Le jeu « Longtemps je me suis couché de bonne heure »

septembre 19, 2009 § 2 Commentaires

Il m’arrive souvent sur ce blog de citer l’Autofictif d’Éric Chevillard. Quand on aime on ne compte pas et ce matin, l’occasion est trop belle pour ne pas le faire. Lui s’amuse aussi au jeu « Longtemps je me suis couché de bonne heure » à sa façon.

Longtemps, je me suis couché de bonne heure sous de vastes portiques que les soleils marins teignaient de mille feux. (A la Recherche de la vie antérieure © Eric Chevillard – tous droits réservés)

Juste pour donner signe de vie

septembre 3, 2009 § 4 Commentaires

J’écris ce soir, juste pour donner signe de vie, les idées étant rares en ce moment entièrement absorbée, noyée, embourbée avec une histoire qui m’oppose à un agent immobilier, une histoire que je ne détaillerai pas ici. Aucun intérêt de montrer sur ce blog, la mauvaise foi, la malhonnêteté, la bêtise abyssale dont les gens de la profession font preuve. Chacun a une anecdote à raconter sur ce sujet, tellement c’est la règle.

Cette histoire m’a donné la rage…

Ce matin, en allant sur le blog d’Éric Chevillard, L’autofictif, je suis tombée sur une phrase que j’ai reprise à mon compte en la modifiant à peine :

Le vaccin contre la rage, efficace lorsque l’on est mordu par un renard, se révèle totalement inopérant lorsque l’on est mordu par un agent immobilier.

Il suffit parfois de pas grand chose pour retrouver l’envie de se battre, il suffit d’un peu de littérature, d’une phrase… Mais ça, les agents immobiliers ne peuvent pas comprendre.

Pierre Autin-Grenier dans Friterie-Bar Brunetti parle des charognards de l’immobilier. J’y pense souvent quand je me trouve face à eux. charognards Je vois leur bec crochu, leurs yeux torves, leur toute petite boîte crânienne et leurs ailes noirâtres qu’ils essaient de dissimuler sous un costard de marque. En vain.

PS : La réponse au jeu « Longtemps je me suis couché de bonne heure » était La Littérature à l’estomac de Julien Gracq. Personne n’a trouvé.

Le jeu « longtemps je me suis couché de bonne heure »

août 24, 2009 § 2 Commentaires

La France qui s’est si longtemps méfiée du billet de banque est en littérature le pays d’élection des valeurs fiduciaires.

CIMG1786La photo n’indique aucune piste valable pour trouver le livre et l’auteur dont j’ai transcrit la première phrase ci-dessous. Elle a été prise au Festival d’Aurillac 2009.

le jeu « Longtemps je me suis couché de bonne heure »

août 7, 2009 § 3 Commentaires

Laissez tomber les mots fléchés et autres Sodoku de l’été pour faire une petite partie de « Longtemps, je me me suis couché de bonne heure. »
La règle du jeu : Voici la première phrase d’un roman, trouvez duquel.

Quand il se réveillait dans les bois dans l’obscurité et le froid de la nuit il tendait la main pour toucher l’enfant qui dormait à son côté.

Le jeu « Longtemps je me suis couché de bonne heure »

juin 26, 2009 § 5 Commentaires

Pour les amateurs du jeu « Longtemps je me suis couché de bonne heure » (pour les nouveaux : la règle du jeu est ici.)

Je suis jeune et riche et cultivé ; et je suis malheureux, névrosé et seul.

J’attends vos réponses…

Des nouvelles d’Antonio Tabucchi

juin 9, 2009 § 1 commentaire

1- D’abord donner des nouvelles d’Antonio Tabucchi :
C’est pas cool ce qu’il lui arrive. Le 7 mai dernier, il a été convoqué à une audience en justice par un proche de Berlusconi, l’ex-homme d’affaires Renato Schifani, président du Sénat Italien. Ce qu’on lui reprochait ? D’avoir soutenu un journaliste de l’Unità, Marco Travaglio, auteur d’une enquête sur Schifani (qui, évidemment, ne révélait pas que des choses jolies-jolies.). Cet « honorable » Monsieur réclame 1,3 millions d’euros de dommages et intérêts à l’écrivain (une paille!). L’homme politique n’a pas attaqué le journal qui avait publié l’enquête, et ce même journal, d’ailleurs, reste silencieux sur cette affaire. Le reste de la presse est tout aussi muette. Que dire de la presse française qui se tait aussi sur cette affaire (à part Médiapart et les Inrocks à ma connaissance) alors qu’il s’agit peut-être du plus « français » des auteurs italiens contemporains ?
Voici ce qu’en dit Nelly Kapriélian dans son édito des Inrocks de cette semaine :

