El Liberador

septembre 21, 2010 § Poster un commentaire

Les personnes qui ne pourront être présentes aux deux ans de la Petite Librairie, peut-être iront-elles à Mont-Dauphin ce week-end ? Elles pourront alors assister au Festival Conte escarpe et plus particulièrement voir le spectacle proposé par la Compagnie Nickel Chrome de Martigues.

Si je fais de la pub, c’est parce qu’ils sont géniaux.

LA VÉRITABLE ÉPOPÉE DE FELIZ SALVADOR DE LA PAMPA DIT EL LIBERADOR.

Le prologue :

Pour des raisons inconnues, certains héros restent inconnus. Féliz Salvador de la Pampa, dit « El Liberador », fait partie de cette catégorie.
Afin de réparer cet injuste oubli et de lui rendre enfin l’hommage qu’il mérite, je vais vous raconter la véritable et fabuleuse épopée de Féliz Salvador de la pampa, dit « El Liberador ».

Petite pièce en douze actes, ou plutôt tableaux, dans laquelle il est raconté l’histoire de Feliz : Dès sa plus tendre enfance, il libère des escargots de la cage où sa grand-mère les a enfermés, et aussi un bonsaï aux racines compressées pour devenir un superbe pommier, une chèvre d’un Monsieur Seguin un peu trop protecteur, des thons pris dans les filets d’un pêcheur sans vergogne … Ainsi, de fil en aiguille, sans cependant avoir l’étoffe d’un héros, il libére son pays, La Pampa, de l’oppression d’un terrible dictateur.

J’ai écrit le texte du spectacle, et grâce à leurs inventions (Nickel Chrome) qu’ils renouvellent, améliorent, peaufinent de représentation en représentation, je reste toujours surprise, émerveillée par leurs trouvailles et par Féliz Salvador de la Pampa, ce héros inconnu qui gagnerait à être connu !

D’autres dates sont prévues. Plus près de chez vous ? Peut-être.

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Cadiot en hiver, un mage en été

janvier 28, 2010 § 8 Commentaires

C’est devenu une manie de suivre Olivier Cadiot dès qu’il passe par Avignon. Je l’avais écouté et photographié en 2007 ou en 2009. Autant vous prévenir tout de suite, en 2010, on risque d’en parler beaucoup, du moins sur ce blog. En effet, il est artiste invité avec Christoph Marthaller du 64éme Fesitval d’Avignon, premier écrivain à y participer à ce titre.
Hier soir, il était à Avignon, à la salle Benoît XII et nous a lu des extraits de « Un mage en été » dont on avait eu la primeur l’été dernier. Le texte est toujours en cours d’écriture.
Cette phrase entendue l’été dernier : « Ich mache mir eine kleine Erleichterung » extraite de l’avant-propos du Cas Wagner de Nietzsche, amuse Cadiot. Dans un mage en été le philosophe allemand se fait ce petit allégement en pratiquant le golf !
Ce texte littéraire sera mis en scène par Ludovic Lagarde.

Une remarque personnelle : les photos d’Olivier Cadiot sont moins réussies en hiver qu’en été. Alors, vivement l’été et son mage.

Festival d’Aurillac 2009

août 25, 2009 § 1 commentaire

En vrac

quelques images d’Aurillac…

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Olivier Cadiot : Un mage en été.

juillet 25, 2009 § 5 Commentaires

Les années se suivent et se ressemblent et, dans certains cas, il n’est pas lieu de se plaindre. En effet, il y a deux ans, dans la cour du musée Calvet, j’avais assisté à une lecture faite par Olivier Cadiot de  » un nid, pour quoi faire ?  » dont j’avais parlé ici.CIMG1754_2Ce matin, deux ans après, Olivier Cadiot était de retour, venu nous donner un avant-goût de ce qu’il nous offrira l’année prochaine en tant qu’artiste associé du 64ème Festival d’Avignon. Il a lu des extraits d’un texte, encore inachevé dont le titre peut-être provisoire est « Un mage en été« . Ce texte sera « transformé » en théâtre avec la complicité du metteur en scène Ludovic Lagarde comme pour les précédentes expériences faites pour Fairy Queen, Retour définitif et durable de l’être aimé ou Le colonel des Zouaves.

