Les photographies ne disent pas grand chose

novembre 30, 2008 § Poster un commentaire

Je continue mon exploration des photographies découvertes. Contrairement à celle présentée précédemment, toutes ne sont pas posées. Celle-ci par exemple. scan_8113093259_11On ne comprend pas bien ce que (ou qui) le photographe a voulu prendre. Il me semble reconnaître quelqu’un parmi les personnes les plus floues… Étonnant ? La photo semble pris de loin, à la sauvette. On distingue un ce qui est écrit : « Centre de Médecine… « la suite ? » ». Je date la photographie aux environs de 1940. C’est tout ce que j’en peux dire. Dans sa taille réelle (de 5 cm X 3,5 cm), elle est difficile à analyser à l’oeil nu. L’agrandissement offert par la scannerisation apporte plus dans l’appréciation esthétique du cliché que dans la compréhension de celui-ci.

Ce que disent (ou taisent) les photographies jaunies

novembre 29, 2008 § 4 Commentaires

Les familles regorgent de vielles photographies jaunies, accumulées au fil des générations, et dont les dates et les noms des personnages se sont évaporés pour la plus part. L’anonymat au cours des années envahit ces clichés qui finissent à la poubelle lors d’un déménagement ou dans des brocantes cherchant une famille d’accueil.
Si on ne retrouve pas l’identité des personnes photographiée, on peut parfois trouver d’autres intérêts à ces clichés.
Voici une photo de mariage :scan_8112975436_1
Je ne connais pas l’identité des mariés. Seules quatre personnes dans l’assemblée me sont connues. Grâce à elles, j’arrive à dater l’événement aux alentours de 1945.
En regardant de plus près, j’ai été attirée par un personnage dont l’allure dénote au milieu des autres.scan_8112975436_1-1 Alors que les hommes ont pris soin de plaquer leurs cheveux en arrière – avec de la brillantine, j’imagine -, en voici un qui se distingue. Qui est-il ? Les cheveux longs à cette époque sont portés par les zazous. Intrigant, ce jeune homme invité à une noce où il n’a pas l’air d’avoir sa place ! scan_8112975436_1-2 Je n’aurai jamais d’explication afin de l’identifier, lui mais aussi les autres. Les quatre personnes que j’ai reconnues sont mortes et ont emporté avec elle une part de l’histoire familiale…

Petite librairie (2éme édition)

novembre 25, 2008 § Poster un commentaire

La deuxième édition de laPetite Librairie des champs aura lieu le 29 et le 30 novembre 
sur le thème « enfance et mémoire », en présence du poète Denis Hirson
hirson

 Dehors les pneus des voitures adhèrent comme du velcro au macadam mouillé. La lueur blafarde des écrans de télé clignote aux fenêtres. Les actualités encore, et Mandela s’approche avec derrière lui, la porte entrebâillée d’un pays tout entier.
 Je décroche le téléphone et j’appelle l’Afrique du Sud. Je dis hello et l’écho de ma voix me revient du fond de la mer. Hello, répond mon ami. Tu vas bien ? je serre si fort le combiné que ma main blêmit. Quand le vide est rompu, l’air s’engouffre dedans. De l’autre côté de la terre j’écoute le vent.

Et d’éditeurs jeunesse : Passage piétons, Bonhomme vert, Grandir, Rue du Monde, Lirabelle,

ainsi que les éditions Cadex, Temps qu’il fait, Dumerchez, Dessert de Lune, Atelier du Hanneton 

 PROGRAMME du samedi 29 novembre :
 A partir de 14 heures : ouverture de la Petite Librairie
 • de 14 à 16 heures 30 : atelier origami pliage japonais, animé par Chloé Allievi et Mathilde Bourgeois, inscription sur place, participation 1 euro non adhérent.
 • 17 heures : café littéraire animé par Sonia Ritter avec Denis Hirson, poète : l’Afrique du Sud, l’apartheid et les poètes à propos de l’anthologie publiée chez Actes Sud.

 • 18h30 : lecture des poèmes de Denis Hirson : Jardiner dans le noir, publié au Temps qu’il fait.

• Repas partagé (chacun apporte salé/sucré et boisson) avec ceux qui souhaitent échanger avec

Denis Hirson (sur inscription : lapetitelibrairie@gmail.com)

 PROGRAMME du dimanche 30 novembre
 A partir de 10h30 ouverture de la Petite Librairie :
 • De 10h30 à midi trente, atelier minilivres animé par Eliane Berger, ouvert enfants/adultes limité à 10 sur inscription obligatoire: cathandbru13@orange.fr 1 € non adhérent
 • 12h30 apéritif-rencontre avec Denis Hirson :« les Porte-manteaux »
 • 14h30 : lectures, rencontres, littérature jeunesse, auteurs et illustrateurs.

