Comment devenir malacologue ? L’enquête continue…

mai 28, 2008 § 7 Commentaires

Depuis plusieurs mois, l’enquête concernant la malacologie et plus particulièrement Jean Péchaud – dont on peut lire les épisodes précédents (1, 2, 3 sur le précédent hébergeur du blog) – n’avançait pas. Cela serait mal me connaître que de penser que j’eusse abandonné mes recherches. Des milliers de jeunes qui souhaitent devenir malacologues attendent une réponse sur la filière à suivre.
Hier, un pas a été franchi dans le déroulement de l’enquête qui concerne le dorénavant célèbre Jean Péchaud, imminent malacologue Je me suis rendue sur son lieu de naissance : Chavagnac.

 Je suis allée directement vers l’église, -la mairie étant juste à côté, mais j’ai jugé qu’il n’était pas nécessaire de m’y rendre car la réponse que la dévouée secrétaire m’avait faite (lien) stipulait que les services communaux ne pouvaient pas m’apporter grand-chose ( D’ailleurs, tout y était éteint). Je disais donc que je m’étais dirigée vers l’église (où Jean Péchaud a certainement été baptisé, c’était évident à l’époque) pour explorer l’antique cimetière qui l’entoure à la recherche de membres de sa famille, à la recherche d’autres Péchaud. Sur une première stèle dont la lecture est difficile et dont la photo que j’ai essayé de prendre n’est pas très lisible, je trouvai une Marie Pichot. Je me dis : « Oh ! Quel patronyme ressemblant ! » puis, je continuai et trouvai encore une famille Pichot. Le doute s’insinua en moi. Alors, j’allai vers le monument aux morts du village (je vous rassure, il est à deux pas, car Chavagnac, c’est vraiment très petit) . Je n’y trouvai que deux Pichot et aucun Péchaud. (Chavagnac est vraiment très petit car le nombre des morts durant la première guerre mondiale se compte avec moins des doigts des deux mains.) Aucun Péchaud mort au champ d’honneur. Je commençai à sérieusement douter de l’état civil du « célèbre » malacologue. Alors, n’écoutant que ma curiosité, j’allai au cimetière neuf, à la sortie du village (à deux pas, je répète, le village est vraiment très petit). Et là, je trouvai : .
Bon, que conclure ? Que Jean Péchaud aurait dû s’appeler Pichot ? Certainement, les erreurs d’état civil étaient fréquentes. Ou alors, le père de Jean venu déclarer le rejeton aurait bu un canon de trop qui l’empêchait de prononcer correctement son nom (cette histoire est arrivée à ma grand-mère, son père n’ayant pas été capable d’épeler correctement son nom, car il avait fêté dignement la naissance de sa fille qui s’est vue par conséquent ne pas porter le nom de son père, tout cela se passait hors mariage et à Aubervilliers où l’employé communal n’était pas censé connaître les patronymes de tous ses concitoyens.). Dans Chavagnac, un si petit village, tout le monde se connaissait et une erreur de compréhension du nom d’un villageois semble peu probable. Alors, que s’est-il passé pour l’illustre malacologue dès sa naisance ? C’est en ayant ce type de réflexion que je me dis qu’il aurait été bien de questionner la secrétaire de la mairie de Chavagnac. On aurait su s’il avait été déclaré comme Pichot ou Péchaud.
L’enquête continue.
Au fait, plutôt que la gare de Perpignan, si Chavagnac était le centre du monde ?

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Pomme-fesse ou Patte de loup ?

mai 23, 2008 § 8 Commentaires

Mes amis connaissent ma manie de collectionner les fruits et légumes étranges. La Fanchon a trouvé cette pomme d’une variété bretonne appelée Patte de loup. Elle a eu la gentillesse de me l’envoyer. Cette pomme va rejoindre cette patate et cette prune dans la série des fruits-fesses.

Cousu Main : les livres

mai 21, 2008 § 2 Commentaires

Je devais le faire depuis longtemps, depuis que j’ai déménager le blog : présenter les livres des éditions Cousu Main, ceux encore disponibles. D’autres sont en préparation actuellement. Je n’en parlerai que plus tard.

