Des nouvelles du Pays Doré

août 13, 2008 § 3 Commentaires


Je suis très occupée, par les cueillettes, de groseilles… Mais aussi les myrtilles et les framboises. Et puis, il faut transformer tout ça en gelées et confitures. J’utilise aussi le temps à rêvasser tranquillement. Vous voulez des nouvelles de la faux ? Elle a été bichonnée, affûtée par le voisin. Il m’a même offert une pierre à aiguiser. De mon côté, j’ai traité au xylophène® le manche un peu vermoulu. Et au travail ! Sauf que le manche n’était pas qu’un peu vermoulu puisque il s’est brisé !

La lecture de 2666 avance (page 400 ce matin !)
Il paraît qu’il y a des Jeux Olympiques à Pékin et une guerre en Géorgie…

Les territoires de la folie chez Bolaño

août 2, 2008 § 2 Commentaires

J’ai déjà parlé à plusieurs reprises du prochain livre qui sera édité par Cousu Main intitulé Territoires de la folie. Il y est question de Louis Soutter et Robert Walser, artiste et écrivains suisses, qui ont tous les deux connu l’asile d’aliénés, l’un à Baillaigues et l’autre à Herisau.
 Je lis l’ultime roman de Roberto Bolaño 2666. Là aussi il est question d’un asile d’aliénés en Suisse.

Ensuite il parla d’un voyage en train, (…) en direction de l’un des villages à mi-chemin entre Montreaux et les contreforts des Alpes bernoises où ils avaient loué un taxi qui les avait amené, par un sentier zigzagant, mais scrupuleusement asphalté, vers une maison de repos qui arborait le nom d’un homme politique ou d’un financier suisse de la fin du XIXe siècle, la clinique Auguste-Demarre, nom irréprochable derrière lequel se cachait un fort civilisé et discret asile d’aliénés.

Je n’ai trouvé ni banquier ni financier suisse s’appelant Auguste Demarre, juste un Jean François Auguste Demarre, Maire officier de l’état civil de la commune de Goult, département de Vaucluse, en 1863.
Je continue :

…là s’était enterré vivant un peintre que l’Italien tenait pour l’un des plus inquiétant du XXe siècle. (…) Le nom de ce peintre était Edwin Johns et il s’était coupé la main droite, la main avec laquelle il peignait , l’avait embaumée et l’avait collée sur une sorte d’autoportrait multiple.

Voici comment les choses s’étaient passées :

Un matin, après deux jours d’activité fébrile consacrée à ses autoportraits, le peintre s’était tranché la main avec laquelle il peignait. Immédiatement après il s’était fait un garrot au bras et avait apporté la main à un taxidermiste qu’il connaissait et qui était déjà au courant de la nature du nouveau travail qui l’attendait. Ensuite le peintre s’était dirigé vers un hôpital, où l’on mis fin à l’hémorragie et procéda à la suture de la plaie. À un certain moment, quelqu’un lui demanda comment était arrivé l’accident. Il répondit que sans le faire exprès, tandis qu’il travaillait, il s’était coupé la main d’un coup de machette. Les médecins lui demandèrent où était la main coupée, car il était toujours possible d’essayer de la greffer. Il dit qu’alors qu’il se rendait à l’hôpital, à la fois de colère et de douleur, il l’avait jetée dans le fleuve.

Cette histoire du personnage du roman de Bolaño m’a fait pensé à celle de l’artiste Pierre Pinoncelli dont on a entendu parler récemment lors de la libération d’Ingrid Betancourt. En effet,il est plus connu pour ses attaques contre l’urinoir de Duchamp à Nîmes au Carré d’Art en 1993 et au Centre Pompidou en 2006 que pour son acte fou, héroïque qu’il fit à Cali en juin 2002 en hommage à la franco-colombienne otage des FARC : il se trancha une phalange du petit doigt ( la photo ci-contre).
La ressemblance est troublante avec le Edwin Johns de 2666 mais s’arrête là. Pinoncelli ramassa le morceau de doigt une fois sur le sol, après le deuxième coup de hache (le premier ayant raté), « il ressemblait à un vers luisant » , il dessina avec lui un coeur sur sa poitrine avec le sang puis écrivit le mot FARC sur le mur qu’il entacha de sang.
Contrairement à Edwin Johns, Pinoncelli n’est pas interné ni en France, ni en Suisse, ni ailleurs.

