CALLE, avec:

– la performance d’un artiste plasticien, Jean-Claude Gagnieux,
– la lecture de textes libertins,
– une exposition d’oeuvres photographiques et picturales,
– un repas surprise pour un samedi rose (sur inscription obligatoire par mail avant le 6 Février et avec participation de 10 euros),

La librairie sera également ouverte le Dimanche 15 Février de 15h à 18 h.

Pendant ces deux jours, comme à son habitude, la PETITE LIBRAIRIE proposera la vente d’ouvrages.

Dans le « Labyrinthe » de Roberto BOLAÑO

janvier 16, 2009 § 13 Commentaires

Cette photo, je l’ai trouvée ICI, sur Bartelby les yeux ouverts, photo qui sert de point de départ d’une des nouvelles du dernier livre sorti en France de Roberto Bolaño, « Le secret du mal ». Et je dois avouer que d’avoir cette photo sous les yeux durant la lecture de la nouvelle qui s’intitule « Labyrinthe » n’a pu que majorer la sensation excitante d’être un voyeur, voyeur de tous ces personnages surpris derrière  « la présence terrorisée et musicale du rhododendron, dont deux feuilles s’introduisent dans le ficus comme des nuages dans des nuages…« .2007-05-2302497356422
La nouvelle commence ainsi :

Ils sont assis. Ils regardent l’appareil. Eux, ce sont de gauche à droite, J. Henric, J.-J. Goux, Ph. Sollers, J. Kristeva, M.-Th. Réveillé, P. Guyotat, C. Devade et M. Devade.
Au bas de la photo, il n’y a pas de nom d’auteur.

Dans la traduction française, cette photo n’a pas été insérée. Je ne me souviens pas, quand j’avais vu ce livre dans sa version espagnole dans une librairie à Valence lors d’un récent voyage, s’il elle y était. La description méticuleuse qu’en fait Bolaño peut se suffire à elle même, mais la présence de la photo sous les yeux le long de la lecture n’enlève rien au texte, au contraire, elle ajoute un accent de vie, de réalité aux personnages figés sur le cliché et aux extrapolations de l’auteur.

Sur le côté gauche, nous avons, comme nous l’avons déjà dit, J. Henric, c’est à dire l’écrivain Jacques Henric, né en 1938 et auteur de Archées, d’Artaud traversé par la Chine, de Chasses.

À côté de lui se trouve J.-J. Goux. Sur J.-J. Goux, nous ne savons rien. il se prénomme probablement Jean-Jacques, mais dans notre récit, et par commodité, nous continuerons à l’appeler par ses initiales.

À côté de J.-J. se trouve Ph. Sollers, Philippe Soller, l’animateur de Tel Quel né en 1935..

À côté de Sollers, nous avons J. Kristeva, Julia Kristeva, la sémiologue bulgare, sa femme.

À côté de Kristeva, nous avons M.-Th. Réveillé. D’elle, non plus, nous ne savons rien. Il est probable qu’elle se prénomme Marie-Thérèse.

À côté de Marie-Thésèse Réveillé se trouve P. Guyotat, Pierre Guyotat, né en 1940 et auteur de Tombeau pour cinq cent mille soldats, Eden Eden, et Prostitution.

À côté de Guyotat, nous avons C. Devade. Caroline, Carla, Claudine, Colette, Claudine ? Nous ne le saurons jamais. disons par commodité qu’elle s’appelle Carla Devade.

À côté de Carla Devade, nous avons M. Devade. On peut supposer qu’il s’agit de l’écrivain Marc Devade, qui en 1972 était encore membre du comité de rédaction de Tel Quel.

L’auteur scrute la photographie jusque dans les moindres détails, interprète des regards, des attitudes. Les vêtements sont analysés :

Henric, cela saute aux yeux, n’est pas un homme frileux, même si sa chemise de bûcheron canadien a l’air chaude.

Marie-Thérèse Réveillé, par conséquent, est la moins couverte : sous son chandail ouvert, fin en tricot, il n’y a que sa poitrine tenue par un soutien-gorge blanc ou noir.

Puis, Bolaño sort du cadre de la description fidèle pour entrer dans l’extrapolation. En effet, que dit le cliché du soutien-gorge de la Marie-Thérèse en question ? Rien de ce que l’auteur en dit. Et à partir de là, deux fois, la nuit tombe sur la photo. Les personnages quittent leur attitude figée, marchent dans la rue, vaquent à des occupations domestiques, travaillent, font l’amour ou pas.

Dans peu de temps, Sollers et Kristeva se retrouveront ensemble, ils liront après avoir dîné. cette nuit-là, il ne feront pas l’amour.

Bolaño digresse, imagine cette vie dont seule une seconde fixée sur du papier nous est donnée par la photographie de 1977. Puis, il revient autour de la table. Il y a un « gars d’Amérique Centrale, Z,… » hors champ. L’auteur, lui-même ?

