Avignon, le 8 janvier 2010

janvier 8, 2010 § 7 Commentaires

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Invitations

mai 25, 2009 § 4 Commentaires

Voici une invitation à venir nous rencontrer invitationprefecture
et une invitation à lire ce bel article sur Vertébrales d’Ophélie Jaësan, ici

Mallarmé, Avignon et Igitur (l’enquête continue)

février 15, 2009 § 5 Commentaires

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« LE POÈTE STÉPHANE MALLARMÉ PROFESSEUR AU LYCÉE HABITA CETTE MAISON DE 1867 À 1871 »

Cette maison se situe au 8 de la rue du Portail Matheron et est dite « la maison du crime » car en 1802, une certaine Catherine Pical et sa fille aînée furent assassinées par une ancienne domestique. cimg1547 La maison qu’occupèrent Stéphane Mallarmé, sa femme et sa fille ne donne pas sur la rue mais se trouve tout au fond de la cour. Il y installe un hamac sous la treille et y écrit la première version du sonnet en -yx.

Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,
L’Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,
Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
Que ne recueille pas de cinéraire amphore

Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx
Aboli bibelot d’inanité sonore,
(Car le Maître est allé puiser ses pleurs au Styx
Avec ce seul objet dont le Néant s’honore.)

Mais proche la croisée au nord vacante, un or
Agonise selon peut-être le décor
Des licornes ruant du feu contre une nixe,

Elle, défunte nue en le miroir, encor
Que, dans l’oubli formé par le cadre, se fixe
De scintillations sitôt le septuor.

C’est dans cette maison qu’il écrivit aussi Igitur.

Aujourd’hui 29 janvier 2009

janvier 29, 2009 § 2 Commentaires

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des journées tout à fait décousues

juillet 29, 2008 § 5 Commentaires

Il est difficile d’écrire sur un sujet quand les journées sont composées de morceaux de vie si hétéroclites, inclassables dans l’une des catégories de la liste se trouvant dans la colonne de gauche. Je vais quand même essayer de trouver un fil, même si tout cela paraît très décousu.
Commençons par n’importe quel bout :
Hier soir, j’accompagnai mes neveux au cinéma. Nous avions décidé d’aller voir L’incroyable Hulk, film pour lequel je ne ferai pas de commentaires dans ces lignes. Ça n’en vaut pas le coup. Nous allions tranquillement à pied au cinéma, et par chance, nous tombons sur la fin d’une foire à la brocante installée sur les allées, qui durait sur deux jours et que j’avais pourtant pris le temps d’explorer la veille. Beaucoup de brocanteurs avaient déjà remballé leur marchandise, d’autres étaient en train de le faire. Voilà que je trouve deux faux magnifiques ! Je demande au marchand qui charge son camion à quel prix elles étaient. Il m’annonce qu’il me les fait à 30 € les deux au lieu de 40, je lui dis que je n’en veux qu’une, il me la laisse à 15 € et me voici avec une faux à la main, une séance de cinéma dans un quart d’heure et les neveux qui piaffent d’impatience… L’endroit de la transaction se trouvant à mi-distance entre chez moi et le cinéma, je décidai de retourner en courant la déposer à mon domicile, la présence d’une faux n’aurait pas été bien perçue dans une salle de cinéma. Les neveux m’ont attendue à l’ombre d’un platane et nous sommes arrivés pile pour le début du film, nous n’avons rien raté !
Pourquoi une faux ? Je parlais dans le précédent article de la littérature de chiottes et précisais que personnellement je préférais, tant que c’était possible, lire dans le pré au Pays Doré. Mais, un pré, ça se fauche ! Bien sûr, il y a la débroussailleuse, mais cet engin est infernal, bruyant, polluant, alors qu’une bonne faux et un bon faucheur, fait le même travail tout aussi rapidement et efficacement, sans bruit. Dans quelques jours, je pars pour le Pays Doré avec ma faux, et aussi de la lecture : 2666 de Roberto Bolaño. 1015 pages que j’ai déjà un peu entamées. Je n’ai pas pu résister.
Un extrait pour alimenter la catégorie « Avignon dans la littérature« , un extrait maigre où il est peu fait allusion à la ville :

