Festival d’Aurillac 2009

août 25, 2009 § 1 commentaire

En vrac

quelques images d’Aurillac…

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Le jeu « longtemps je me suis couché de bonne heure »

août 24, 2009 § 2 Commentaires

La France qui s’est si longtemps méfiée du billet de banque est en littérature le pays d’élection des valeurs fiduciaires.

CIMG1786La photo n’indique aucune piste valable pour trouver le livre et l’auteur dont j’ai transcrit la première phrase ci-dessous. Elle a été prise au Festival d’Aurillac 2009.

L’état de mon cerveau…

août 24, 2009 § 3 Commentaires

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De retour de vacances, je ne trouve pas mieux à dire que la photo ci-dessus, laconique, je l’avoue, mais tellement apaisant.

Beigbeder = Bartleby ?

août 20, 2009 § 1 commentaire

Je prolonge mes vacances tant que c’est possible en me disant qu’il sera toujours temps d’affronter la fournaise et la « civilisation ».
Je suis allée faire un tour, hier au festival d’Aurillac. J’aurais pu mettre les photos que j’y ai faites, mais je n’ai toujours pas le cordon de mon appareil pour les transférer. J’ai assisté à l’inauguration très peu solennelle du Festival en présence du maire et d’un sénateur, je crois, si j’ai bien compris. Ils ont fait un excellent numéro en mettant des masques anti-grippe, pendant qu’un comédien lisait le texte officiel envoyé par la Bachelot pour se prémunir de l’horrible virus, le lieu d’un festival, de rues de surcroît , n’étant pas favorable à l’isolement qu’elle préconise. On est en plein Absurdie, thème choisi pour les 14è rencontres d’Aubrac – auxquelles j’espère pouvoir assister ce soir. La suite de l’inauguration fut très politique avec la ridiculisation de quelques acteurs déguisés en flics, prenant d’assaut la façade de l’Hôtel de Ville et d’autres, en bleu de travail, gréviste voulant tout faire sauter avec des bonbonnes de gaz, jusqu’à ce que l’explosion envoie dans la foule des centaines de nez rouges : « Rire ou périr » est le slogan de cette édition du Festival. Que dire à part ça ? Qu’il y faisait très chaud et que les choix des spectacles, je les ai faits en fonction des lieux et de l’ombre qu’ils proposaient. Très inégaux évidemment.antiques Je n’en retiendrai qu’un, il s’agit d’un peplum : Les Nouveaux Antiques d’une compagnie qui s’appelle Voyages en scène, mais ma sélection est tout à fait personnelle et représente peu de choses au milieu des centaines de spectacles proposés. Un orage a éclaté en fin d’après-midi, juste question de dire que c’en était assez pour moi.
Dans les Inrocks de cette semaine, la rentrée littéraire est lancée et on ne sait plus où donner de la tête. Allons au plus simple, à ce qui n’a pas été publié. Je m’explique. Dans un article de Nelly Kaprièlian, on parle du dernier Beigbeder, mais surtout on révèle dans l’intégralité un passage de son roman qui n’a pas été publié, qui concerne le préfet Jean-Claude Marin :

Personne ne parle de Jean-Claude Marin. Normal : c’est chiant d’être Jean-Claude Marin. Physiquement, Jean-Claude marin ressemble à Alabn Ceray (l’acteur porno) mais sa vie est moins rigolote. Jean-Claude Marin demande des compléments d’informations ou des enquêtes préliminaires, fait appel des jugements, oublie de saisir les juges d’instruction, prononce des non-lieux (affaire des frégates de Taïwan), ou classe les dossiers sans suite. Jean-Claude Marin fait preuve d’une incroyable docilité et, comme tous les gens qui s’écrasent devant les plus forts, il se rattrape sur les plus petits. Il faut savoir que Jean-Claude Marin peut détruire la vie de n’importe quel habitant de la capitale de la France. Cette page est de loin la plus dangereuse que j’aie jamais écrite de ma vie. S’il est agacé, Jean-Claude Marin peut envoyer une escouade de flics chez moi ou chez Grasset quand il veut.

Cette page « dangereuse » a été supprimée. Autocensure de l’auteur, de l’éditeur ? je voudrais faire remarquer qu’il se classe dans la catégorie des « plus petits », des humbles, des anonymes. C’est faire preuve d’une grande modestie, Monsieur Beigbeder. Même par le préfet Jean-Claude Marin, je doute que vous soyez traité comme le commun de vos compatriotes. Ceci dit, ce roman (le titre = Un roman Français ) ne vaudrait le coup que par les pages qui n’y sont pas ! D’ailleurs, rien que l’aperçu de son écriture donnée dans l’extrait ci-dessus, personnellement, ne m’encourage pas à lire le reste. Si ce Roman Français n’avait d’intérêt que par ses pages absentes ? Ainsi, pourrait-on voir en Beigbeder un Bartleby (comme les a définis Enrique Vila-Matas) qui s’ignore ? La seule différence, c’est que contrairement aux Bartleby de la littérature qui sont les auteurs de livres non-écrits, d’œuvres non-réalisées, Beigbeder les a bien écrites, ces pages, mais les a fait disparaître. C’est moins glorieux.

