Ils sont bientôt prêts.

décembre 10, 2010 § 1 commentaire


J’assemble les deux nouveaux titres : Moi je suis quand même passé et Le noir dedans afin qu’ils soient prêts pour faire leur sortie officielle à La Petite Librairie des Champs.

au programme de la Petite Librairie :

LA PETITE LIBRAIRIE ROUVRIRA SES PORTES LE 11 ET 12 DECEMBRE 2010

à 14 heures le samedi et dès 10.30 heures le dimanche

samedi : 14 heures Baz’art : en présence de nombreux artistes (Agostini, Brendel, Rolland, Leclerc, Novitz, Lehtinen, Tillberg et d’autres) venus proposer leurs oeuvres à des prix aussi doux que la neige en hiver, de la littérature jeunesse et d’éditeurs tels que Véronique Agostini (Editions des Aresquiers), Anne Belleveaux (Potentille), Hervé Bougel (pré carré), Caroline Gérard (Cousumain), Daniel Labedan (Etats-Civils),

lecture des poètes à 17 heures

Sophie G.Lucas, Pierre Présumey, Jean‐Christophe Belleveaux, Anne‐Lise Blanchard

20 heures : on ferme !

dimanche : ouverture de 10h30 à 12 h: baz’art, littérature jeunesse et poésie

Attention : on ferme à midi et on rouvre à 14 heures *

LECTURE À 15.30

Pierre Présumey, Jean-Christophe Belleveaux, Daniel Labedan et Anne-Lise Blanchard

Apéritif, puis rangement et fermeture à 20 heures !

* Possibilité de manger au café du commerce à condition de retenir avant le mercredi 8-XII en téléphonant à Sylvie D. au 04 90 43 94 82 ou au 06 26 41 70 42

Moi, je suis quand même passé

novembre 25, 2010 § 13 Commentaires

Bientôt du nouveau chez Cousu Main…

Éric Pessan a écrit ce texte au fil des semaines entre octobre 2009 et février 2010 et le met en ligne sur Twitter. Cette période correspond à une attente, marquée d’élans et de reculs. L’auteur écrit ce journal de patience en respectant la double-contrainte de cent quarante caractères maximum par tweet et l’utilisation de la troisième personne, le nom de l’utilisateur devenant le sujet de chaque phrase.

Extrait :

au chaud entre les pages d’un livre, ne s’était pas aperçu que le monde, dehors, avait fondu.

tâtonne du bout de l’orteil : rien, plus de consistance, des matières molles à perte de vue.

se sent à l’étroit sur son radeau de papier.
…………………………………………………………………………………………

décide de déchirer la page de garde pour bricoler une sorte de voile.

prend le vent, gagne de la vitesse, est tout heureux de son ingéniosité.

se rend compte alors que tous ces gestes n’avaient d’autre but que d’éviter d’affronter une question : où aller ?
…………………………………………………………………………………………

arrêt, plus de prise.
Pas même un signet pour servir d’ancre.
Flotte.

ne sait ce qui le retient d’envier le naufrage. Un obscur instinct le pousse à espérer.

se souvient des marins qui préféraient ne pas savoir nager pour souffrir moins longtemps en cas de naufrage.
…………………………………………………………………………………………

La mise en page de ce livre respecte cette contrainte et comme sur l’écran de l’ordinateur, procède du même déroulé chronologique, le début du texte étant en bas, et le sens de la lecture se faisant en remontant le fil du papier.

La photographie de la couverture est de Geneviève Gleize.
Sortie prévue début décembre.
Format 17X11
Sous sachet plastique
6 €
ISBN :978-2-918958-01-7

Vous pouvez le commander dès à présent en voyant un chèque à l’ordre de Cousu Main (11 rue des Trois Faucons. 84 000 Avignon)
franco de port.

Un autre titre sortira en même temps que Moi, je suis quand même passé . Bientôt des nouvelles ici.

