Nous sommes peu de choses…

novembre 15, 2008 § 1 commentaire

« Nous sommes peu de choses  » aurait-on pu dire après que le commissaire priseur eut donné le dernier coup de marteau de la séance. grac4Je veux parler de la dispersion à Nantes des objets ayant appartenu à Julien Gracq. Mon ami JC Bourdais a fait un excellent article à ce sujet avec ses indignations personnelles. On peut lire aussi celles de François Bon et Pierre Assouline. On dit qu’une succession dans ces conditions est une dispersion, l’image est cruelle. L’objet intime a acquis ses galons, parce qu’il était dans un contexte, parce qu’il avait appartenu à … Que devient-il quand il est dispersé, séparé de ses congénères ?

Éric Chevillard, dans te telles circonstances, y va de son humour (un peu acide, ma foi!) :

Je reviens dans quelques minutes, ces mots écrits sur un bout de carton découpé qu’il suspendait à la poignée de sa porte lorsqu’il partait en promenade. Si pourtant cette promesse était tenue et que, s’en revenant effectivement après quelques minutes passées on ne sait où, Julien Gracq découvrait que ses héritiers ont mis à l’encan, avec son mobilier et sa correspondance, ce bout de carton et sa ficelle, quelque chose me dit qu’il l’aurait mauvaise.

On pense à la succession d’André Breton. On s’interroge sur le rôle de l’État.
J’imagine qu’au bristot, non loin du lieu où avait eu lieu la vente, accoudés au comptoir, à siroter un petit blanc, certains « philosophaient » sur l’événement et que, dans les conversations, on pouvait entendre ce genre de réflexions : « Nous sommes peu de choses« , 7OO OOO € tout au plus… Et qu’est-ce que c’est de nos jours une telle somme dans les mains des traders de la Caisse d’Épargne ? Un feu de paille !

Nous sommes peu de choses… Sauf que dans le cas de Gracq, il reste son oeuvre et ce n’est pas peu de choses…

Publicités

Tagué :, , ,

§ Une réponse à Nous sommes peu de choses…

  • Joliment dit, Gracq se passera des épitaphes des commissaires-priseurs ou prieurs de billets de banques et des acheteurs sans scrupule, comme, vous l’avez rappelé, André Breton en avril 2003.

    Finalement, ils ont été réunis sous le même marteau sans maître autre que l’argent. Mais leurs oeuvres échappent à ces coups tapés à côté de la plaque.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Qu’est-ce que ceci ?

Vous lisez actuellement Nous sommes peu de choses… à Cousu main.

Méta

%d blogueurs aiment cette page :