Ce que je fais en vacances…

août 11, 2009 § 1 commentaire

Un phrase extraite de Autoportrait de l’auteur en coureur de fond de Haruki MURAKAMI.

Simplement je continue de courir dans ce vide bien à moi, cousu main en somme, dans mon silence nostalgique.

le jeu « Longtemps je me suis couché de bonne heure »

août 7, 2009 § 3 Commentaires

Laissez tomber les mots fléchés et autres Sodoku de l’été pour faire une petite partie de « Longtemps, je me me suis couché de bonne heure. »
La règle du jeu : Voici la première phrase d’un roman, trouvez duquel.

Quand il se réveillait dans les bois dans l’obscurité et le froid de la nuit il tendait la main pour toucher l’enfant qui dormait à son côté.

La rentrée littéraire ? De l’an dernier, oui…

août 6, 2009 § 2 Commentaires

Alors que dans la torpeur d’un mois d’août certains s’amusent, s’excitent à faire bruisser une rentrée littéraire dont on nous révèle – à nous, lecteurs anonymes – , avec parcimonie quelques titres, quelques auteurs, nous promettant des « premiers romans » révélant un jeune écrivain prometteur, espérant ainsi titiller notre curiosité et nous mettre en appétit, je passe des vacances, avec pour seul choix de lecture, le hasard. Ce hasard est mené parfois par ce que l’on peut appeler des rhizomes, ces liens sous-terrains entre un livre et un autre, un auteur et un autre. D’autres fois, ce sont les amis qui vous tendent un livre, qui n’avait jusque-là jamais croisé votre chemin et que la pause des vacances vous invite à saisir. 41CpVahc9oL._SS500_C’est ce qui s’est passé pour le livre d’Annie Ernaux, Les années qui, je suis désolée de le dire à tous ceux qui vont me traiter de ringarde, date de la dernière « rentrée littéraire », celle de septembre 2008. S’il était besoin de le démontrer, un livre peut vivre un peu plus longtemps que le temps qui lui est imparti par, d’abord, les éditeurs, eux-mêmes et aussi, la promotion que lui octroient les journalistes. Dans le cas de ce livre en particulier, de l’objet de papier qu’il représente, je peux dire qu’il vit encore, puisqu’il circule toujours dans l’entourage de sa propriétaire.
Les années n’est pas une autobiographie, ou du moins n’est pas que cela.

C’(est) un récit glissant, dans un imparfait continu, absolu, dévorant le présent au fur et à mesure jusqu’à la dernière image d’une vie.

L’auteure se raconte certes, mais si peu. C’est à travers les événements, les faits de sociétés, les produits, la consommation qu’elle parle de ce qui a été son environnement, l’environnement de sa vie. Je n’ai pas son âge, mais ses souvenirs deviennent les miens, je me les approprie.

…l’exiguïté des logements obligeait les parents, les frères et les sœurs, à dormir dans la même chambre, la toilette continuait à se faire dans une cuvette, les besoins dans des cabinets au-dehors…

Elle construit l’Histoire et son histoire avec des éléments rassemblés comme indices ou preuves : il y a des photos

…en noir et blanc, en gros plan, une jeune femme et un petit garçon assis l’un près de l’autre (…) Ni la coiffure ni l’ensemble ne sont conformes à l’image qu’on donnera plus tard des années soixante-six ou sept, seule la jupe courte correspond à la mode lancée par Mary Quant.

Les extraits de son journal intime viennent traduire au milieu des descriptions précises des souvenirs les sentiments profonds qui l’habitaient. À cette même époque, elle écrivait :

Je n’ai plus d’idées du tout. Je n’essaie plus d’expliquer ma vie. Je suis une petite-bourgeoise arrivée.

Une casette vidéo tournée ne 1985 dans une classe de seconde où elle enseignait. On lui pose la question :

Quand vous aviez notre âge, comment imaginiez-vous votre vie ? Qu’est-ce que vous espériez ?
Il faudrait réfléchir… pour revenir à seize ans, être sûre… Il faudrait au moins une heure.
… Il faudrait replonger, stagner longtemps dans les images d’elle en classe de seconde, retrouver des chansons et des cahiers, relire le journal intime.

En écrivant Les années, l’intention d’Annie Ernaux est de

Sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais.

Elle l’a fait pour elle, pour nous ses lecteurs qui nous accrochons à tous ces petits indices qui nous parlent de nos années, et à nous glisser dans les questionnements d’une femme qui les a traversées.
À l’heure qu’il est, les libraires font de la place pour accueillir la masse de la rentrée littéraire 2009. On a déjà oublié (ou presque) de quoi était faite la précédente. La pause des vacances permet de vivre hors du temps, d’en oublier la cavalcade infernale, et divaguer au gré des désirs. C’est ainsi que les lectures viennent.

PS : J’avais fait quelques photos pour illustrer le blog, mais j’ai oublié le cordon de mon appareil. Dommage.

PS encore : Les grandes traversées sur France-Culture sont consacrées toute la semaine à Margueritte Duras. Podcast vivement conseillé.

Où suis-je ?

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