Que dire de ce texte ? Impossible à résumer, contracter  la profusion de pistes, de lieux, de personnages servis durant la lecture qui pourtant ne comportait que des extraits. Comme le titre l’indique, il s’agit de l’histoire d’un mage, mais aussi il est question d’une rivière, de vikings, de skieurs, de golfeurs, de Nietzsche etc.CIMG1755_2 On est emporté par la lecture, le rythme, les images qui s’enchaînent. Une phrase pour donner le ton, l’humour, la fantaisie de la littérature de Cadiot ? J’y vais :

On ne peut pas faire un festival de berceuses, tout le monde finirait par s’endormir.

Les années se suivent, je disais donc, se ressemblent (même si on peut remarquer qu’il y a deux ans, il buvait du rosé durant la lecture et que cette année, il n’y avait que de l’eau), et nous le retrouverons avec bonheur encore dans la cour du musée Calvet, pour une lecture, l’année prochaine, et nous ne nous en plaindrons pas.

L’autre artiste associé sera Christoph Marthaler dont les premiers échos de son spectacle présenté cette année à Avignon Reisenbutzbach. Eine Dauerkolonie sont arrivés très élogieux à mes oreilles. Évidemment, je me réveille trop tard pour y aller. Alors, la suite, l’année prochaine…

et toujours Wadji Mouawad

juillet 22, 2009 § Poster un commentaire

Dans la cour du musée Calvet, les lectures se suivent, tous les matins à 11h. Aujourd’hui et demain, c’est Wadji Mouawad à l’honneur (artiste associé du 63ème Festival oblige).
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Ce matin, le texte lu était «  Silence d’usines : paroles d’ouvriers« , des entretiens recueillis auprès d’anciens ouvriers de l’usine Philips d’Aubusson par Wadji Mouawad, en 2004. En effet, en 1987, l’usine Philips d’Aubusson fermait ses portes et laissait sur le carreau 300 ouvriers. CIMG1744
Ces conversations ont été enregistrées puis retranscrites et soumise à l’approbation de chacune des personnes interrogées. Les textes que nous avons entendus, pour cette raison, conservent la sincérité du témoignage.
La façon de procéder de W. Mouawad est toujours la même. Les personnes déclinent leur identité, puis les prénoms de leur parents, de leurs grands-parents quand c’est possible. Une façon de dessiner le personnage, de comprendre d’où il vient, avant d’entrer à l’usine. Là, ils expliquent la tâche qu’ils accomplissaient, 45h par semaine dans les années soixante,-quand ils ne devaient pas revenir travailler le samedi matin, si on le leur demandait. W. Mouawad qui a dit en préambule à la lecture qu’il ne connaissait rien du monde ouvrier, leur pose systématiquement la question de savoir à quoi il pensaient pendant de si longues heures à leur poste de travail. Peu de réponses… L’ambiance de l’usine, une espèce de grande famille, les oeuvres sociales, le sport, sont évoqués. Puis vient la date fatidique. « Un coup de poignard » comme dit une des interviewées. Et après… Le reclassement, plus ou moins difficile, une chance a posteriori pour certains qui ont donné une autre orientation à leur vie, une brisure irréparable pour d’autres.
À la fin, à chacun, W. Mouawad dit : « Au fronton de vos mairies, trois mots symboliques de votre République sont écrits (je rappelle qu’il n’est pas français, que la France ne lui en a pas donné le droit), Liberté, Égalité, Fraternité. Lequel vous semble-il le plus en danger ?  » Majoritairement, il est répondu : l’égalité.
Deux acteurs Patrick Le Mauff et Nathalie Bécue lisent les paroles d’ouvriers, W. Mouawad interprétant son propre rôle, celui de l’interviewer.
Dans le public, des anciens de Philips étaient venus assister à la lecture, avaient fait le voyage d’Aubusson, uniquement pour cet événement.

