L’inconnue de la Seine refait surface.

octobre 28, 2010 § 7 Commentaires

Imaginons l’inconnue de la Seine, voguant au fil de l’eau et son aimé/amoureux courant sur la rive…

Tu t’en vas à la dérive

Sur la rivière du souvenir

Et moi, courant sur la rive,

Je te crie de revenir

Mais, lentement, tu t’éloignes

Et dans ma course éperdue,

Peu à peu, je te regagne

Un peu de terrain perdu.

De temps en temps, tu t’enfonces

Dans le liquide mouvant

Ou bien, frôlant quelques ronces,

Tu hésites et tu m’attends

En te cachant la figure

Dans ta robe retroussée,

De peur que ne te défigurent

Et la honte et les regrets.

Tu n’es plus qu’une pauvre épave,

Chienne crevée au fil de l’eau

Mais je reste ton esclave

Et plonge dans le ruisseau

Quand le souvenir s’arrête

Et l’océan de l’oubli,

Brisant nos cœurs et nos têtes,

A jamais, nous réunit.

Lui, on ne l’a jamais retrouvé.

El Liberador

septembre 21, 2010 § Poster un commentaire

Les personnes qui ne pourront être présentes aux deux ans de la Petite Librairie, peut-être iront-elles à Mont-Dauphin ce week-end ? Elles pourront alors assister au Festival Conte escarpe et plus particulièrement voir le spectacle proposé par la Compagnie Nickel Chrome de Martigues.

Si je fais de la pub, c’est parce qu’ils sont géniaux.

LA VÉRITABLE ÉPOPÉE DE FELIZ SALVADOR DE LA PAMPA DIT EL LIBERADOR.

Le prologue :

Pour des raisons inconnues, certains héros restent inconnus. Féliz Salvador de la Pampa, dit « El Liberador », fait partie de cette catégorie.
Afin de réparer cet injuste oubli et de lui rendre enfin l’hommage qu’il mérite, je vais vous raconter la véritable et fabuleuse épopée de Féliz Salvador de la pampa, dit « El Liberador ».

Petite pièce en douze actes, ou plutôt tableaux, dans laquelle il est raconté l’histoire de Feliz : Dès sa plus tendre enfance, il libère des escargots de la cage où sa grand-mère les a enfermés, et aussi un bonsaï aux racines compressées pour devenir un superbe pommier, une chèvre d’un Monsieur Seguin un peu trop protecteur, des thons pris dans les filets d’un pêcheur sans vergogne … Ainsi, de fil en aiguille, sans cependant avoir l’étoffe d’un héros, il libére son pays, La Pampa, de l’oppression d’un terrible dictateur.

J’ai écrit le texte du spectacle, et grâce à leurs inventions (Nickel Chrome) qu’ils renouvellent, améliorent, peaufinent de représentation en représentation, je reste toujours surprise, émerveillée par leurs trouvailles et par Féliz Salvador de la Pampa, ce héros inconnu qui gagnerait à être connu !

D’autres dates sont prévues. Plus près de chez vous ? Peut-être.

Grève

septembre 7, 2010 § 3 Commentaires

Aujourd’hui, Cousu Main est en grève.

Juste pour faire patienter… (Ce matin à la Roche Canilhac)

août 22, 2010 § 5 Commentaires


Silence radio depuis pas mal de temps alors j’envoie quelques photos de mon bout du monde à moi, le Pays Doré, pour faire patienter les impatients.

Sur un mur…

juillet 8, 2010 § 6 Commentaires

Les murs parlent.
J’avais essayé de retranscrire le plus fidèlement possible dans un carnet ces mots trouvés sur un mur, les avais, tant bien que mal, photographiés, aussi. Grâce à Google, j’ai facilement trouvé que ce sont des extraits d’un poème d’un certain Josè Martì dont on trouve l’intégralité se trouve ici

Para Aragón, en España
Tengo yo en mi corazón
Un lugar todo Aragón,
Franco, fiero, fiel, sin saña.

Puis on a sauté un passage et on continue ainsi :

Allá, en la vega florida,
La de la heroica defensa,
Por mantener lo que piensa
Juega la gente la vida.

à nouveau un petit saut dans le poème et :

Quiero a la tierra amarilla
Que baña el Ebro lodoso:
Quiero el Pilar azuloso
De Lanuza y de Padilla.

