Dans les pas de Varda (1- Daguerréotypes)

juin 20, 2010 § 4 Commentaires

Quand on aime Varda, on met ses pas dans les siens. Je le fais dès que j’en ai l’occasion. D’ailleurs ce blog est sous son regard puisque le bandeau en haut de page est une photo que j’avais faite lors de l’exposition Les justes à Avignon en 2007.

J’étais à Paris, il y a quelques jours et me suis dit, que dans le genre « but de balade » (le temps incitait à se balader), Varda en était un qui m’allait parfaitement. Il faut dire que je venais de revoir « Les Plages d’Agnès  » pour la 3ème fois car j’avais eu à présenter le film dans le cadre d’un ciné-club.
Alors, d’abord, je suis allée rue Daguerre. Sa jolie maison de toutes le couleurs. Et la boîte aux lettres par l’ouverture de laquelle Agnès Varda fit passer le câble qui lui servit au tournage de Daguerréotypes. Elle dit dans ce documentaire, quand elle parle des commerçants qu’elle a filmés :

« je m’en suis tenue à ceux qui sont à moins de cinquante mètres de ma porte »

Ce parti pris était lié au fait qu’elle venait d’avoir son fils Mathieu et que, pour ne pas trop s’éloigner de lui, elle branchait le câble chez elle, le faisait passer par la boîte aux lettres. Elle dit dans Les plages d’Agnès que c’était au font le cordon ombilical qu’elle ne voulait pas couper. Belle image.

Donc, elle part filmer les commerçants du quartier.
Il y a les boulangers : J’ai retrouvé leur boulangerie ; elle a bien changé et ressemble à tant d’autres.

Je n’y suis pas entrée, mais je suppose que les boulangers doivent être des plus banals, et le pain qui y est fabriqué ressembler à celui que l’on trouve partout. Dans Daguerréotypes,  la baguette que la boulangère choisit pour chaque client en la palpant a l’air d’avoir une croûte épaisse et croustillante comme on n’en fait plus (sauf à ma connaissance à Nasbinals (48), publicité méritée pour la boulangerie du village).

à suivre…

Suite de la balade : Le Lion Volatile.

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Sète, Agnès Varda et moi

avril 24, 2009 § 5 Commentaires

J’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de parler dans ce blog de mon admiration pour Agnès Varda. D’ailleurs, le bandeau en haut de page, est extrait d’une photo que j’avais faite lors d’une exposition sur les Justes de France qu’elle avait faite pour le Panthéon et transférée ensuite à Avignon, il y a deux ans. cimg15941

Je ne voulais pas rater l’exposition qu’elle a réalisée à Sète au CRAC qui s’appelle
LA MER… ETSETERA

Donc, j’y suis allée.

Sète est toujours un enchantement. 

 

 

Sans vouloir m’approprier les paroles de Varda, mais quand même, je dirais, si elle ne l’avait pas déjà dit …

Venir à Sète, c’est toujours un retour. Récemment c’était pour filmer une de « mes » plages.

(…) J’ai pris plaisir à mettre en image et en installations ce que les bords de mer sereins m’évoquent. (…) Je montre le mer, à Sète ou ailleurs, les brillances et les miroirs de la mer, les brise-lames et la plage. En bref, LA MER… ETSETERA

Alors, moi, j’ai fait pareil… Du moins, je me suis amusée à faire du Varda.
cimg1597 Dans la première salle dont le thème est : La mer dans ses reflets et diffractions des miroir, des projections d’images au bord de la mer, se réfléchissent, rebondissent.

Tiens, une visiteuse…

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Là, encore…

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perdue dans ses reflets

répétée à l’infini…

 

image et plus réalité

désincarnée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

disloquée.

 
cimg1601Et puis, il y a la plage, le sable, les vagues qui roulent. Tout cela n’est qu’illusion. 

« La mer, la mer toujours recommencée

O récompense après une pensée,

Qu’un long regard sur le calme des dieux ! »

Paul Valéry

cpvardail y a la salle consacrée à la plage, l’été, avec ses rites : les cartes postale comme celle représentée ci-dessus (dont je ne dévoilerai pas ici les surprises qu’elle recèle), une frise de tongs (et oui !) et une cabane de plage avec des sièges pliants.

 

La troisième salle est consacrée au thème de la brisure. Bien sûr, étant à Sète, A. Varda ne peut éviter de parler du brise-lames.

Elle a même réalisé une sculpture-installation sur ce thème. Très incisive !
Et puis, on revient aux miroirs, comme dans la première salle. Mais, là, il s’agit de portraits brisés.

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La visiteuse est toujours là, à côté d’Agnès Varda, rassemblant les multiples éclats.

Dans le préambule à l’exposition, Agnès Varda écrit :

 » Je voudrais que ces images, fixes ou animées, créent des surprises, éveillent des pensées et suscitent des rêverie. »

Mission accomplie, Madame Varda !

