Pour le jeu « Longtemps, je me suis couché de bonne heure. », j’aurais pu proposer…

février 24, 2009 § Poster un commentaire

Pour le jeu « Longtemps, je me suis couché de bonne heure. » j’aurais pu proposer cette première phrase de roman :

Il paraît, après la guerre, tandis que Brest était en ruines, qu’un architecte audacieux proposa, tant qu’à reconstruire, que tous les habitants puissent voir la mer : on aurait construit la ville en hémicycle, augmenté la hauteur des immeubles, avancé la ville au rebord de ses plages.


C’eût été trop facile, car une indication de poids y figure. En effet, il s’agit de Paris-Brest de Tanguy Viel dont je recommande vivement la lecture.v_9782707320636
Voici ce que l’auteur dit ce cette première phrase, précisément :

La première phrase n’a donc pas la mission de lancer le roman, mais quand je relis ce qui est écrit, je sens que telle phrase sera la première phrase, que si je commence par elle, ça arrache. C’est une énergie pour le lecteur, mais ce n’est pas une énergie pour écrire. C’est un jeu de construction menée presque a posteriori.

Depuis le début, j’étais heureux de mes pages sur Brest. Je les trouvais belles, je les ai retravaillées mille fois jusqu’à la virgule. Elles ouvraient le quatrième ou cinquième chapitre et comme je les trouvaient trop bien, j’ai décidé d’en faire le début.

in Le matricule des anges n°99

Le jeu « Longtemps je me suis couché de bonne heure… »

février 21, 2009 § 18 Commentaires

Je suis une fainéante qui ne trouve pas toujours à alimenter le blog et qui pense que l’hiver vauclusien est bien long. Alors, j’ai l’idée de combler certains vides (pour les vides existentiels s’adresser ailleurs !) en instaurant un jeu qu’une sieste, en ce samedi tellement « parenthèse », m’ a inspiré.
Quand je dis : « Longtemps je me suis couché de bonne heure. » Vous répondez « La recherche du temps perdu. » GAGNÉ ! Quand je dis :  » Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. » Vous répondez « L’étranger » BINGO ! Les première phrases de certains romans , on ne les oublie jamais, comme certaines bandes-son de films qui, quand on les entend nous mettent des images devant les yeux. Ce jeu consiste donc à trouver le roman dont la ou les phrase(s) citée(s) sont le début.
Aujourd’hui, je propose à la vivacité de vos neurones :

On s’en veut quelquefois de sortir de son bain. D’abord, il est dommage d’abandonner l’eau tiède et savonneuse, ou des cheveux perdus enlacent les bulles parmi les cellules de peau fricitionnée, pour l’air brutal d’une maison mal chauffé.

Il n’y a rien à gagner (pas de Rolex ou autre objet de pacotille), juste mon estime et celle des visiteurs du blog ! J’attends vos réponses.

Le livre d’or de Jan

février 17, 2009 § 2 Commentaires

Hier soir, je suis allée à la rencontre organisée par Le Festival d’Avignon, l’occasion de présenter un des invités de la 63é édition, Hubert Colas. Il est l’auteur et metteur en scène d’une pièce qui s’appelle « Le livre d’or de Jan » et qui se jouera au Cloître des Carmes. il s’agit d’une multiplicité de points de vues, ceux des amis d’un artiste disparu, des paroles périphériques qui dessineront le personnage, raconteront des bribes de sa personnalité, façonneront son caractère.
Il a présenté, hier soir, accompagné de quatre de ses acteurs, des échantillons du travail qu’il a entrepris avec eux, qui se veut être une esquisse de l’Homme du XXIe siècle. Lectures et vidéos des répétitions, improvisations se déroulent au Centre Montévidéo à Marseille.
Puis, quelques vidéos de Bas Jan Ader, ont été projetées. Le prénom de Jan lui a été inspirée par cet artiste. Ce qui l’intéresse dans cette démarche c’est le moment où l’on tient, et le moment où l’on tombe… La ressemblance avec le personnage s’arrête là. Il sera à nous, spectateur, de découvrir cet été Jan dont le livre d’or sera ouvert.
Pour info : le programme sera sur le site vers le 18-20 mars.
Un autre regard sur la pièce ici.

Mallarmé, Avignon et Igitur (l’enquête continue)

février 15, 2009 § 5 Commentaires

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« LE POÈTE STÉPHANE MALLARMÉ PROFESSEUR AU LYCÉE HABITA CETTE MAISON DE 1867 À 1871 »

Cette maison se situe au 8 de la rue du Portail Matheron et est dite « la maison du crime » car en 1802, une certaine Catherine Pical et sa fille aînée furent assassinées par une ancienne domestique. cimg1547 La maison qu’occupèrent Stéphane Mallarmé, sa femme et sa fille ne donne pas sur la rue mais se trouve tout au fond de la cour. Il y installe un hamac sous la treille et y écrit la première version du sonnet en -yx.

Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,
L’Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,
Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
Que ne recueille pas de cinéraire amphore

Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx
Aboli bibelot d’inanité sonore,
(Car le Maître est allé puiser ses pleurs au Styx
Avec ce seul objet dont le Néant s’honore.)

Mais proche la croisée au nord vacante, un or
Agonise selon peut-être le décor
Des licornes ruant du feu contre une nixe,

Elle, défunte nue en le miroir, encor
Que, dans l’oubli formé par le cadre, se fixe
De scintillations sitôt le septuor.