Ils se retrouvèrent tous les quatre au colloque de littérature européenne de l’après-guerre qui se déroulait à Avignon fin 1994. (…) Ils finissaient toujours par se retrouver tous les quatre à marcher dans les rues d’Avignon avec la même insouciante joie que dans les rues noires et bureaucratiques de Brême et que dans les rues bigarrées que le futur leur gardait en réserve. (…)
… tous les quatre en ligne et arrêtés auprès du parapet d’un fleuve historique, c’est à dire qui n’était plus sauvage, à parler de leur obsession allemande sans s’interrompre les uns les autres, exerçant et savourant l’intelligence de l’autre, avec de longs intervalles de silence que même la pluie ne pouvait troubler.

Ce fleuve est-il le Rhône, mais, à part sur les ponts qui ne sont pas à proprement parler des lieux de promenades nocturnes, et le Pont Saint Bénézet qui lui et fermé au public le soir, il n’y a pas de parapets pour contempler le fleuve.

Un peu vague cette allusion à Avignon mais, comme je l’ai dit, c’était pour alimenter le catégorie…
Je prépare la liste de mes bagages pour partir au Pays Doré :

  1. 2666
  2. une faux

à compléter…

Breton à Avignon

juillet 22, 2008 § 3 Commentaires


La série continue : après Roberto Bolaño, retrouvons les traces d’André Breton à Avignon, dans NADJA :

Ce n’est pas moi qui méditerai sur ce qu’il advient de « la forme d’une ville », même de la vraie ville distraite et abstraite de celle que j’habite par la force d’un élément qui serait à ma pensée ce que l’air passe pour être à la vie. Sans aucun regret, à cette heure je la vois devenir autre et même fuir. Elle glisse, elle brûle, elle sombre dans le frisson des herbes folles de ses barricades, dans le rêve des rideaux de ses chambres où un homme et une femme continuent indifféremment de s’aimer. Je laisse à l’état d’ébauche ce paysage mental, dont les limites me découragent en dépit de son étonnant prolongement du côté d’Avignon, où le Palais des Papes n’a pas souffert des soirs d’hiver et des pluies battantes, où un vieux pont a fini par céder sous une chanson enfantine, où une main merveilleuse et intrahissable m’a désigné une vaste plaque indicatrice bleu ciel portant ces mots : LES AUBES.

Quand Breton parle de « la forme d’une ville » il fait allusion au poème de Baudelaire, le cygne : la forme d’une ville/ change, hélas, plus vite que le coeur d’un mortel.

Quand Breton écrit Nadja, il s’est rendu une première fois à Avignon, le 20 novembre 1927, lors d’une escapade dans le midi avec Suzanne Muzard, la maîtresse qu’il a enlevé (provisoirement) à Emmanuel Berl. C’est cette étape qui lui inspire ce passage de Nadja.

Il y retourne le 20 mars 1930 avec Claire (une danseuse du Moulin-Rouge) et descend à l’hôtel Régina. Il est rejoint par Char et Éluard. C’est au cours de ce séjour qu’ils écriront l’ouvrage collectif Ralentir travaux.

Par la suite, il y retourne notamment, durant l’été 1931, avec Valentine Hugo qui prendra la photo de la vaste plaque indicatrice bleu ciel portant ces mots : LES AUBES. Je précise que ce le chemin des Aubes se trouve sur l’île de la Barthelasse. Il devait s’agir du panneau d’une guinguette qui n’existe plus de nos jours. (Baudelaire avait raison, la forme d’une ville change, hélas, plus vite que le coeur d’un mortel.)


En parcourant Avignon en ce moment, pas de trace de Breton… mais des prospectus, des affiches, des parades, pour la promotion du millier de spectacles « off » présentés, la cohue d’une foule curieuse et souvent indécise, des personnages plus ou moins sympathiques, même franchement pervers, qui profitent de l’anonymat que leur offre la multitude, des porteurs de pseudo-panama et pantalon de lin avec le programme sous le bras, des spectacles off du off qui s’improvisent dans la rue… Quelle est la forme de cette ville, en ce moment ?

Où suis-je ?

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