Olivier Cadiot : Un mage en été.

juillet 25, 2009 § 5 Commentaires

Les années se suivent et se ressemblent et, dans certains cas, il n’est pas lieu de se plaindre. En effet, il y a deux ans, dans la cour du musée Calvet, j’avais assisté à une lecture faite par Olivier Cadiot de  » un nid, pour quoi faire ?  » dont j’avais parlé ici.CIMG1754_2Ce matin, deux ans après, Olivier Cadiot était de retour, venu nous donner un avant-goût de ce qu’il nous offrira l’année prochaine en tant qu’artiste associé du 64ème Festival d’Avignon. Il a lu des extraits d’un texte, encore inachevé dont le titre peut-être provisoire est « Un mage en été« . Ce texte sera « transformé » en théâtre avec la complicité du metteur en scène Ludovic Lagarde comme pour les précédentes expériences faites pour Fairy Queen, Retour définitif et durable de l’être aimé ou Le colonel des Zouaves.

Que dire de ce texte ? Impossible à résumer, contracter  la profusion de pistes, de lieux, de personnages servis durant la lecture qui pourtant ne comportait que des extraits. Comme le titre l’indique, il s’agit de l’histoire d’un mage, mais aussi il est question d’une rivière, de vikings, de skieurs, de golfeurs, de Nietzsche etc.CIMG1755_2 On est emporté par la lecture, le rythme, les images qui s’enchaînent. Une phrase pour donner le ton, l’humour, la fantaisie de la littérature de Cadiot ? J’y vais :

On ne peut pas faire un festival de berceuses, tout le monde finirait par s’endormir.

Les années se suivent, je disais donc, se ressemblent (même si on peut remarquer qu’il y a deux ans, il buvait du rosé durant la lecture et que cette année, il n’y avait que de l’eau), et nous le retrouverons avec bonheur encore dans la cour du musée Calvet, pour une lecture, l’année prochaine, et nous ne nous en plaindrons pas.

L’autre artiste associé sera Christoph Marthaler dont les premiers échos de son spectacle présenté cette année à Avignon Reisenbutzbach. Eine Dauerkolonie sont arrivés très élogieux à mes oreilles. Évidemment, je me réveille trop tard pour y aller. Alors, la suite, l’année prochaine…

et toujours Wadji Mouawad

juillet 22, 2009 § Poster un commentaire

Dans la cour du musée Calvet, les lectures se suivent, tous les matins à 11h. Aujourd’hui et demain, c’est Wadji Mouawad à l’honneur (artiste associé du 63ème Festival oblige).
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Ce matin, le texte lu était «  Silence d’usines : paroles d’ouvriers« , des entretiens recueillis auprès d’anciens ouvriers de l’usine Philips d’Aubusson par Wadji Mouawad, en 2004. En effet, en 1987, l’usine Philips d’Aubusson fermait ses portes et laissait sur le carreau 300 ouvriers. CIMG1744
Ces conversations ont été enregistrées puis retranscrites et soumise à l’approbation de chacune des personnes interrogées. Les textes que nous avons entendus, pour cette raison, conservent la sincérité du témoignage.
La façon de procéder de W. Mouawad est toujours la même. Les personnes déclinent leur identité, puis les prénoms de leur parents, de leurs grands-parents quand c’est possible. Une façon de dessiner le personnage, de comprendre d’où il vient, avant d’entrer à l’usine. Là, ils expliquent la tâche qu’ils accomplissaient, 45h par semaine dans les années soixante,-quand ils ne devaient pas revenir travailler le samedi matin, si on le leur demandait. W. Mouawad qui a dit en préambule à la lecture qu’il ne connaissait rien du monde ouvrier, leur pose systématiquement la question de savoir à quoi il pensaient pendant de si longues heures à leur poste de travail. Peu de réponses… L’ambiance de l’usine, une espèce de grande famille, les oeuvres sociales, le sport, sont évoqués. Puis vient la date fatidique. « Un coup de poignard » comme dit une des interviewées. Et après… Le reclassement, plus ou moins difficile, une chance a posteriori pour certains qui ont donné une autre orientation à leur vie, une brisure irréparable pour d’autres.
À la fin, à chacun, W. Mouawad dit : « Au fronton de vos mairies, trois mots symboliques de votre République sont écrits (je rappelle qu’il n’est pas français, que la France ne lui en a pas donné le droit), Liberté, Égalité, Fraternité. Lequel vous semble-il le plus en danger ?  » Majoritairement, il est répondu : l’égalité.
Deux acteurs Patrick Le Mauff et Nathalie Bécue lisent les paroles d’ouvriers, W. Mouawad interprétant son propre rôle, celui de l’interviewer.
Dans le public, des anciens de Philips étaient venus assister à la lecture, avaient fait le voyage d’Aubusson, uniquement pour cet événement.

Il y a quarante ans…

juillet 20, 2009 § 9 Commentaires

Paresse aigüe aidant, je lance sur ce blog une petite discussion pour que chacun apporte sa réponse à la question : Où étiez vous quand les hommes ont marché sur la lune pour la première fois ?
Ceux qui ont moins de 40 ans sont dispensés.
Quant à moi, ce jour-là, ou plutôt cette nuit-là, j’étais à Nyons (Drôme) en vacances avec une tante. Les propriétaires du logement que nous louions, un rez-chaussée dans une maison dont ils occupaient le premier étage, nous avaient invités à voir la télévision en pleine nuit. Le lendemain, les vacances continuaient comme elle avaient commencé, sinon que j’avais eu du mal à me réveiller.
Lune5
Je promets un article de fainéante semblable le 11 septembre 2011.