Depuis que Nicolas Sarkozy est au pouvoir, l’Italie a de plus en plus l’air d’être le prototype de ce qui attend la France. Les moyens que prend Sarkozy sont tout simplement insidieux, mais qui sait si on n’en arrivera pas au même point très vite ? En souhaitant déjà affaiblir les universités, ce sont les universitaires que Sarkozy fragilise et intimide, soit le pouvoir intellectuel français. Et au fond, le scandale de l’incarcération de Julien Coupat n’a pour seule finalité que de montrer aux contestataires ce qui leur pend au nez : arrestations et incarcérations arbitraires. Ou de l’art de censurer à l’avance.

J’ajouterais aux propos de Nelly Kapriélian que la presse en France, aussi, est intimidée par la justice. C’est le cas de Médiapart pour l’affaire Pérol/ Caisses d’Épargne et pour Rue 89 pour la diffusion d’une vidéo de Sarkozy. De telles intimidations peuvent hypothéquer sérieusement leur avenir.

2-puis parler des nouvelles d’Antonio Tabucchi :
de celles réunies dans une livre intitulé « Petites équivoques sans importance »01058680031. Il en est une » Any where out of the world » qui commence ainsi :

Comment les choses se passent. Et ce qui les guide. Un rien. Parfois ça peut commencer par un rien, une phrase perdue dans ce vaste monde plein de phrases et d’objets et de visages…

La phrase en question est celle qui donne le titre à la nouvelle, celle d’un poème du Spleen de Paris de Baudelaire. Tabucchi, à sa façon, joue à Longtemps je me suis couché de bonne heure. Sauf que la phrase en question est le sujet de la nouvelle : « Any where out of the world ». Mais, lui même le dit, parfois ça peut commencer par un rien.
Mais si on se limite uniquemant à la structure du récit, une phrase, ce n’est pas rien. C’est peu et c’est beaucoup de choses et c’est comme ça qu’on se retrouve Any where out of the world
Dans cette nouvelle, la phrase n’est plus objet, mais devient sujet. Elle n’est pas au début du récit, mais c’est lui qui s’articule autour d’elle.
J’ai l’habitude de faire des emprunts dans les livres que je suis en train de lire pour commencer un récit (Des écrivains et non des moindres – je ne citerai pas de noms- m’ont avoué aussi pratiquer l’art de l’ « emprunt »). Quand on écrit c’est souvent ce « starter » qui manque pour amorcer le moteur. Alors, on le puise où l’on peut.
Que ce soit un roman, une oeuvre titanesque (À la recherche du temps perdu) ou une simple nouvelle, le début permet au lecteur d’y mettre brutalement les deux pieds, et a permis auparavant à l’auteur de se lancer aussi. Dans ce recueil de nouvelles, Antonio Tabucchi excelle dans l’art du commencement. Je vais citer quelques unes des premières phrases des nouvelles rassemblées sous le titre : Petites équivoques sans importances :

Les autres te font du bien et tu les remercies par de la rancoeur, pourquoi ?

Et puis l’odeur de toutes ces fleurs : nauséabonde.

Cette nuit, j’ai rêvé de Myriam.

Les trains qui vont de Bombay à Madras partent de Victoria Station.

Parce qu’au fond l’habitude est un rite, on croit faire quelque chose par plaisir et en réalité on ne fait qu’obéir à un devoir qu’on s’est imposé.

Ces phrases sont celles de tous les possibles. Les autres, celles qui suivent, s’articulent en un récit, une nouvelle où le monde est incertain, fait de hasards, de choix parfois, où des destins naviguent dans l’équivoque.

Le jeu « Longtemps je me suis couché de bonne heure »

avril 16, 2009 § 4 Commentaires

Journée vide.
Si on jouait au jeu « Longtemps je me suis couché de bonne heure » (la règle du jeu) ?
Voici le début d’un roman :

À quatorze ans j’étais pensionnaire dans un collège de l’Appenzenzell. En ces lieux où Robert Walser avait fait de nombreuses promenades lorsqu’il se trouvait à l’asile psychiatrique, à Herisau, non loin de notre institution.

Je sais que certain(e)s ont la réponse. Laissez un peu jouer les autres !

