Cadiot en hiver, un mage en été

janvier 28, 2010 § 8 Commentaires

C’est devenu une manie de suivre Olivier Cadiot dès qu’il passe par Avignon. Je l’avais écouté et photographié en 2007 ou en 2009. Autant vous prévenir tout de suite, en 2010, on risque d’en parler beaucoup, du moins sur ce blog. En effet, il est artiste invité avec Christoph Marthaller du 64éme Fesitval d’Avignon, premier écrivain à y participer à ce titre.
Hier soir, il était à Avignon, à la salle Benoît XII et nous a lu des extraits de « Un mage en été » dont on avait eu la primeur l’été dernier. Le texte est toujours en cours d’écriture.
Cette phrase entendue l’été dernier : « Ich mache mir eine kleine Erleichterung » extraite de l’avant-propos du Cas Wagner de Nietzsche, amuse Cadiot. Dans un mage en été le philosophe allemand se fait ce petit allégement en pratiquant le golf !
Ce texte littéraire sera mis en scène par Ludovic Lagarde.

Une remarque personnelle : les photos d’Olivier Cadiot sont moins réussies en hiver qu’en été. Alors, vivement l’été et son mage.

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Avant les monstres.

janvier 24, 2010 § 2 Commentaires

Son roman J’aimerais revoir Callaghan est d’actualité puisqu’il est est sorti en début d’année, lors de l’autre seconde rentrée littéraire comme on dit, mais, même si je suis en train de le lire, comme j’aime nager à contre courant, j’aimerais maintenant parler de la précédente publication de Dominique Fabre, Avant les Monstres, parue chez Cadex. D’abord, je voudrais dire que l’objet-livre est très beau, comme tout les livres édités par Cadex. Les illustrations sont de Leòn Diaz-Ronda, des photos floues comme des rêves, comme des souvenirs. De même, chez Dominique Fabre, que ce soit dans ses romans ou dans ce premier recueil de poésies, on est aussi dans le souvenir d’un temps révolu, plus ou moins flou, passé. Il ne s’agit pas de nostalgie à proprement parler, car avant ce n’était pas mieux que maintenant, mais il écrit comme s’il ne voulait pas abandonner sur le bas côté les souvenirs, pierres pour bâtir l’édifice précaire de son existence. On peut lire les première pages sur le site de l’éditeur.
Extrait :

Si c’était mieux qu’ici

La vie
si c’était mieux qu’ici
on dirait qu’elle avance
en traînant les pieds
ou qu’elle vous tombe dessus
à bras raccourcis la

vie
grise et molle
saturée de silence
pleine de couloirs
sans

enchantements
sans se rompre
toute courbée
toute menue

si c’était mieux qu’ici
on dirait qu’elle balance
par-dessus
et ses yeux tout glacés
et ses paupières lourdes
et ses bras d’amour
tout vides

par ici hop venez
et son corps abîmé
et tous ses souvenirs
et sa fente aux poils gris

si c’était mieux qu’ici
vous n’irez nulle part dans
la vie

une route au bout des yeux
un animal meurt à vos pieds

autre extrait :

De quand je suis né
je me rappelle
le globe de la lampe
au bout de fil
les étincelles de son regard
et le nom tiré d’un chapeau
qu’on m’a donné

Dans la maternité
c’est l coeur qui compte
la sage-femme lui dit de pousser
mais pousser quoi ?
les murs les idées dans sa tête
toujours les mêmes et
difficiles à oublier
jusqu’au premier sanglot juste
un peu
tard

Dans la poésie de Dominique Fabre, derrière la simplicité des âmes qui hantent ses lignes, la simplicité des mots qu’il puise dans le quotidien, il y a quelque quelque chose qui touche à …l’universelle condition humaine… comme l’écrit Martine Laval dans Télérama.