Estimo a quien de un revés
Echa por tierra a un tirano:
Lo estimo, si es un cubano;
Lo estimo, si aragonés.

Mais voilà la suite, n’est pas celle du poème précédent :

No me pongan en lo oscuro
a morir como un traidor
yo soy bueno, y como bueno
moriré de cara al sol.”

traduction : Ne me placez pas dans le noir à mourir comme un traître
Je suis bon et comme les bons, je mourrai face au soleil

C’est un extrait du poème 23 des Versos Sencillos toujours du même José Martí.

Sur un mur, la poésie de José Martí a été écrite au feutre, par une certaine Pilar (elle a signé et daté cette inscription). Elle a d’ailleurs  écrit le mot pilar (pilier) en gros caractères, comme on peut le voir sur la photo ci-dessus.

En lisant Les détectives sauvages où de nombreux poètes sud américains sont cités, pour l’instant je n’ai pas trouvé trace de José Martí. Donc, classiquement je suis allée voir du côté de Wikipédia. Je ne vais pas raconter sa vie ici. Mais quand même, elle n’est pas banale. Je peux résumer ainsi : c’était un poète et un héros cubain. Un héros, un vrai, celui qui meurt pour la cause qu’il défend. En effet, il est tué à la bataille de Dos Rios, bataille de la guerre d’indépendance de Cuba, contre le colonisateur espagnol, à l’âge de 42 ans.
Déporté dès l’âge de 16 ans en Espagne, suite aux évènements de 1868 dit « sédition de Céspedes »,, toute sa vie il va conjuguer une activité littéraire et une activité révolutionnaire.
Il est peu connu en Europe. Pourtant il est une chanson que l’on connaît tous c’est Guantanamera (ce qui signifie fille de Guantanamo) dont les paroles sont d’un certain José Fernández Díaz. En fait, les paroles ressemblent étrangement à un poème de Josè Martì extrait du recueil Versos sencillos. Il s’est fait plagier.

Et Josè Martì en France ? Une place dans le 16ème arrondissement porte son nom. Mais c’est Montpellier qui se distingue :

Le 28 janvier 2009, à l’occasion du 156e anniversaire de sa naissance, un buste de José Marti a été inauguré, boulevard Louis Blanc à Montpellier, première ville en France à posséder l’effigie du poète et homme politique cubain. Ce buste, œuvre du sculpteur cubain Alberto Lescay Merencio, est un don de l’ambassade de Cuba à la ville de Montpellier.

Pour la photo dudit buste, j’irai la chercher moi-même lors d’un prochain passage à Montpellier. De là à aller à Cuba, atterrir à l’aéroport José Marti, y visiter sa maison natale, je ne suis pas encore prête à le faire connaissant mon goût peu prononcé pour les voyages. Mais bon, on se contentera de Montpellier et c’est déjà pas si mal, en étant partie simplement d’une inscription trouvée sur un mur.

Goethe, Facebook et Bolaño

juin 29, 2010 § 2 Commentaires

J’aurais pu appeler cet article, « de coïncidences en coïncidences » aussi. Mais, je ne vais pas revenir sur ce débat sur le hasard (objectif ou pas) qui m’a occupée, parfois me tarabuste encore mais qui, par bonheur, m’entraîne vers des questionnements qui eux-mêmes se limitent au jeu, rien de plus.

Ce soir, je faisais un cours sur le suicide (et oui, c’est au programme !). Outre que j’ai l’habitude de parler surtout du suicide du sujet âgé  masculin de plus de 85 ans , du suicide au travail (France Télécom, La Poste et Foxconn…), du suicide en prison (La France la première dans l’Europe des 15, triste record…) j’ai parlé bien sûr du suicide chez les adolescents, rebondissant, avant que ce soient les étudiants qui m’en parlent, sur l’affaire de Coursan.  Je m’attendais à la rélefexion : C’est la faute à Facebook. Et ça n’a pas loupé !

Ces jeunes ont communiqué entre eux sur FB et c’est comme ça qu’ils se sont mutuellement entraînés.