 Un vin chaud clôturera la deuxième ouverture de la Petite Librairie des Champs.
 (participation 50centimes)

Match Van Gogh-Monticelli à Marseille

novembre 23, 2008 § 6 Commentaires

Je ne vais pas donner, tout de suite le résultat du match qui oppose Monticelli à Van Gogh lors de l’exposition qui confronte les deux peintres dans les locaux de La Vieille Charité à Marseille, même si certains le connaissent déjà. vieille-charite Je vais commencer par parler d’abord de l’organisation, ou plutôt devrais-je dire de l’inorganisation d’une telle manifestation. L’affluence était grande ce matin dans les murs magnifiques de la Vieille Charité. À la billetterie (8 € l’entrée, l’accès à la culture en France par rapport à ses voisins européens reste très chère), la file d’attente n’était guère importante, les caissières étant nombreuses et d’une efficacité redoutable. C’est l’accès aux salles qui posait problème. Une gardienne, fort dévouée avait pris soin, alors que nous attendions d’entrer, de nous prévenir qu’il y avait une première salle, suivie d’une deuxième, elle-même suivie d’une troisième, question de comprendre la complexité de l’installation et des difficultés rencontrées. Malgré le ciel bleu, il faisait très froid.
Après avoir parcouru l’exposition, j’ai pu comprendre ce qu’elle voulait dire : Après chaque salle, il fallait ressortir, attendre , se geler à nouveau et que, surtout, il était impossible de revenir sur ses pas !
À l’intérieur des salles, la progression était difficile et rendait les oeuvres d’un accès compliqué.
Venons-en au match qui opposait les deux peintres.
Ils ne jouent pas dans la même catégorie, c’est évident. C’est même cruel pour celui qui est écrasé.
Parmi les lecteurs de ce blog, qui sont ceux qui ne sont pas Marseillais et qui connaissent Adolphe Monticelli ? Là n’est pas la question.
Si ils ont été accrochés ensemble, je pensais au départ que Van Gogh étant plus plus connu, c’était l’occasion pour que celui-ci serve d’alibi à un peintre, disons moins connu, et qu’ainsi le grand public ait l’occasion de le découvrir. Je m’attendais à être déçue par ce que je verrais de Van Gogh. Voici dans quel état d’esprit, je suis arrivée dans ce lieu lumineux qu’est la Vielle Charité. Le prétexte à les comparer était les propos de Van Gogh dans ses lettres notamment à son frère Théo, avouant l’influence que ce peintre provençal avait sur lui.
Les peintres provençaux, Paul Guigougigou-paul-002, Félix Ziemziem-vieux-port-vu-du-fort-st-jean, et d’autres ne me laissent pas indifférente. Loin de là. Mais, je dois dire que, aujourd’hui, la déception fut grande en voyant les toiles de Monticelli … La splendeur de celles de Van Gogh accentuait d’autant plus le contraste entre le génie et un peintre obscur qui fait le bonheur des collectionneurs locaux pour lesquels l’exposition a été organisée… Enfin c’est ce que je crois, après avoir écouté les commentaires des visiteurs dans la file d’attente, qui connaissaient ceux à qui appartenaient les toiles et qui, allaient décrocher toutes les croûtes qu’ils avaient chez eux pour vérifier les signatures hypothétiques au dos … « On ne sait jamais… »
Évidemment, Van Gogh est éblouissant. Quand on se dit : « Tiens, celle-ci est super » en pensant que Monticelli va enfin marquer un point, on tombe infailliblement sur un Van Gogh…
fritillariaselfportrait
Entre autres merveilles, il y a ces deux tableaux. Les merveilles sont toutes dans le camp Van Gogh, pour l’intégralité de l’exposition.
Lors d’une pause au soleil pour récupérer de la froidure des attentes pour atteindre la salle suivante, les adolescents qui étaient avec nous on fait ce genre de remarque à propos de Monticelli :
« Méga-mauvais ! » « Je n’achèterai pas un clou pour accrocher ça dans mon salon  » « Glauque » « Il ne pleure pas la matière et le verni !  »
En aucun cas, je ne pouvais leur donner tort. En attendant, les quelques Van Gogh qui étaient là éblouissaient l’exposition.
Monticelli ? Une défaite sans appel.