Avant les monstres, Dominique Fabre, illustrations de León Díaz-Ronda, poésie, collection « Marine », 14×21,5 cm, 128 p., 2009, ISBN : 978-2-913388-71-0
15 €

Bilan ?

janvier 22, 2010 § 5 Commentaires

JC Bourdais, sur son blog, a repris l’écriture après un mois de silence avec un article intitulé Je ne veux pas que 2010 soit comme 2009 . Nous serions peut-être nombreux à dire la même chose. D’autres pourraient, au contraire, espérer que 2010 soit au moins aussi bien que 2009. Pour savoir ce que l’on peut se souhaiter pour la nouvelle année à peine entamée, il paraît nécessaire de dresser le bilan de 2009 comme l’a fait JCB. En ce qui me concerne, j’ai hésité à me lancer dans l’aventure par peur de constater que j’ai passé 365 jours à procrastiner.

Pour me lancer dans l’exercice du bilan 2009, je vais d’abord m’aider de la grille de JCB.
Évidemment, je ne peux pas commencer comme il l’a fait, lui qui rêve d’aller dans un sous-marin ou monter dans une montgolfière et regrettant une fois de plus de ne pas avoir vécu l’aventure. Moi, ce n’est pas du tout mon truc, mais alors pas du tout. Il n’a pas gagné au loto ? Moi, je n’y joue jamais , donc ne peux pas gagner (car suivant le slogan 100% des gagnants ont tenté leur chance). D’autre part ce dont je ne peux que me féliciter, c’est que contrairement à lui, je ne suis allée à aucun enterrement.
Et puis ça diverge… Il n’a pas aimé Les Onze de Pierre Michon.
Moi, j’ai beaucoup aimé , même si je reconnais m’y être reprise à trois fois avant d’entrer vraiment dans le livre, comme si j’avais ripé sur les premières pages.

Certaines personnes, sur leurs blogs s’amusent à faire les listes des livres lus, films vus etc. pour dresser ce bilan. Pour moi, c’est un exercice impossible car je suis trop désordonnée, lis en vrac, aime ou n’aime pas, en vrac toujours. cimg15991De même pour les films. Il y a les auteurs, les réalisateurs, les mêmes qui m’apportent régulièrement le plaisir de découvrir leur dernier chef d’oeuvre. Rohmer ne le fera plus, les DVD sont là. Agnès Varda, quant à elle, m’a promenée dans ses expositions (1, 2).

Deux livres ont été édités par COUSU MAIN, l’occasion de deux rencontres à mettre dans la colonne des chances inouïes de l’année 2009.
1°) VERTÉBRALES d’Ophélie Jaësan.
2°) Le Lion des Abruzzes d’Angèle Paoli.
Des rencontres avec des mots, des femmes, des amitiés…

Les voyages de l’année 2009 ? Aurillac, Bécon-les-Bruyères, Saint Bonnet de Chirac… Que de l’exotique !

En 2009, je suis devenue prof. Je ne sais toujours pas ce que j’enseigne, mais j’enseigne. Étonnant, non ?

Et puis, il y a eu la vie qui est parfois un fleuve qui sort de son lit. En 2010, on annonce une décrue, paraît-il.

un clin d’oeil à Agnès Varda

janvier 17, 2010 § 5 Commentaires


Une après-midi grise à écouter tous les requiems de ma collection, j’ai eu envie d’un peu de légèreté. En rangeant ma cuisine, j’ai rencontré cette patate et j’ai immédiatement pensé à Agnès Varda.

C’est tout simple.

OFNI (Objet Filmé Non identifié)

janvier 17, 2010 § 1 commentaire

Toujours Rohmer… On ne se lasse pas de voir et revoir ses films.
Un grand moment de la chanson française.