Alors, je leur ai parlé de Goethe, Werther, et de l’épidémie de suicides que ce roman avait suscité à travers l’Europe. Ce fut plus lent, le temps que les traductions contaminent toutes les âmes fragiles et romantiques à travers l’Europe. Comme disait Mme de Staël : « Werther a causé plus de suicides que la plus belle femme du monde.. » Pauvre garçon qui souffrit tant pour Lotte La question qu’on peut se poser, c’est si Goethe avait eu accès à Facebook, les ravages qu’il aurait faits ! Imaginons, la gueule qu’aurait eu le Sturm und drang sur Facebook, il y aurait eu sûrement un groupe créé et on aurait dit si on aimait ou pas avec le logo du petit pouce levé.
Donc, après mon petit coup de gueule amical et bienveillant vis à vis de l’étudiante qui a sorti ça (des ministres disent la même chose…), après le cours, j’ai poursuivi la lecture (qui doit être lente pour en garder tout le plaisir) des Détectives Sauvages de Roberto Bolaño.

Voici donc ce que j’y ai trouvé par hasard au milieu des 930 pages, pile poil ce soir :

Il y a une littérature pour les moments où on s’ennuie. Elle est abondante. Il y a une littérature pour les moments où on est calme. c’est la meilleur littérature, je crois. Il y a aussi une littérature pour les moments où on est triste. Il y a une littérature pour les moments où on est joyeux. Il y a une littérature pour les moments où on est désespéré. C’est celle-ci qu’Ulises Lima et Belano ont voulu faire. Grave erreur, comme on va voir dans ce qui suit. Prenons par exemple, un lecteur moyen, un type tranquille, cultivé, mûr, menant une vie plus ou moins saine. Un homme qui achète des livres et des revues de littérature. Bon, voilà. Cet homme peut lire ce qui est écrit pour les moments où on est serein, les moments où on est apaisé, mais il peut lire n’importe quel genre de littérature, d’un oeil critique, sans complicités absurdes ou lamentables, avec détachement. Voilà ce que je crois. Je ne veux vexer personne. Maintenant prenons le lecteur désespéré, celui à qui est supposée s’adresser la littérature des désespérés. Qu’est-ce que vous voyez d’abord ? D’abord : il s’agit d’un lecteur adolescent ou d’un adulte immature troublé qui a des nerfs à fleur de peau. C’est le crétin typique (vous me passerez l’expression) qui se suicidait après avoir lu Werther.

Donc peut-on conclure que les pages de Die Leiden des jungen Werther sont aussi toxiques que Facebook ?
Bolaño venait de me donner raison, du moins appuyer mes arguments. D’ailleurs, il n’y pas que dans ma salle de classe que de tels raccourcis sont prononcés : ça l’est aussi par quelques journalistes qui se délectent de faire de FB la mère de tous les maux d’une société.

PS : Ça n’a rien à voir, mais alors absolument rien à voir, mais comme l’an dernier j’ai couru la course de la traversée des Dentelles à Gigondas en 2h16. Je sais que certains voulaient avoir des nouvelles.

Dans les pas de Varda (2- Le lion Volatil)

juin 21, 2010 § 2 Commentaires

Donc la balade entreprise du côté de chez Varda s’est poursuivie sur la place  Denfert-Rochereau.Et ce lieu nous amène au film (court métrage) qu’elle a tourné autour de cette place, Le Lion Volatil (2003) avec Julie Depardieu.

Ce qui est amusant dans cette exploration c’est la présence de la caravane de la voyante.Hélas, l’officine était fermée.

C’est en rêvant qu’on se prépare à la voyance

dit Madame Clara à son apprentie Clarice. Je n’ai pas osé prendre un rendez-vous comme il l’était conseillé sur la caravane. Alors, je me contente de dormir et d’essayer de rêver.

Vous avez remarqué comme on retrouve la cartomancie chez Agnès Varda ?

à suivre peut-être…

Souvenez-vous du début de Cléo de 5 à 7, début en couleur pour un film en noir et blanc. On lui tire les tarots.
Agnès Varda dit à propos des premières images de ce film :

Les tarots, c’est une fiction en couleur. On passe au noir et blanc, la réalité des 90 minutes qui suivent.

Les rêves en couleur, la fiction en couleur, la réalité en noir et blanc ? C’est
à méditer.

Où suis-je ?

Catégorie la vie sur Cousu main.