Explorateurs de l’abîme.

mars 23, 2008 § Poster un commentaire

9782267019674.gifLa première nouvelle s’intitule Café Kubista, et se situe à Prague. Kafka n’est pas loin, enfin si l’on veut, puisque la première citation que fait Vila-Matas de l’écrivain tchèque est :

« Loin d’ici, voilà mon but. »       

Mais, il parle aussi du poète Vladimir Holan. Il avoue ceci :zednicek2.jpg

Je ne connaissais guère l’oeuvre de ce poète, mais je me suis tout à coup rappelé que, trente ans auparavant, j’avais inventé deux vers de lui en les plaçant sous forme de citation à l’entrée de Nouvelles impressions de Prague, chapitre six du livre le plus euphorique que j’aie écrit dans ma jeunesse : Obscure la noirceur/ du marbre dans la neige. J’ai parlé à l’ami qui était avec moi de mon lien très mince et très étrange avec Vladimir Holan : deux vers inventés, non par caprice, mais parce que j’avais besoin d’une citation parlant du contraste entre le blanc et le noir et je ne l’avais trouvée dans aucun livre.       

Moi non plus, je ne connaissais pas ce poète. Je suis donc allée chercher sur internet et j’ai été frappée par une phrase, presque au début de sa biographie :

Il a côtoyé l’abîme de l’abîme…       

Hasard ou pas, Vila-Matas, dans cette première nouvelle, s’installe dans le café Kubista, situé dans l’ immeuble de la Vierge noire où il y a une statue de la-dite sainte en bois d’ébène, rapportée des croisades. Ici, encore, apparaît dans cette simple image, pour faire écho à la pseudo-citation de Vladimir Holan, le contraste entre le noir et le blanc. Comme s’il s’agissait d’une préface à proprement parler, Vila-Matas explique ce qui va suivre :

Ce sont des nouvelles qu’on pourrait d’une certaine façon qualifier de cubistes à cause du nom du café où je suis ne ce moment, mais aussi parce qu’il m’arrive de partager avec ce mouvement artistique sa tendance à amplifier les dimensions de certains espaces, à fuir le point de vue classique et à permettre à l’ombre de tel ou tel explorateur de l’abîme de les traverser un jour ou l’autre.     

Je disais que cette première nouvelle de ce recueil était une préface, mais pourrait-être aussi une post-face quand il écrit :

Qui sait si terminer un livre de nouvelles n’est pas comme vider tout à coup un seau dans le café Kubista. Voir tout se vider et en connaître le contenu, savoir parfaitement de quoi tout s’est rempli.       

À mon avis, cette exploration atteint son apogée avec une nouvelle intitulée : Parce qu’elle ne l’a pas demandé qui est un étonnant et excitant exercice littéraire de mise en abyme. De celle-ci nous aurons l’occasion de reparler longuement.

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