des journées tout à fait décousues

juillet 29, 2008 § 5 Commentaires

Il est difficile d’écrire sur un sujet quand les journées sont composées de morceaux de vie si hétéroclites, inclassables dans l’une des catégories de la liste se trouvant dans la colonne de gauche. Je vais quand même essayer de trouver un fil, même si tout cela paraît très décousu.
Commençons par n’importe quel bout :
Hier soir, j’accompagnai mes neveux au cinéma. Nous avions décidé d’aller voir L’incroyable Hulk, film pour lequel je ne ferai pas de commentaires dans ces lignes. Ça n’en vaut pas le coup. Nous allions tranquillement à pied au cinéma, et par chance, nous tombons sur la fin d’une foire à la brocante installée sur les allées, qui durait sur deux jours et que j’avais pourtant pris le temps d’explorer la veille. Beaucoup de brocanteurs avaient déjà remballé leur marchandise, d’autres étaient en train de le faire. Voilà que je trouve deux faux magnifiques ! Je demande au marchand qui charge son camion à quel prix elles étaient. Il m’annonce qu’il me les fait à 30 € les deux au lieu de 40, je lui dis que je n’en veux qu’une, il me la laisse à 15 € et me voici avec une faux à la main, une séance de cinéma dans un quart d’heure et les neveux qui piaffent d’impatience… L’endroit de la transaction se trouvant à mi-distance entre chez moi et le cinéma, je décidai de retourner en courant la déposer à mon domicile, la présence d’une faux n’aurait pas été bien perçue dans une salle de cinéma. Les neveux m’ont attendue à l’ombre d’un platane et nous sommes arrivés pile pour le début du film, nous n’avons rien raté !
Pourquoi une faux ? Je parlais dans le précédent article de la littérature de chiottes et précisais que personnellement je préférais, tant que c’était possible, lire dans le pré au Pays Doré. Mais, un pré, ça se fauche ! Bien sûr, il y a la débroussailleuse, mais cet engin est infernal, bruyant, polluant, alors qu’une bonne faux et un bon faucheur, fait le même travail tout aussi rapidement et efficacement, sans bruit. Dans quelques jours, je pars pour le Pays Doré avec ma faux, et aussi de la lecture : 2666 de Roberto Bolaño. 1015 pages que j’ai déjà un peu entamées. Je n’ai pas pu résister.
Un extrait pour alimenter la catégorie « Avignon dans la littérature« , un extrait maigre où il est peu fait allusion à la ville :

Ils se retrouvèrent tous les quatre au colloque de littérature européenne de l’après-guerre qui se déroulait à Avignon fin 1994. (…) Ils finissaient toujours par se retrouver tous les quatre à marcher dans les rues d’Avignon avec la même insouciante joie que dans les rues noires et bureaucratiques de Brême et que dans les rues bigarrées que le futur leur gardait en réserve. (…)
… tous les quatre en ligne et arrêtés auprès du parapet d’un fleuve historique, c’est à dire qui n’était plus sauvage, à parler de leur obsession allemande sans s’interrompre les uns les autres, exerçant et savourant l’intelligence de l’autre, avec de longs intervalles de silence que même la pluie ne pouvait troubler.

Ce fleuve est-il le Rhône, mais, à part sur les ponts qui ne sont pas à proprement parler des lieux de promenades nocturnes, et le Pont Saint Bénézet qui lui et fermé au public le soir, il n’y a pas de parapets pour contempler le fleuve.

Un peu vague cette allusion à Avignon mais, comme je l’ai dit, c’était pour alimenter le catégorie…
Je prépare la liste de mes bagages pour partir au Pays Doré :

  1. 2666
  2. une faux

à compléter…

Où suis-je ?

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