Nous sommes peu de choses…

novembre 15, 2008 § 1 commentaire

« Nous sommes peu de choses  » aurait-on pu dire après que le commissaire priseur eut donné le dernier coup de marteau de la séance. grac4Je veux parler de la dispersion à Nantes des objets ayant appartenu à Julien Gracq. Mon ami JC Bourdais a fait un excellent article à ce sujet avec ses indignations personnelles. On peut lire aussi celles de François Bon et Pierre Assouline. On dit qu’une succession dans ces conditions est une dispersion, l’image est cruelle. L’objet intime a acquis ses galons, parce qu’il était dans un contexte, parce qu’il avait appartenu à … Que devient-il quand il est dispersé, séparé de ses congénères ?

Éric Chevillard, dans te telles circonstances, y va de son humour (un peu acide, ma foi!) :

Je reviens dans quelques minutes, ces mots écrits sur un bout de carton découpé qu’il suspendait à la poignée de sa porte lorsqu’il partait en promenade. Si pourtant cette promesse était tenue et que, s’en revenant effectivement après quelques minutes passées on ne sait où, Julien Gracq découvrait que ses héritiers ont mis à l’encan, avec son mobilier et sa correspondance, ce bout de carton et sa ficelle, quelque chose me dit qu’il l’aurait mauvaise.

On pense à la succession d’André Breton. On s’interroge sur le rôle de l’État.
J’imagine qu’au bristot, non loin du lieu où avait eu lieu la vente, accoudés au comptoir, à siroter un petit blanc, certains « philosophaient » sur l’événement et que, dans les conversations, on pouvait entendre ce genre de réflexions : « Nous sommes peu de choses« , 7OO OOO € tout au plus… Et qu’est-ce que c’est de nos jours une telle somme dans les mains des traders de la Caisse d’Épargne ? Un feu de paille !

Nous sommes peu de choses… Sauf que dans le cas de Gracq, il reste son oeuvre et ce n’est pas peu de choses…

Petit traité d’éducation lubrique

novembre 6, 2008 § 5 Commentaires

arton341 J’ai parlé à plusieurs reprises des ouvrages de la collection Textes au carré des éditions Cadex, notamment de « billet pour le Pays Doré » d’Éric Faye et de « Un cri » de Pierre Autin-Grenier. Les ouvrages de cette collection, outre les magnifiques textes qu’ils contiennent, sont de très beaux objets, carrés, comme leur nom l’indique, faits avec un beau papier et comportant des illustrations. Le dernier sorti est de Lydie Salvayre et s’appelle « Petit traité d’éducation lubrique« . Dans la préface de l’ouvrage, Arno Bertina écrit :

Les pornographes sont comme les puritains, souvent : ils ne rient pas beaucoup, pas facilement. La lubricité s’accompagne au contraire d’un sourire, elle en est même la condition parfois. Quand on parle d’un « oeil lubrique », c’est pour tenter de dire qu’il est brillant, humide et heureux, assez joueur, égrillard.

Lydie Salvayre commence ainsi son traité :

Contrairement au premier devoir de l’éducation religieuse qui consiste à éviter l’enfer à son prochain, le premier devoir de l’éducation lubrique consiste à l’y précipiter.

On aura été prévenu !
Composé comme un véritable manuel (à mettre entre toutes main !) éducatif ce livre est indispensable pour s’initier – en s’amusant – à la lubricité la plus totale.

Une fin d’année heureuse…

novembre 4, 2008 § 8 Commentaires

Rien ne pourrait me porter à être optimiste en cette fin de journée pluvieuse, dans un contexte des plus sinistres (Le choix de la ville de Vichy pour abriter un sommet européen sur l’immigration n’étant pas un hasard et imprime nettement la couleur du gouvernement de ce triste pays), je trouve quand même le moyen d’entrevoir un peu de bonheur, de douceur, avant la fin de l’année qui arrive.
En effet, enfin, en vidéo, le coffret de l’intégrale de Jacques Demy que nous attendions depuis si longtemps (Problèmes de droits ). Mes cassettes VHF rendant l’âme au fur et à mesure, je ne pouvais plus voir La Baie des Anges ou L’événement le plus important …
Un bonheur n’arrivant jamais seul, Agnès Varda sort un nouveau film le 17 décembre…
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Il ne reste plus qu’à compter les jours.

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