Poésie

Les nuits de Vollezele
Auteur Sylvie Durbec. Illustrations Brigitte Conesa. 5 €

3
auteurs : Sylvie Durbec et Lucetta Frisa
Illustrations : Susanna Lethinen. 6€

Bref traité de dégrisement
auteurs : Marc Rousselet et Henri Tramoy
Illustrations : François Ridard 6€

 

Cuisine

 

Les carnets de cuisines de Monique et Léo
Auteur : Monique Kouper
Illustrations : Léo Kouper 6€

Les carnets de cuisine de Léa
auteur : Léa Coulanges
Illustrations : Gilles Ribstein 6€

Promenade en barque à Cadaquès

mai 18, 2008 § 1 commentaire

J’avais commis une erreur (grave) dans le précédent article où je disais que Breton était aussi venu à Cadaquès., erreur d’autant plus grave qu’entre lui et Dalì ce n’était pas l’amour fou 

Duchamp était allé une première fois à Cadaquès en 1933 :

Dans un lettre à Man Ray, il érit ceci :

« Nous sommes installé ici avec Mary dans une petite maison sinon délicieuse, au moins suffisante. Temps idéal et peseta charmante. Nous avons une chambre de plus dans laquelle tu pourrais coucher, et nous mangeons à la maison. Dalì est ici avec Gala et nous les voyons souvent. »

 

Il y retourne en août 1958 avec Teeny.

Duchamp avait écrit à monsieur Meliton, le patron du principal café du village qu’il avait rencontré lors de son précédent voyage aveec Mary Reynolds en 1933, pour qu’il leur trouve un appartement à louer pour un mois. L’appartement situé au-dessus d’une étable dans laquelle on entre un âne tous les soirs, ne possède ni terrasse, ni vue sur la mer. Les conditions sont des plus rudimentaires : pas d’eau chaude, un fourneau à bois et des matelas en paille. Teeny est néanmoins ravie.

« Nous passons un séjour des plus délicieux., écrit-elle à sa fille Jackie. je me suis baignée presque tous les jours sur une plage différente ou dans une crique où nous nous rendons à pied. Marcel a été un ange de m’accompagner et il a attrapé plein de coups de soleil.Cadaquès est le plus étrange village que l’on puisse imaginer. »


Au cours de leur séjour, Teeny et Marcel rencontre bien sûr Gala et Dalì. Ce dernier leur propose même une promenade en bateau

« pour leur faire admirer les endroits du Cap de Creus où Bunuel avait filmé les squelettes d’archevêques et la fondation de la ville de Rome dans leur film l’Âge d’or lieu symbolique représenté par un très modeste bloc de ciment érodé par le temps et la tramontane. la mer est toujours un peu agitée à cette entrée du Golfe de Lion. Notre skipper, Gala, connaissait bien la côte et sa grande barque. Pourtant elle ne dissimula pas son mécontentement quand, de retour au môle de Port Lligat, Duchamp mit le pied sur la terre ferme avec un seul mot : « Sauvé ! »

Quelques jours plus tard, sur une carte postale représentant des danseurs de sardane, Duchamp écrit à Marcel Jean :

« Après les sardines de la Côte les sardanes de Cadaquès reposent. (…) Revu le paysage de « L’Âge d’Or » en chair et sans évêques. »

 

Sources :

Cadaquès, aller et retour

mai 15, 2008 § 1 commentaire

porte cadaquès

Dans un commentaire d’un article précédent, PAG m’avait conseiller de lire ce petit livre paru à L’Arpenteur. Je l’en remercie. Donc, de retour de Cadaquès, j’ai lu Cadaquès, aller simple de Philippe-Marie Bernadou. Un couple vient régulièrement depuis vingt ans séjourner dans le petit port Catalan. Léa a disparu. Le narrateur explique au lieutenant chargé de la recherche ce qui les unissait, ce qui les séparait. 