Pour ceux qui veulent s’exercer chez eux voici les paroles

(tic tac tic tac…)

Bois ton café il va être froid
Bois ton café il va être froid
Tous les matins tu me le dis
Bois ton café il va être froid
Mais au fond de mon petit lit
Mon petit lit de plumes d’oie
Je me réveille doucement
En m’étirant nonchalamment

Je te dis que je rêve encore
Je dis que c’est toujours l’aurore
Qu’on a le temps de s’éveiller
De faire la grasse matinée
Que c’est si doux de bien dormir
Que ça n’devrait jamais finir

Bois ton café il va être froid
Bois ton café il va être froid
Tous les matins tu me le dis
Bois ton café il va être froid
Mais au fond de mon petit lit
Mon petit lit de plumes d’oie
Je me réveille doucement
En m’étirant nonchalamment

Moi j’ai un rêve à terminer
Il va sûrement s’évaporer
Et si t’étais un homme tendre
Ce café-là pourrait attendre
Et si t’étais, si tétais ça
Tu n’dirais pas tu n’dirais pas

Bois ton café il va être froid
Bois ton café il va être froid
Tous les matins tu me le dis
Bois ton café il va être froid
Mais au fond de mon petit lit
Mon petit lit de plumes d’oie
Je me réveille doucement
En m’étirant nonchalamment

Je te dis : cinq minutes encore
Il fallait pas lever les stores
Y a d’la lumière plein les yeux
D’abord d’abord d’abord il pleut
Et je soupire et je murmure
Et je suis sous les couvertures

Bois ton café il va être froid
Bois ton café il va être froid
Tous les matins tu me le dis
Bois ton café il va être froid
Mais au fond de mon petit lit
Mon petit lit de plumes d’oie
Je me réveille doucement
En m’étirant nonchalamment

Mais tu l’as laissé refroidir !
Tu aurais dû me prévenir
J’veux des croissants j’veux des tartines
Dépêche-toi je crie famine
Et je dis ci et je dis ça
Et puis j’en oublie qu’il est là

Bois ton café il va être froid
Bois ton café il va être froid
Tous les matins tu me le dis
Bois ton café il va être froid
Mais au fond de mon petit lit
Mon petit lit de plumes d’oie
Je me réveille doucement
En m’étirant nonchalamment

(Drrriiinnnggg !!!!!)

Quand je disais que Rohmer n’avais jamais rien perdu de sa légèreté…

Éric Rohmer, l’éternelle jeunesse d’un cinéaste

janvier 12, 2010 § 5 Commentaires

C’est classique et convenu de parler des gens quand ils viennent de mourir. Quand ils sont connus, les journalistes se précipitent sur l’aubaine de faire un papier, la « nécro » pour certains dont l’âge était avancé était sous le coude prête à être utilisée au moindre avis de décès. Ce fut le cas pour Éric Rohmer dont on a annoncé la mort hier, à presque 90 ans, l’éventualité avait été envisagée par les journalistes depuis longtemps. Et bien, je vais peut-être en étonner plus d’un, mais je n’avais jamais songé qu’Éric Rohmer puisse mourir, j’attendais un prochain film, patiemment, encore sous le charme de l’indicible liberté dont il avait encore un fois fait preuve dans Les amours d’Astrée et Celadon. Cette inconscience de ma part était due certainement au fait qu’il parlait d’amour comme on en parle à 20 ans.
Et puis, il y a les cadeaux de ceux qui vous aiment ; mon amie m’a offert il y a quelques semaines un coffret de DVD de Rohmer. Nous n’étions pas encore dans la nécro, mais uniquement dans l’admiration pure et simple de ce cinéaste. Je n’avais pas eu encore l’occasion de visionner (ou revoir) un des films qu’il contient. Hier soir, le moment était tout trouvé…
J’ai commencé par La Boulangère de Monceau le premier des six contes moraux :

Puis, j’ai enchaîné par Présentation ou Charlotte et son steak, réalisé alors qu’il avait 21 ans avec un Godard acteur, film muet qui sera doublé plus tard par les voix de Godard et Anna Karina : Première remarque : Elle est bien habile pour marcher ainsi avec des talons sur la neige. Je n’ose même pas tenter la chose devant chez moi ! Rohmer est un tout jeune homme quand il tourne ce court métrage. Le ton de ses films restera le même toute sa vie. C’est pour cela que je le croyais immortel.

Avignon, le 8 janvier 2010

janvier 8, 2010 § 7 Commentaires

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