L’Inconnue de la Seine (3)

mars 28, 2010 § 5 Commentaires

En 1933, Louis-Ferdinand Céline publie sa pièce, L’Église, dans une collection dont la caractéristique consistait à reproduire en frontispice le portrait de l’auteur. Céline, qui affirmait : « Je suis contre l’iconographie. Je suis mahométan. Pas de photo de moi… Je n’aime pas ça« , refuse de se prêter à cette obligation et apporte à son éditeur une photographie de Amsler et Ruthardt, Le Masque de l’Inconnue de la Seine. (Tiens, s’il avait été sur Facebook, il aurait fait comme moi, il aurait utilisé ce portrait comme avatar) Pourquoi ce masque et pourquoi cette photographie ? Nul ne sait. La date mentionnée sous la photographie, 1930, indiquait sans doute l’année du cliché mais certains l’ont lue comme la date de fabrication du masque et ont corrigé l’information par voie de presse en précisant que le masque était déjà vendu en 1900. Interrogé sur le sujet, Céline répondit que, sans cette soudaine polémique, il aurait oublié qu’il avait vu le masque dans sa petite enfance : « A ce propos, il faut ce genre d’occasion pour percevoir cette silencieuse persistance poétique chez les anonymes, qui disparaît dans le silence aussi sans laisser de traces jamais. » Et l’aventure littéraire de l’Inconnue de la Seine continue …

En 1944, Aragon publie Aurélien : Aurélien possède chez lui le masque de l’inconnue, qu’il confondra avec le visage de Bérénice, la femme dont il tombe amoureux; femme qui plus tard lui fera cadeau d’un autre masque, réalisé à partir de son propre visage… L’inconnue, même sous forme de masque prend une certaine forme de réalité dans ce couple, devient un personnage intégral de l’histoire. Aragon associe Man Ray à son projet de roman :

j’ai demandé à Man Ray, qui n’est pas qu’un photographe, de faire servir la photographie à des compositions qui toutes jouent du visage supposé de la femme qu’Aurélien aime, Bérénice… Man Ray a donné quinze interprétations de cette femme de plâtre, allant jusqu’à lui ouvrir les yeux, et pire, et mieux à la faire vieillir de 20 ans

En effet, voici que l’inconnue a les yeux ouverts :

En 1960, pour la revue Chercheurs et Curieux Pierre Lièvre avait interrogé l’arrière-grand-père de l’actuel mouleur, qui faisait remonter l’histoire à son propre grand-père lequel aurait lui-même moulé l’Inconnue à la demande d’un médecin légiste. Jean Ducourneau, pour rédiger sa note sur L’Église de Céline va à son tour rue Racine où le petit-fils rectifie les propos du grand-père. Son père lui avait toujours dit que le masque « avait été levé sur le visage d’un très joli modèle d’atelier, rappelant qu’il est techniquement impossible que ce masque ait été levé sur un cadavre.
Et voici qu’on essaie de détruire un mythe, avec des théories techniques et scientifiques. Qu’à cela ne tienne, l’Inconnue de la Seine a survécu, si je puis dire à tous ces iconoclastes.

D’abord, il y eut Rescue Annie, ce mannequin créé dans les années 60 pour les exercices de sauvetages de noyés qui ressemble étrangement à notre inconnue.
Je pense aussi au film d’Agnès Varda intitulé Le Bonheur, où une jeune femme se noie. Accident ou suicide ?

Je n’ai pu trouver que cette photo d’elle quelques instant avant le décès. Sa coiffure est identique. Certains trouveront que je vais trouver des ressemblances où il n’y en a pas mais comme ils savent que je suis inconditionnelle d’Agnès Varda, ils me pardonneront.
Enfin, parmi les noyées célèbres, il y a Laura Palmer, bien sûr du Twin Peaks de David Lynch. Connaît-il l’Inconnue de la Seine ? C’est fort possible comme il doit connaître ce tableau de Claude Monet, Camille sur son lit de mort.

Voici donc une promenade à travers les morts, les noyées qui,partie d’un simple tampon du Tampographe Sardon, nous a menés loin, du côté de Twin Peaks.
Je voudrais terminer par une phrase d’Éric Pessan:

… se souvient des marins qui préféraient ne pas savoir nager pour souffrir moins longtemps en cas de naufrage.

Où suis-je ?

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