Superbe écriture où l’auteur nous emmène dans ce village où plane l’ombre de Dalì, 

Et Marcel Duchamp. Je crains, chaque fois que je prononce son nom de perdre Léa tellement, il la fascine… Léa le le tient pour le plus grand artiste du siècle. Vous lui demanderez pourquoi…

 

Je suis d’accord avec Léa…

Un jour un Indien, péruvien nous dit-il, son profil d’amulette inca perdu dans la ligne de fuite où disparaissent les cargos, dessine aux crayons de couleur sur un carton de boîte à gâteaux les choses qu’il voit sous la mer. et c’est triste comme l’exil, ce monde sans lumière où est abandonné le surplus de nos vies.

Il a étudié aux beaux-arts de Lima et comme tant d’autres il a fui l’Eldorado pour trouver quelque argent sur le Vieux Continent.

« Le rêve à l’envers, dit Léa.

– Ça n’a jamais été un rêve pour les Indiens, tu sais, ni dans un sens, ni dans l’autre. »

… Puis, il sont parlé peinture, de ce que l’on remonte de l’eau, lorsque l’on crée, et de la difficulté de remailler ses files quand un monstre déraisonnable les a déchirés…

Nous l’avons revu le soir, au restaurant où il faisait le service, et plus jamais depuis.

Léa rêve qu’elle reconnaîtra un jour une de ses toiles dans une galerie. Elle lui souhaite cette revanche.

Philippe-Marie Bernadou évoque ces Indiens qui vivent et surtout travaillent à Cadaquès, vision qu’à une autre époque on aurait qualifiée de surréaliste (puisque le lieu en a l’empreinte) mais qui aujourd’hui correspond à une réalité économique et mondialiste. Ils sont nombreux ces exilés à occuper un emploi. J’ai entendu dire qu’ils seraient payés 4€ de l’heure pour certains. L’Espagne a oublié qu’à une autre époque, c’étaient ses enfants qui émigraient, qui étaient exploités (ici chez nous en France, notamment). La mémoire d’un peuple est soluble dans la cupidité.
De mémoire, d’oubli, c’est de ça dont il est question dans Cadaquès, aller simple. Que laisserons-nous derrière nous ? Les éléments, les rochers du Cap de Creus, les vagues qui s’y fracassent sont là pour replacer l’humain à la dimension temporelle qui est la sienne, minuscule, et donner le vertige face à l’infini, comme on peut l’avoir en haut d’une de ces falaises de pierre noire.

Personne ne se souvient de nous.

Ainsi finit ce récit.

Je n’ai pas fait que rêvasser !

mai 11, 2008 § 2 Commentaires

Non, je n’ai pas fait que rêvasser durant ces quelques jours ! J’avais emporté des provisions de lectures. J’ai lu

Mon Quartier de Dominique Fabre

que j’ai eu le plaisir de rencontrer à Nyons, lors de Lire en Mai. Puis quelques livres achetés chez le bouquiniste qui vient sur le marché hebdomadaire :

Promenades avec Robert Walser de Carl Seelig, Il se fait tard, de plus en plus tard d’Antonio Tabucchi, L’ermite de Rick Bass

Puis, j’ai lu un peu la presse, très peu… J’ai noté quand même cet article paru dans Libération vendredi dernier, article un peu iconoclaste sur le Dalaï Lama qu’il ne fait pas de mal de lire en ce moment. J’en ai marre que l’actualité tibétaine polarise sur elle toute l’attention parce que Monsieur Lama (Dalaï) est très médiatique. On y parle de ses liens avec la CIA, entre autres choses. La cause tibétaine tend à jeter dans l’ombre les atteintes aux droits de l’Homme dans le reste de la Chine. Et ça m’énerve !

Rêvasser tranquillement

mai 6, 2008 § 6 Commentaires


Pouvoir rêvasser tranquillement dans un coin sans avoir constamment des devoirs à remplir, ce n’est certes pas un martyr. Sauf que les gens croient que c’en est un !
Robert Walser.

Où suis-je ?

Vous consultez les archives de mai, 2008 à Cousu main.