Agnès, Anna et les autres…

décembre 22, 2008 § 2 Commentaires

J’ai hésité à parler du film Les Plages d’Agnès dans ce blog. Il y a tant d’articles, d’interviews partout. Même si l’émotion rend muette – et c’est ce qui m’est arrivé après l’avoir visionné mercredi dernier dans une salle presque vide à Utopia -, j’ai à présent retrouvé ma voix et mes esprits pour un peu en parler ici. 19012293D’ailleurs, c’est parce qu’il m’est arrivé de croiser des personnes que je ne connaissais pas et avec lesquelles j’ai eu une conversation à propos d’Agnès Varda et de son film que je me dis que je pouvais glisser deux ou trois mots de mes impressions, ici.
D’abord, à tous ceux qui disent que ce genre de film est nombriliste, je voudrais leur répondre qu’ils n’ont rien compris, qu’à quatre-vingts « balais » (comme elle dit) se raconter quand on a fait autant avec simplicité, sincérité et talent, il n’y pas de quoi se cacher. Elle parle d’elle, certes, mais tellement des autres comme personne ne pourrait le faire. Elle parle de nous aussi, à travers elle.
De l’émotion, il y en a dans ce film. Il y a bien sûr le moment où elle évoque ses (nos, aussi !) chers disparus. Quand on arrive à 80 ans, on a laissé du monde sur les bas côtés du chemin. Ils font toujours partie d’elle, comme de nous d’ailleurs. Ces absents, lors de l’exposition qui avait eu lieu à Avignon en 2007, elle les évoque dans le film. Mais, l’émotion est ailleurs, parfois impalpable dans son essence. Par exemple, dans la scène du début où elle installe des miroirs sur une plage belge, ce jeu entre la plage, la mer, la lisière, la mise en abîme, tout cela nous fait chavirer dans un vertige où la frontière s’abolit entre le réel et l’imaginaire, vertige à la fois doux et angoissant que nous connaissons tous. Je dis « tous » car lorsque les larmes sont montées à cet instant précis du film, je me suis dite que mon admiration et la la tendresse que j’éprouve pour elle, ne me rendent pas objective. Cependant, en en parlant autour de moi, des fans mais aussi des moins fans ont ressenti le même bouleversement à cet instant. L’Art, c’est ça, non ?
Je retourne voir le film le 26 décembre car Agnès Varda sera là. Oserai-je lui dire enfin combien elle est importante pour moi ?
Hier, à 17h30, a été diffusé ma première fiction mise en onde par France-Cul. Il est possible de l’écouter encore ici. Très angoissée avant la diffusion car je ne l’avais pas entendue, j’ai été vraiment surprise agréablement par la mise en ondes de Myron Meerson. « Agréablement » n’est pas le mot qui convient. La dynamique qu’il insuffle au texte ne peu que me réjouir. les voix, les accents donnent un relief particulier qui va au-delà de ce que j’avais pu imaginer. La chanson de Dutronc au générique de fin est la cerise sur le gâteau. La petite Anna, révoltée devant tant d’injustice, change le cours des choses et la marche du monde. Mais ce n’est qu’une histoire. comme dit Frédérika, Joyeux Léon à tous !

Les plages d’Agnès

décembre 16, 2008 § 2 Commentaires

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Varda c’est la cinéaste, Agnès, c’est moi

 J’aime autant Agnès que Varda. Autant l’une que l’autre qui accompagnent ma vie. J’écoute l’émission l’Avventura avec Laure Adler pour me mettre en appétit, si c’était nécessaire d’aller voir le film si attendu. Dès demain, je me précipite au cinéma. Je ne sais pas si j’en parlerai sur le blog. Est-ce nécessaire ? On ne parle pas de ses proches… Ils sont avec nous.

La photo de l’article ainsi que le bandeau du blog ont été prises par mes soins lors de ses expositions à Avignon en 2007. Pendant tout le temps où se sont déroulés les vernissages des deux expositions, je l’ai suivie en me disant que le moment opportun de l’aborder viendrait, ce moment où je pourrais lui dire toute mon admiration et la tendresse que j’éprouve à son égard . Mais, ce jour là, je me suis dégonflée, lamentablement.
Je vous aime, « la vieille dame rieuse. »

Une fin d’année heureuse…

novembre 4, 2008 § 8 Commentaires

Rien ne pourrait me porter à être optimiste en cette fin de journée pluvieuse, dans un contexte des plus sinistres (Le choix de la ville de Vichy pour abriter un sommet européen sur l’immigration n’étant pas un hasard et imprime nettement la couleur du gouvernement de ce triste pays), je trouve quand même le moyen d’entrevoir un peu de bonheur, de douceur, avant la fin de l’année qui arrive.
En effet, enfin, en vidéo, le coffret de l’intégrale de Jacques Demy que nous attendions depuis si longtemps (Problèmes de droits ). Mes cassettes VHF rendant l’âme au fur et à mesure, je ne pouvais plus voir La Baie des Anges ou L’événement le plus important …
Un bonheur n’arrivant jamais seul, Agnès Varda sort un nouveau film le 17 décembre…
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Il ne reste plus qu’à compter les jours.

Où suis-je ?

Entrées taguées les plages d’Agnès sur Cousu main.