Quand la princesse Claudine claudique

juillet 19, 2009 § 8 Commentaires

Aujourd’hui, à 17h30 sur les ondes de France-Culture sera diffusée une fiction intitulée Quand la Princesse Claudine claudique , fiction que j’ai écrite et qui a été mise en ondes par Christine Bernard-Sugy. Pour ceux qui n’auront pas l’oreille collée au poste à ce moment-là, ils auront une semaine pour l’écouter sur le site de France-Culture. Il n’y a pas de podcast possible.

Claude Régy

juillet 18, 2009 § 2 Commentaires

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Jeudi, à midi, je suis allée assister à l’émission en direct d’Arnaud Laporte « Tout arrive ». La deuxième partie était consacrée à Claude Régy, ce Monsieur de 86 ans qui s’installa sur un banc en attendant son tour pour passer à l’antenne (photo) avec une grande modestie.
Cette modestie s’est estompée quand il a pris le micro. Cet homme, habité totalement pas le théâtre, engagé, s’est métamorphosé sous nos yeux en un militant acharné pour le texte, envoyant au passage quelques piques aux autres metteurs en scène, aux autres formes de théâtre. Il eut à un moment une tirade virulente sur notre société, retraçant l’histoire de la propagande inventée par Hitler qui se poursuivait naturellement de nos jours par la publicité et le discours mensonger ambiant. Ce qu’on nous dit être réel n’est que du mensonge et les populations se laissent entraîner dedans sans se révolter. J’aurais bien illustré l’article de cet extrait si je savais comment faire. (Pour ceux qui l’ont podcasté, c’est à 1h11 d’enregistrement.)
L’Ode maritime a pris pour moi une dimension autre, un voyage à faire et refaire avec le texte.

Discours guerriers, paroles guerrières

juillet 15, 2009 § Poster un commentaire

CIMG1732 France-Culture offre des moments rares et précieux aux festivaliers. Dans la magique cour du musée Calvet, des lectures sont organisée. Wadji Mouawad a été naturellement sollicité pour être un auteur lu dans ce lieu. L’amitié qui le lie à Jane Birkin (née de l’admiration qu’elle a su lui exprimer pour son oeuvre au fil des années) lui a fait souhaiter écrire pour elle. Son propos obsédant étant la guerre, il a écrit La sentinelle, la deuxième partie de la lecture d’hier soir.
Parlons d’abord de la première partie, uniquement masculine avec les acteurs Jérôme Kircher, Hugues Quester, Bruno Blairet et le musicien Francis Jacob, est un assemblage de discours guerriers-paroles guerrières d’Agamenon à George W. Bush comme l’avait dit W. Mouawad au micro d’Arnaud Laporte.
Parfois drôles par leur cynisme, parfois poignants à la limite du supportable (comme par exemple un texte d’Henri Dunant sur une amputation lors de la bataille de Solférino), ces textes montrent la constance de la présence de la guerre dans l’histoire de l’humanité avec les mêmes causes et mêmes effets, même si les moyens sont différents (de la lance à la bombe atomique). Francis Jacob, sur un rythme léger, par dérision, chante de temps en temps un extrait du Chant du départ : un Français doit vivre pour elle… pour elle, un Français doit mourir. Les paroles sont là. En ce 14 juillet, elles revêtent pour moi un sens particulier, moi qui me demande toujours pourquoi l’on célèbre une révolution par un défilé militaire, pourquoi les militaires sont, ce jour-là, le symbole de la République.
Pour la deuxième partie, Jane Birkin est seule en scène. Elle lit le texte écrit pour elle : La Sentinelle. Elle est vigie sur un bateau qui erre sur le globe après une catastrophe due à une guerre. Sa voix est à la fois fragile et forte de la révolte qui l’habite. La parole guerrière dans la bouche d’une femme n’est plus la même, elle est dans l’humain, la chair. La parole de mort devient la parole de vie.
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Ce soir à 20h, une deuxième édition de cette lecture aura lieu au musée Calvet et sera retransmise sur France-Culture en direct.

en vrac, quelques photos et peu de commentaires…

juillet 14, 2009 § 1 commentaire

En ce 14 juillet, je n’étais pas à la garden party de l’Élysée, mais dans la cour du Conservatoire d’Avignon pour assister en direct à l’émission Tout arrive.
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Élia Suleman.
CIMG1724Wadji Mouawad, Arnaud Laporte et Jane Birkin
CIMG1725 Jane Birkin
CIMG1728 Sophie Joubert, Wadji Mouawad et Arnaud Laporte
CIMG1729_2_2 Wadji Mouawad et Sophie Joubert
Pas le temps de faire des commentaires, sinon pour dire que je vais ce soir au musée Calvet écouter le texte dit par Jane Birkin, Jérôme Kircher, Hugues Quester, Bruno Blairet et le musicien Francis Jacob. Discours guerriers, paroles guerrières de Wadji Mouawad et que l’émission n’a fait que me conforter dans ma décision.

Où suis-je ?

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