Première phrase ? imagination ? Qu’est-ce qui fait écrire ?

avril 3, 2009 § 3 Commentaires

Ce qui m’épate toujours, c’est qu’une première phrase comme « Longtemps je me suis couché de bonne heure » entraîne les milliers qui suivent. Comment cela fonctionne-t-il ? De quoi naissent les oeuvres?
pistemongole Dans La piste mongole de Christian Garcin, il y a un dialogue entre deux personnages qui tente de répondre à la question :

Moi aussi je crois que j’aimerais écrire.

Rien ne t’en empêche,(…). Il faut te lancer, voilà tout. Même si on croit ne pas avoir grand-chose à raconter, le plus souvent c’est le fait même d’écrire qui génère l’histoire. c’est comme un processus qui s’autoalimente.

Je crois que j’ai de l’imagination (…), c’est toujours ça. Mais ça ne suffit pas, n’est-ce pas ?

Non, ça ne suffit pas,(…). Le produit de l’imagination ne donne pas forcément de la littérature. Et du reste il existe de la bonne littérature très peu imaginative. Mais enfin ce n’est pas non plus antinomique. tout coexiste, je crois.

Ce qui me plaît dans ce dialogue c’est l’idée de l’écriture qui s’autoalimente. Autant dire que dès qu’on a la première phrase, une bonne première phrase du genre « Longtemps je me suis couché de bonne heure. », la suite vient. Plutôt rassurant pour ceux qui n’ont pas d’imagination, ou plutôt qui n’ont pas ficelé leur roman dans leur tête avant de le mettre sur le papier (ou plutôt sur l’écran de l’ordinateur).
L’imagination est à ne pas confondre avec l’inspiration. Antonio Tabucchi faisait dire à ses personnages :

J’aimais peindre mais je n’avais rien à peindre, enfin, je n’avais pas d’inspiration, l’inspiration est fondamentale pour peindre.

C’est certain, (…) sans inspiration la peinture n’est rien, et les autres arts non plus.

Si l’inspiration, c’était cette fameuse première phrase ? Même si celle-ci est déplacée, effacée par la suite, elle permet d’enclencher le processus d’autoalimentation dont parle Christian Garcin.

Juste un mot pour parler de ce foisonnant roman La Piste mongole et un petit clin d’oeil à notre sujet. Celui-ci est fait d’une multitudes de romans qui s’entremêlent. Combien de premières phrases ?
Bien sûr, il y en a une, réelle, définitive, imprimée :

Nous étions debout à l’entrée de la yourte, silencieux, à regarder la jeune femme environnée de fumée qui parlait vite, les yeux fermés, d’une voix monocorde, tandis que la vieille au long nez, assise face à elle et penchée en avant, l’écoutait avec attention, ne l’interrompant qu’à une ou deux reprises, et à tout cela je n’entendais évidemment rien.

J’aurais pu la proposer pour le jeu.

Pour détendre l’atmosphère…

avril 2, 2009 § 4 Commentaires

Pour détendre l’atmosphère, je propose qu’on joue une partie de « Longtemps je me suis couché de bonne heure. » Pour les nouveaux qui ne connaissent pas la règle cliquer ici.

Le 4 octobre dernier, à la fin d’un de ces après-midi tout à fait désoeuvrés et mornes, comme j’ai le secret d’en passer, je me trouvais rue Lafayette : après m’être arrêté quelques minutes devant la vitrine de la librairie de L’Humanité et avoir fait l’acquisition du dernier ouvrage de Trotsky, sans but je poursuivais ma route en direction de l’Opéra.

Vila-Matas joue aussi à « Longtemps je me suis couché de bonne heure. »

mars 23, 2009 § 5 Commentaires

portada-dietario-volubleDans le son Journal Volubile (Dietario voluble), Enrique Vila-Matas parle des première phrases de romans. Dans la règle du jeu Longtemps je me suis couché de bonne heure j’avais cité à titre d’exemple, deux premières phrases notables. En fait, il en manquait une… Voici ce que Vila-Matas écrit :

…il n’y avait pas deux phrases qui étaient à la fois extrêmement simples et les meilleures de toute l’histoire du roman français, mais trois. La troisième est de Louis-Ferdinand Céline, au début du Voyage au bout de la nuit : « Ça a débuté comme ça. »
« Ça a débuté comme ça. », n’est-ce pas la manière la la plus littérale de commencer ? cela dit le début de Céline n’est simple qu’en apparence. En fait, si on dit cette phrase à voix haute comme si c’était une semonce, on croit entendre un crachat et, dans son violent mépris envers tout, elle résume admirablement le roman tout entier.

Où suis-je ?

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