Et alors, la photo se ferme et il ne reste flottant dans l’air que la fumée de la Gauloise, comme si la photo s’était soudainement inclinée vers la droite, vers le trou noir du hasard…

C’est l’aurore. « Aurore boréale. Aube de chiens. » La vie, celle incertaine que l’on perçoit en transparence après une nuit d’insomnie, la vie des personnages de la photo continue ailleurs, loin de cette table où un photographe anonyme les a saisis ainsi réunis.

Scruter des photographies par essence muettes est un exercice auquel j’aime à me prêter. Le hors-champ reste cependant plus dans l’hypothèse, l’interrogation en ce qui me concerne. Franchir le cadre et passer à l’imagination ? Je ne sais pas.

Je n’ai pas encore lu tous les textes contenus dans « Le secret du mal ». Ils sont de qualité inégale du fait de leur origine (textes post-mortem trouvés dans l’ordinateur de l’auteur). Labyrinthe suffirait à en  justifier la publication.

Les chats chez Sophie Calle et chez moi.

janvier 12, 2009 § Poster un commentaire

Je parcours le livre de Sophie Calle « M’as-tu vue ». 416a9wc16ml_sl500_aa240_1 J’avais vu l’exposition/rétrospective partielle dont il est question dans ce livre au Centre Pompidou en 2003. Me replonger dans sa quête et ses enquêtes reste toujours un plaisir à la fois dérangeant et passionnant tant la mise en scène de sa vie appelle à la mise en scène des nôtres-ou du moins de la mienne, si j’osais…

En 1998, invitée à exposer dans la maison qu’occupait Sigmund Freud à Londres avant sa mort, j’ai choisi d’introduire dans son intérieur des objets qui occupent une place sentimentale dans ma vie et dont je me suis servie pour mes récits autobiographiques.

n1058245586_30285837_2405 En voici un exemple :

Les chats :

J’ai eu trois chats. Félix mourut enfermé par inadvertance dans le frigidaire. Zoé me fut enlevée, à la naissance d’un petit frère que j’ai haï pour cela. Nina fut étranglée par un homme jaloux qui, plusieurs fois auparavant, m’avait imposé l’alternative suivante : dormir avec le chat ou dormir avec lui. J’avais choisi le chat.

Que dire ? Que la photo n’est pas de Sophie Calle, d’abord et qu’aucun animal n’a subi de tortures pour les besoins de la photo (comme on dit dans les génériques des films !).
Que j’ai eu un petit frère et même une petite soeur. Je n’avais pas de chat à cette époque, mais qu’est-ce que ça change ?
Actuellement, je n’ai pas choisi de dormir avec le chat de la maison, mais c’est lui qui a choisi de dormir avec moi. Bien que je ne le supporte pas, je ne me sens pas de me battre avec lui en pleine nuit. Trop dangereux.

Quand on regarde plus loin que notre nombril…

janvier 11, 2009 § 1 commentaire

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photo Philippe Boisnard

Pas besoin d’attendre la suppression officielle des juges d’instruction pour que cette mesure soit appliquée. En effet, le 6 janvier Ydulne Lévy, arrêtée le 11 novembre à Tarnac, n’avait toujours pas été entendue par un Juge d’Instruction. CQFD !
Beaucoup moins que précédemment, je « m’énerve » peu sur ce blog. Ce n’est pas dû au fait que les sujets d’énervements n’existent plus. Au contraire, peut-être y en a-t-il trop et risqueraient d’envahir complètement les colonnes ? Mais en ce début d’année, au lieu de balancer des voeux auxquels il est difficile de croire, je pique une petite crise d’énervements en constatant ce qui se passe en France, à Gaza, ailleurs… Pour me dire que je suis toujours vivante, qu’on ne doit pas s’habituer à la mise en pièce de notre société, aux emprisonnements arbitraires, aux expulsions inhumaines, à une justice qui n’en est plus une, à la destruction de l’Éducation, la Santé, la Culture… pour le plus grand bonheur d’intérêts privés, à des guerres qui éclatent sans que l’on ne puisse dire ou faire quoi que ce soit. Je ne vais pas continuer la liste des sujets d’énervements, elle serait trop longue. Pour l’an 9, rien de neuf que du rance, du pourri, l’écoeurement total.

Pour alléger le propos, je voudrais parler de Facebook, univers virtuel dans lequel je me suis laissée embarquer, il y a peu. J’y ai retrouvé quelques blogueurs dont je lisais régulièrement les articles sans jamais rien connaître de leur physique. Sur Facebook, au contraire, on n’hésite pas à montrer des photos de soi, soi et encore soi. Nous en avons fait le constat entre blogueurs qui nous connaissions pourtant depuis longtemps, mais jusque-là, uniquement par nos écrits. Là-bas, on a une forte tendance au narcissisme. Afin d’illustrer ce constat, je propose une citation de l’Autofictif d’Éric Chevillard :

Nous avons des excuses aussi à notre égocentrisme : pourquoi le nombril, en effet, si ce n’est pas pour y planter la pointe de notre compas ?

