Le hasard des rencontres, tampopo, un peuple en petit et Géraldine Monier

mars 28, 2009 § Poster un commentaire

Il est des hasards heureux.  Dans les rues d’Avignon, il existe une galerie, dont à la fois le fonctionnement et les personnes qui y sont exposées, m’ont intéressée. La rue où elle se trouve est peu passante. Il faut la découvrir. Cette galerie porte un nom étrange, TAMPOPO.  Juste à côté de la galerie, il y a un studio d’architecture. C’est, en fait, la même maison. On s’arrête, on discute. L’une des archis s’appelle Géraldine Monier et crée des mondes minuscules, avec des personnages de matière plastique servant habituellement pour les maquettes d’architecture. Ses mondes sont ou clos quand ils sont prisonniers d’un verre retourné ou circonscrits dans des coupelles qui sont suspendues pour certaines. Je n’ai pas encore de photos à présenter de son peuple en petit, comme je l’appelle pour faire référence à une lecture récente – que je conseille au passage -, mais je promets de le faire très bientôt tellement, j’ai été à la fois charmée mais aussi très touchée par ces morceaux d’humanités artificielles qui nous permettent de nous regarder, de loin mais avec beaucoup d’acuité.
Le nom de la galerie m’intriguait. Tampopo veut dire « pissenlit » en japonais, traduction confirmée par Patrick Rebollar, mais c’est surtout le titre d’un film « culte » et que, je ne connaissais pas jusque là. En voici un extrait :

J’aime ces hasards qui me parlent, qui m’entraînent sur des chemins inconnus, des rencontres fortuites qui cette fois-ci avait lieu à la fois avec une oeuvre plastique et sa créatrice mais aussi avec un certain aspect du cinéma. Coup double.

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Sylvie Durbec à la librairie Évadné

mars 24, 2009 § 2 Commentaires

MERCREDI 25 MARS à 18h45 La librairie Évadné à Avignon reçoit

Sylvie Durbec.

sylvie1 Dans le cadre de l’exposition des Maisons et du petit peuple qui occupe actuellement les murs de l’Espace Evadné, elle présentera son dernier ouvrage
Les territoires de la folie publié aux éditions Cousu main.
Ce sera l’occasion de découvrir le peintre suisse Louis Soutter et son compatriote l’écrivain Robert Walser.

Vila-Matas joue aussi à « Longtemps je me suis couché de bonne heure. »

mars 23, 2009 § 5 Commentaires

portada-dietario-volubleDans le son Journal Volubile (Dietario voluble), Enrique Vila-Matas parle des première phrases de romans. Dans la règle du jeu Longtemps je me suis couché de bonne heure j’avais cité à titre d’exemple, deux premières phrases notables. En fait, il en manquait une… Voici ce que Vila-Matas écrit :

…il n’y avait pas deux phrases qui étaient à la fois extrêmement simples et les meilleures de toute l’histoire du roman français, mais trois. La troisième est de Louis-Ferdinand Céline, au début du Voyage au bout de la nuit : « Ça a débuté comme ça. »
« Ça a débuté comme ça. », n’est-ce pas la manière la la plus littérale de commencer ? cela dit le début de Céline n’est simple qu’en apparence. En fait, si on dit cette phrase à voix haute comme si c’était une semonce, on croit entendre un crachat et, dans son violent mépris envers tout, elle résume admirablement le roman tout entier.

Aux frontières du réel avec David Toscana

mars 20, 2009 § Poster un commentaire

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Le Mexique était à l’honneur au Salon du Livre et parmi les auteurs invités, il y avait David Toscana dont l’unique ouvrage traduit en français est El último lector chez Zulma et que j’ai eu le plaisir de rencontrer et d’interroger. Je ne vais pas résumer le roman ici, d’autres l’on fait mieux que moi, sinon dire qu’il est question d’une fillette assassinée découverte au fond d’un puits, d’un bibliothécaire qui cherche et trouve la réalité dans les livres et d’un pays esquissé en toile de fond avec ses sombres histoires d’enlèvements et de police corrompue.
david-toscanael-ultimo-lectorm19416 David Toscana confie être hanté depuis l’enfance (il est né en 1961), par le mythe de la petite fille enlevée car c’était une actualité qui existait déjà au Mexique, inconnue chez nous. Des affichettes dans les rues servaient d’avis de recherche. Comme les photos étaient rares le plus souvent, c’était la photo prise lors de la communion, en habit blanc donc, qui servait d’appel à témoins. Il pensait naïvement qu’il arriverait, un jour, à en retrouver une, comme ça, en la croisant dans une rue de sa ville. David Toscana, habité par ces disparitions depuis si longtemps, ne peut s’empêcher d’y faire allusion plus ou moins fortement dans chacun de ses livres.
Dans El último lector , la petite fille découverte au fond d’un puits n’est que le fil conducteur à une longue réflexion sur la frontière entre la fiction et la réalité. Lucio, le bibliothécaire, met en parallèle continuellement ce qu’il y a dans la vie, dans sa vie, et dans les livres qu’il a lus. C’est comme ça que la petite Anamari, puisque c’est ainsi que s’appelle la la fillette disparue – et certainement celle trouvée au fond du puits – devient Babette, l’héroïne d’un roman Un automne à Paris d’un certain Pierre Lafitte, disparue aussi et dont on saura jamais ce qu’il est advenu d’elle.
David Toscana est interrogé sur son rapport qu’il a avec la fiction, car, à un moment il fait dire à un de ses personnages :

… écrire n’est pas vivre et lire ne l’est pas non plus.