C’est dans cette maison qu’il écrivit aussi Igitur.

Mallarmé, Avignon et Igitur

février 14, 2009 § 7 Commentaires

cimg1539Stéphane Mallarmé habita de 1867 à 1871 Avignon où il fut professeur d’anglais. C’est durant cette période qu’il écrivit ce texte pour le moins étrange et énigmatique intitulé IGITUR. Il s’agit d’un conte fantastique et philosophique dont les personnages, outre le héros éponyme, s’appellent le Rêve, l’Idée, le Hasard, l’Absolu, l’Infini, l’Acte, le Néant.

Ce nom étrange d’Igitur peut être rapproché de Te igitur , première prière  quand le prête commence le canon :

c’est le Père que, profondément incliné, le prêtre supplie d’agréer le sacrifice de son Fils par la grâce de ce même Christ.

 

Quel est le rapport ? 

Je n’ai pas de réponse.

Donc Igitur est écrit durant les années où Stéphane Mallarmé habite Avignon. Mais ne sera connu que bien plus tard car ce n’est qu’en 1925 qu’il est publié par son gendre, le docteur Bonniot, qui avait hérité des feuillet enfermés dans une boîte.
Cependant, c’est ce brave Catulle Mendès, qui au retour d’un voyage qu’il avait fait avec Judith Gautier (la fille de Théophile) et Villiers de l’isle-Adam en Prusse chez leur copain Wagner, ils s’étaient arrêtés à Avignon (je ne sais pas où ils se rendaient), chez Mallarmé. Catulle se souvint de nombreuses années après de la lecture qu’il leur fit d’Igitur, à croire qu’il avait été impressionné :

C’est un assez long conte d’Allemagne, une sorte de légende rhénane, qui avait pour titre, -je pense bien ne pas me tromper-Igitur d’Elbenone. Dès les premières lignes je fus épouvanté, et Villiers tantôt me consultait d’un regard furtif, tantôt écarquillait vers le lecteur ses petits yeux gonflés d’effarement.

cimg1542 Le manuscrit d’Igitur se compose d’une cinquantaine ne feuillets de format, d’écriture et de degré très différents. (Ci contre un feuillet de format 19,3 x 29 cm.) Ces feuillets avaient été classés en plusieurs liasses thématiques, les feuillets de chaque liasse, pliés en deux, étant réunis dans le dernier feuillet lui-même plié en deux de façon à former chemise et portant le titre en travers. Pas simple tout ça !
Les titres ? : Le Minuit, Il quitte la chambre, Le Coup de dés, Plusieurs ébauches de la sortie de la chambre, Autre ébauche (de la sortie de la chambre), Vie d’Igitur.

Ce feuillet photographié ici, est l’un des nombreux présentant les plusieurs versions d’un même texte, chaque feuillet étant copieusement raturé et annoté. Je vais retranscrire le début d’une de ces versions :

IL QUITTE LA CHAMBRE ET SE PERD DANS LES ESCALIERS (AU LIEU DE DESCENDRE À CHEVAL SUR LA RAMPE)
L’ombre disparue en l’obscurité, la Nuit resta avec une douteuse perception de pendule qui va s’éteindre et expirer en lui ; mais à ce qui luit et va, expirant en soi, s’éteindre, elle se sait qui le porte encore ; donc, c’est d’elle ! que, nul doute, était le battement ouï, dont le bruit total et dénué à jamais tomba en son passé.

Pas très clair, tout ça.

AUTRE ÉBAUCHE
L’ombre redevenue obscurité, la Nuit demeura avec une perception douteuse de pendule qui va expirer en la perception de lui ; mais à ce qui luit et va probablement expirer en soi, elle se voit encore, qui le porte et c’est donc d’elle que venait le battement ouï, dont le bruit total tombe à jamais dans le passé.

Je vais arrêter là les différentes versions d’un même texte. Car on peut y passer la nuit. Le mystère d’Igitur réside non seulement dans le côté obscur du conte mais aussi dans le fait que Mallarmé n’en a jamais donné de version définitive préférant entasser, mettre de côté, peut-être oublier ces feuillets.

Une exposition à La Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon permet de cheminer dans ce mystère avec des photomontages, vidéos et objet d’une artiste plasticienne, Joëlle Molina. Elle a cherché des codes, a fait des interprétations de ce texte, propose des pistes originales pour l’aborder.

Colère

février 13, 2009 § 3 Commentaires

J’avais dit que je préférais me taire plutôt que de m’énerver incessamment sur ce blog, mais quand j’ai appris la libération de Jean-Charles Marchiani qui a bénéficié d’une grâce de notre « Total Vénéré » Président (et si j’écris le mot Total ne croyez pas que je fais allusion à une compagnie pétrolière qui fait gras de bénéfices) alors que Julien Coupat croupit à la prison de la Santé, je ne peux que faire exploser ma colère sur ce blog. Pourtant, j’ai essayé de me contenir. Désolée.

Quand on n’a rien à dire… (suite)

février 8, 2009 § 7 Commentaires

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Je parlais du ralentissement du rythme des articles sur certains blog, d’autres sont tentés de succomber au billet non obligatoirement quotidien. Alors, même si je n’ai rien à dire, je ne dois pas fermer ma gueule. Faisant du tri de photos sur l’ordinateur, j’ai retrouvé cette série que j’ai appelée « Caroline à la plage« . Je meuble le blog d’une journée d’ennui à la plage, minable, non ?

Où suis-je ?

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