Sur Facebook, il n’y a pas que ça… Heureusement ! Il y a des rencontres comme Philippe Boisnard, vidéaste, artiste numérique, écrivain, l’auteur de la photo plus haut en soutien aux inculpés du 11 novembre, pour ne pas les oublier.

L’amour en fuite… retrouvé

janvier 6, 2009 § 6 Commentaires

lamour-en-fuiteDepuis quelques jours, j’avais besoin de retrouver le texte exact d’un dialogue d’un film de Truffaut, L’amour en fuite. Certes, comme tout inconditionnel, j’ai le livre Les aventures d’Antoine Doinel (Ramsay pour la version poche en 1987) où sont rassemblés les scénarios et dialogues des Quatre cents coups, d’Antoine et Colette, de Baisers volés, et de Domicile conjugal. En ce qui concerne L’amour en fuite, le dernier de la série,

aucun des « divers traitements » et « états » du scénario, tout comme son exemplaire personnel  de travail (…) n’étaient destinés à la publication.

Seul un dossier sur le scénario est donné à la fin de l’ouvrage.
Mais il me fallait du précis. Je voulais retrouver le dialogue original, ne me souvenant même pas exactement de quel instrument jouait Alphonse, le fils d’Antoine Doinel, ne sachant plus s’il s’agissait d’un violon ou d’un violoncelle.
Je devais donc orienter mes recherches ailleurs…
Je suis allée dans mes tiroirs.
J’ai commencé par chercher parmi les DVD, reconstituant depuis des années des collections faites en VHS auparavant. Des Truffaut, j’en ai en DVD, mais pas celui-là.
00222 Alors, j’ai fait de l’archéologie, suis allée plus profond dans les strates, parmi les centaines de cassettes que nous (mes enfants et moi) avons pu accumuler. Miraculeusement, sans trop aller profond, je suis tombée sur une cassette enregistrée à la télévision (France 2). C’est Claude-Jean Philippe qui présente le film dans le cadre du Ciné-club de la chaîne. J’ai toujours les livres de Claude-Jean Philippe Le roman du cinéma qui concernent l’histoire du cinéma de 1928 à 1945 (2 tomes) que je compulse régulièrement.
Dans les années 80, j’ai enregistré des chefs d’oeuvres, des perles qui passaient à la télévision. Des longs métrages, des courts aussi, souvent. Je me demande si cela serait encore possible en voyant la médiocrité des programmes (Certes le 25 décembre nous avons eu droit, aux frais des contribuables, à Bernard Tapie et à Carla Bruni le 1er janvier). Mais tout ça doit changer avec la suppression de la publicité. On va faire du Qlturel ! On peut rêver. Je n’ai plus la télévision et je ne m’en plains pas.
l-amour-en-fuite-24-01-1979-1-gEn attendant, j’ai pu relever la partie du dialogue qui m’intéressait (c’est pratique la VHS car on peut aller en avant et en arrière plus facilement) et des perles comme :

Léautaud… ou tard

ou

Fonce, Alphonse.

Entre autres trésors, ce film de 79 parle du divorce par consentement mutuel, nouveauté Giscardienne (non, comme dit Christine Doinel -Claude Jade- il a été inventé par Napoléon) qui nous semble une évidence de nos jours et qui était un net progrès à l’époque car comme dit l’avocat, ses clients devaient fournir des lettres d’injures que souvent il écrivait et qu’ils devaient recopier pour avoir accès au divorce.
Le seul inconvénient à tout ça, c’est de rebrancher le vieux magnétoscope sur la vieille télévision (millésime 1996). Mais, ça vaut bien cet effort.

La Lidia de Dalì (suite)

janvier 1, 2009 § 4 Commentaires

J’avais raconté dans un précédent billet qui était Lidia Noguer. Étant allée finir l’année passée et commencer la nouvelle à Cadaquès, je me suis plus intéressée aux représentations qu’on trouve d’elle un peu partout dans la petite ville.cimg1465 La Lidia de Noël

Une Lidia rencontrée ce matin :cimg1488

Dans le précédent billet sus cité, j’avais mis une photo d’une Lidia prise à la tombée de la nuit. Je suis retournée voir comment elle se portait :cimg1461

Elle l’avait échappé belle ! Au bord du gouffre, elle était. En effet, les intempéries qui ont eu lieu la semaine dernière ont ravagé pas mal d’endroits de la côte, mais le plus impressionnant reste cet affaissement d’une rue qui longe la mer. Au fond du trou, il restait un gyrophare. C’est celui du camion des pompiers qui passait par là quand la route s’est affaissée.

 

Dalì ne l’aurait pas imaginé.

Où suis-je ?

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