Claude Régy

juillet 18, 2009 § 2 Commentaires

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Jeudi, à midi, je suis allée assister à l’émission en direct d’Arnaud Laporte « Tout arrive ». La deuxième partie était consacrée à Claude Régy, ce Monsieur de 86 ans qui s’installa sur un banc en attendant son tour pour passer à l’antenne (photo) avec une grande modestie.
Cette modestie s’est estompée quand il a pris le micro. Cet homme, habité totalement pas le théâtre, engagé, s’est métamorphosé sous nos yeux en un militant acharné pour le texte, envoyant au passage quelques piques aux autres metteurs en scène, aux autres formes de théâtre. Il eut à un moment une tirade virulente sur notre société, retraçant l’histoire de la propagande inventée par Hitler qui se poursuivait naturellement de nos jours par la publicité et le discours mensonger ambiant. Ce qu’on nous dit être réel n’est que du mensonge et les populations se laissent entraîner dedans sans se révolter. J’aurais bien illustré l’article de cet extrait si je savais comment faire. (Pour ceux qui l’ont podcasté, c’est à 1h11 d’enregistrement.)
L’Ode maritime a pris pour moi une dimension autre, un voyage à faire et refaire avec le texte.

Discours guerriers, paroles guerrières

juillet 15, 2009 § Poster un commentaire

CIMG1732 France-Culture offre des moments rares et précieux aux festivaliers. Dans la magique cour du musée Calvet, des lectures sont organisée. Wadji Mouawad a été naturellement sollicité pour être un auteur lu dans ce lieu. L’amitié qui le lie à Jane Birkin (née de l’admiration qu’elle a su lui exprimer pour son oeuvre au fil des années) lui a fait souhaiter écrire pour elle. Son propos obsédant étant la guerre, il a écrit La sentinelle, la deuxième partie de la lecture d’hier soir.
Parlons d’abord de la première partie, uniquement masculine avec les acteurs Jérôme Kircher, Hugues Quester, Bruno Blairet et le musicien Francis Jacob, est un assemblage de discours guerriers-paroles guerrières d’Agamenon à George W. Bush comme l’avait dit W. Mouawad au micro d’Arnaud Laporte.
Parfois drôles par leur cynisme, parfois poignants à la limite du supportable (comme par exemple un texte d’Henri Dunant sur une amputation lors de la bataille de Solférino), ces textes montrent la constance de la présence de la guerre dans l’histoire de l’humanité avec les mêmes causes et mêmes effets, même si les moyens sont différents (de la lance à la bombe atomique). Francis Jacob, sur un rythme léger, par dérision, chante de temps en temps un extrait du Chant du départ : un Français doit vivre pour elle… pour elle, un Français doit mourir. Les paroles sont là. En ce 14 juillet, elles revêtent pour moi un sens particulier, moi qui me demande toujours pourquoi l’on célèbre une révolution par un défilé militaire, pourquoi les militaires sont, ce jour-là, le symbole de la République.
Pour la deuxième partie, Jane Birkin est seule en scène. Elle lit le texte écrit pour elle : La Sentinelle. Elle est vigie sur un bateau qui erre sur le globe après une catastrophe due à une guerre. Sa voix est à la fois fragile et forte de la révolte qui l’habite. La parole guerrière dans la bouche d’une femme n’est plus la même, elle est dans l’humain, la chair. La parole de mort devient la parole de vie.
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Ce soir à 20h, une deuxième édition de cette lecture aura lieu au musée Calvet et sera retransmise sur France-Culture en direct.

Où suis-je ?

Catégorie théâtre sur Cousu main.