Il s’en défend. Pour lui, la fiction, alors qu’on est abreuvé d’images d’actualité, permet d’avoir un regard plus clair sur la réalité, elle alimente notre perception du monde. Le livre parle à l’intime du lecteur.
D’autres questions ont été abordées. Celle la littérature mexicaine, bien sûr, sous un angle légèrement différent par rapport à tout ce qu’on a pu lire dans les journaux à l’occasion du Salon du Livre : Le peu de lecteurs au Mexique, le prix du livre qui y est prohibitif, l’influence des US si proches.
Ce roman n’est pas un polar, car l’enquête est reléguée très rapidement au second plan. L’univers y est borgésien, mais aussi David Toscana décrit une société mexicaine contemporaine, par touches discrètes mais acérées à travers le mur fictionnel bâti par le bibliothécaire.

Ornans, son enterrement, et le reste…

mars 19, 2009 § Poster un commentaire

courbetContrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’y a pas que des enterrements à Ornans, il y aussi ça !

Comme antidote, je n’ai pas trouvé mieux que ça :
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La vidéo est un montage réalisé par mediapart à partir de l’intégrale visible sur le site de l‘Élysée.

Au jeu des sept, huit… mille erreurs, j’ai perdu !

mars 18, 2009 § 3 Commentaires

Ce matin, comme je le fait régulièrement (et je vous invite à en faire autant.) j’ai lu ou plutôt regardé le blog de Didier Da Silva qui présentait les photos de Julien de Hita qui avait eu la curiosité de lever la tête dans les rues de sa ville.
Sa ville ? Parlons-en. J’ai tout de suite reconnu la mienne, en me disant que j’avais gagné à ce jeu qui n’existait pas. Fière de moi, j’ai écrit un commentaire annonçant ma victoire et j’ai vite déchanté quand l’auteur du blog m’a tout simplement dit que ces photos avaient été prises à Marseille (et d’ailleurs, si mon sens de l’observation avait été développé, j’aurais vu que c’était écrit en petit dans un coin !).
Cependant, je suis allée traîner dans les rues de ma ville pour comprendre pourquoi j’avais été induite en erreur. Voici ce que j’ai trouvé :
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À gauche Marseille, à droite mon bled. Visiblement les caryatides ne sont pas de la même époque ! Première erreur.
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Dans le deuxième cas,toujours pareil, la première Vierge est à Marseille, l’autre qui est en cage, elle est dans mon bled. Encore une erreur !
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3 ème cas : Pas la même attitude ! L’une est en prière, à Marseille, l’autre s’occupe de son bébé ! ERREUR !
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pour finir, dans le genre vierge, blanche, neuve, raide et polie, la première est de Marseille, la deuxième du trou où j’habite. Encore une erreur !
J’ai voulu jouer, j’ai perdu.
Sur le blog de Didier da Silva , il n’y a pas que des photos. Il y a de la musique et de la littérature et on n’est pas obligé de faire des jeux idiots comme il m’a pris d’en faire un aujourd’hui.

Un pas de plus avec Rachid Ouramdane

mars 17, 2009 § Poster un commentaire

cimg1574 Avec les jours qui rallongent, les bourgeons qui éclatent et les merles moqueurs, le prochain Festival d’Avignon (le 63ème) se précise. Hier avait lieu une rencontre avec le chorégraphe Rachid Ouramdane (sur la photo assis avec Vincent Baudriller micro à la main). Voici ce qui était écrit sur le petit papier de présentation de l’artiste :

Rachid Ouramdane pratique la rencontre, filme les visages, recueille les paroles, les témoignages, puis les transforme en gestes, en pas, en images, en sons qu’il monte ensemble de façon subtile, impressionnante et fragile.

Ce sont des extraits de ces témoignages qu’il a présenté hier soir. D’abord, il y eut ce Kurde exilé en France à la suite du génocide perpétré contre cette population par Saddam Hussein. Puis, ce jeune Rwandais qui raconte l’indicible à travers la vision de l’enfant qu’il était alors :cimg1573
Bon, n’oublions pas que Rachid Ouramdane n’est ni historien, ni journaliste mais chorégraphe. Que va-t-il faire de cette matière ? Pour le spectacle « Des témoins ordinaires » qui sera présenté cet été à la Chartreuse, il y aura cinq acteurs-danseurs. Quatre d’entre eux sont des personnes aux articulations hyperlaxes, dont le corps se transforme, se déstructure pour perdre toute attitude humaine et devenir des monstres. La cinquième personne est une danseuse qui tourne, tourne comme un derviche. Les vidéos ? Elles seront projetées sur des sortes de murs immatériels, des écrans de fumées peut-être ?
Rachid Ouramdane bâtit une oeuvre à partir de l’Histoire de notre monde, l’Histoire récente puisqu’elle ne repose que sur des témoignages. La colonisation, la torture, l’exil sont autant de thèmes qu’il aborde.

Pour les curieux, pour les impatients, le pré-programme sera sur le site du Festival dès le 19 mars.

Où suis-je ?

Vous consultez les archives de mars, 2009 à Cousu main.